Grand dictionnaire universel du XIXe siècle/RICARDO (David)

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RICARDO (David)

Administration du grand dictionnaire universel (13, part. 4p. 1175).

RICARDO (David), économiste anglais, né à Londres en 1772, mort à Gatcomb-Park (comté de Gloucester) en 1823. Il était fils d’un israélite hollandais, qui s’était établi en Angleterre comme courtier de change et qui lui fit embrasser la même profession. Des opérations financières et commerciales, menées avec autant d’habileté que de prudence, lui procurèrent une fortune qu’on évaluait à 12, 500, 000 francs, lorsqu’il se retira des affaires en 1818. Tout en s’occupant de questions de finance, Ricardo étudiait les mathématiques, la minéralogie, la chimie et prenait part à la fondation de la Société géologique de Londres. Ayant lu, en 1799, le traité d’Adam Smith : Sur la richesse des nations, il se prit de passion pour l’économie politique et s’adonna dès lors avec ardeur à l’étude de cette science. Peu après, il se fit connaître par divers écrits : le Haut prix du lingot, preuve de la dépréciation des billets de banque (1819) ; Réplique à M. Bosanquet sur le rapport du Bullion committee (1811), excellent morceau de controverse ; Essai sur l’influence du bas prix du blé sur les profits, ou le cours des fonds publics (1815) ; Recherches sur la nature et les progrès de la rente (1825).

Ayant abjuré le culte de ses pères pour se faire protestant, il fut élu, en 1819, membre de la Chambre des communes, où il vota avec l’opposition et se montra partisan des réformes, aussi bien dans la politique que dans les finances. Sous ce dernier rapport, il montrait une prédilection très-grande pour le système des banques ; mais il voulait que les escomptes se fissent dans une sage mesure, afin que les billets fussent à l’abri de toute dépréciation, et la production industrielle maintenue dans les bornes que les besoins de la consommation lui assignent, bornes que les fabricants sont toujours disposés à franchir quand ils trouvent de l’argent avec trop de facilité. En économie politique, son principe fondamental est que la propriété doit se vendre ou se louer d’autant plus cher qu’elle rapporte davantage et à moins de frais, et que le prix des marchandises se fonde sur la quantité de travail qu’elles exigent. Ces théories sont exposées dans ses Principes de l’économie politique et de l’impôt (1817), trad. en français par Constancio, avec des notes de J.-B. Say (1819, 2 vol. in-8o). On lui doit divers écrits sur le numéraire et le papier-monnaie, les fonds publics, le commerce des grains, etc. Ses Œuvres complètes, traduites pur Fonteyraud (1846, 1 vol. gr, in-8o), font partie de la collection des économistes publiée par Guillaumin.