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Grand dictionnaire universel du XIXe siècle/Yvetot

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Administration du grand dictionnaire universel (15, part. 4p. 1436-1437).

et chambellan de Clotaire Ier, roi ds Soissons, tomba en disgrâce par suite des menées de quelques courtisans jaloux de sa faveur. L’irritation du roi contre lui devint si violente qu’il craignit pour sa personne et quitta la France.. Après avoir servi pendant dix ans sous des princes étrangers et avoir combattu par terre et par mer les infidèles, il ne put résister au désir de revoir sa patrie ; le temps avait dû calmer la colère du roi. Afin de se le rendre plus sûrement favorable, Gauthier s’était chargé de lettres que le pape Agapet lof adressait à Clotuire. Arrivé le jour du vendredi saint à Soissons, il Se rendit aussitôt à l’église ou se trouvait le roi. Celui-ci, a sa vue, fut pris d’une telle fureur qu’il saisit son épée et le tua au pied de l’autel, sans respect pour la solennité de l’adoration de la croix que l’on célébrait en ce moment. À la nouvelle de ce meurtre sacrilège, le pape Agapet menaça Clotaire des foudres de l’excommunication. Le roi, pour apaiser le pape et expier son forfait, résolut d offrir k la famille de sa victime une réparation suffisante. Dans ce but, il érigea la seigneurie d’Yvetot en royaume ou principauté souveraine, suivant la loi des fiefs qui affranchit le vassal de tout hommage et de tous devoirs quand le seigneur met violemment la main sur lui. Le meurtre de Gauthier, selon Gaguin, eut lieu en 536, et la terre d’Yvetot reçut en 539 le titre et les droits de royaume.

Ce récit, malgré la précision des dates et des détails, est un conte fait à plaisir. L’abbé Vertot en a très-bien relevé les invraisemblances. C’était probablement CMldebert, et non Clotaire Ier, qui, en 536, régnait dans cette portion de la Neustrie où est située la seigneurie d’Yvetot. Quant au pape Agapet, il mourut le 22 avril 536 k Constantinopte, où il était depuis le 2 février. Le meurtre de Gauthier étant arrivé le vendredi saint de la morne année, c’est-à-dire le 21 mars, il faudrait qu’en un mois le message adressé au pape sur la conduite du roi eut franchi un espace bien plus long k parcourir alors, et, quelle i^u’eût été la hâte des accusateurs et des courriers, Agapet aurait dû ressusciter tout exprès pour prendre connaissance de ce prétendu meurtre et lancer sa menace d’excommunication. Cette menace même concorde-t-elle avec la conduite tenue au vie siècle par ie pontife de Rome envers les rois barbares devenus récemment chrétiens ? Gaguin ignorait donc que Clovis, père de Clotaire, avait, dans une revue, fendu la tête avec sa hache d’armes à un soldat pour un motif de peu d’importance ; qu’il avait massacré des rois et des princes, ses parents, sans que Rome fit entendre une parole de réprimande ? Il ignorait donc que Clotaire lui-même venait de poignarder ses neveux et de prendre leurs Ktats, sans que le moindre avertissement allât le troubler sur son assassinat et son usurpation ? Si l’on objecte que le meurtre de Gauthier eut lieu le jour du vendredi saint, au pied des autels, il faut se rappeler que la belle-fille de Clotaire, Frédegonde, ht assassiner Prétextât, évêque de Rouen, le jour de Pâques, au moment où il allait célébrer la messe, et que Rome laissa, sans excommunication et sans menace, Frédegonde poursuivre le cours de ses fureurs. Le faux historique de Robert Gaguin ne ressort pas moins de cette guerre contre les infidèles, dans laquelle il fait jouer un rôle k Gauthier durant les dix années de sa disgrâce, comme si les croisades dataient du vie siècle, cent ans avant lu naissance du inahonietisme.

Cette origine de la royauié d’Yvetot est donc tout k fait fabuleuse. Le nom d’Yvetot n’apparaît que vers la fin du xie siècle, et simplement comme un fief des ducs de Normandie. Lorsque Guillaume le Bâtard entreprit la conquête de l’Angleterre, le sire d’Yvetot suivit son souverain avec le reste de l’armée et resta confondu au milieu des outres seigneurs, sans titre ni rang particulier. Au xii° et au xiuc siècle, son nom se trouve parmi ceux de la noblesse normande, ainsi que le montrent les listes relevées par Duchesne ; il y est porté comme devant contribuer pour un tiers seulement aux frais d’un homme d’armes, preuve que son tief était peu considérable. Parmi les chevaliers que Philippe le Bel ordonna, en 1313, dans la province de Normandie, le nom de Jean d’Yvetot occupe le quatorzième rang. Dans les, états de la noblesse de Normandie dressés par ordre du connétable Du Guesclin, figure, en 1370, le nom de Périnet d’Yvetot. Le possesseur de ce fief n’était donc pas affranchi des devoirs féodaux et des services militaires ; il y était soumis comme les autres gentilshommes, et l’érection de la terre d’Yvetot en souveraineté indépendante n’était pas accomplie en cette année 1370.

Cependant, vingt-deux ans plus tard, le fief d’Yvetot était devenu un royaume. Gilles-André de La Roque (Traité de la noblesse, 1678, in-4°) vit, dans les registres de l’échiquier ou ancien parlement de Normandie, un arrêt de 1392 qui donnait le titre de roi au seigneur n’Yveiot. Comment s’opéra, de 1370 a 1392, cette érection d’un simple fief en royauté ? Rien dans les documents historiques touchant les vies de Charles V et de Charles VI ne nous éclaire sur la date, sur les causes ni sur les circonstances de ce changement.


Quoi qu’il en soit, on ne peut révoquer en doute le témoignage de La Roque, amplement corroboré par un grand nombre de preuves. Charles VI, en 1401, fit défense k ses officiers d’inquiéter les seigneurs d’Yvetot, exempts des tributs qu’on avait voulu imposer sur leurs vassaux. En 1464, Louis XI confirma l’indépendance de la terre d’Yvetot et tous ses privilèges, comme de ne devoir aucun hommage, d’avoir une juridiction des hauts jours et la franchise générale de toutes impositions. Le titre de roi se lit en toutes lettres dans les comptes que rédigea, pour les années 1498 et 1499, Jean l’Allemand, receveur général des finances sous Charles VIII. Jean Boucher y est appelé rot d’Yvetot. Suivant les lettres de Louis XII, données k Mâcon le 30 août 1503, on fit une déclaration des fiefs assis au bailliage de Caux et de leur possesseurs sujets au ban et arrière-ban du roi. D’après cette déclaration à l’appel des tenants fiefs nobles en la sergenteria des Bans-le-Comte, il fut dit : « qu’en la paroisse d’Yvetot étaient les fiefs, terre et seigneurie du lieu, appartenant aux héritiers de Perrot Chenu, lesquels firent remontrer par leurs officiers qu’ils étaient exempts de faire foi et hommage au roi et n’étaient point sujets à autre chose envers Sa Majesté, et quils avaient des lettres anciennes pour le vérifier. » Les rôles de l’an 1525 attribuent la qualité de roi au seigneur d’Yvetot. Le 13 août 1543, François Ier envoya une lettre de cachet au parlement de Paris, pour l’expédition du procès de la dame de Mon tour contre la dame d’Yvetot ; dans sa lettre, il donne à cette dernière le titre de reine. Ailleurs, il décrète que les seigneurs d’Yvetot continueront kjouir paisiblement de leurs droits et franchises. Henri II, par lettres du 26 décembre 1553, Charles IX, en 1572 et 1573, reconnurent le roi d’Yvetot. Sous Henri IV, comme nous l’avons vu, les prérogatives du seigneur d’Yvetot subsistaient encore ; mais le titre de roi, que l’on continuait à lui donner par tradition, n’était certainement plus qu’une plaisanterie. Ce titre s’était transmis par alliances dans les maisons de Vilaines, de Boucher et de Chenu. La postérité mâle de cette dernière famille s’étant éteinte, Isabelle Chenu, qui en était l’héritière, garda simplement le titre de princesse qu’elle possédait du vivant de ses parents, et ne porta à son mari, avec la terre d’Yvetot, que le titre de prince. Ce mari fut Martin Du Bellay, frère du capitaine Guillaume Du Bellay, sieur de Langey et oncle du poëte Joachim Du Bellay. Martin exerça la charge de lieutenant général de la Normandie et laissa des mémoires, qui furent imprimés avec ceux de son frère. Un siècle plus tard, la famille Du Bellay était éteinte, et la principauté d’Yvetot passait à la maison de Crevant, d’où elle alla à la maison d’Albon en 1G98, par le mariage de Françoise-Julie de Crevant, princesse souveraine d’Yvetot, avec le comte Camille d’Albon, marquis de Saint-Forgeux. Sous Louis XIV, la principauté d’Yvetot ne fut plus que nominale, et le titre de prince d’Yvetot ne tarda pas lui-même à se perdre.

De tout ce qui précède, nous pouvons conclure que le royaume d’Yvetot, quoique d’origine inconnue, était bien réel ; qu’il relevait directement de la couronne de France, qui conservait sur lui, comme sur les autres iiefs, lu souveraineté du dernier ressort ; il n’était pas obligé k faire foi et hommage, il ne payait ni la taille ni les autres subsides ; c’était donc, dans toute la force du terme, un franc-alleu, ayant justice, censive et mouvance, n’étant sujet à aucun droit qu’aux, appels devant la cour souveraine.

Martin 1er, roi d’Yvetot, battait monnaie au moyen d’un morceau de cuir taillé portant une empreinte avec une tète de clou au milieu. Le travail le plus considérable qu’exécuta l’un de ces rois, et qui fit bénir son nom dans tout le royaume d’Yvetot, c’est un puits que Guillaume Ier, prenant en considération les plaintes de ses sujets, qui menquaient d’eau potable, fit creuser dans la cour du château. Ce puits existe encore aujourd’hui et porte le nom de puits du Château.

Remarquons en terminant que le royaume d’Yvetot n’est pas le seul exemple d’un territoire restreint portant un pareil titre. Il y avait à Mande, près de ïournay, une terre qui portait le nom de royaume, et qui cependant était si petite qu’on aurait pu k peine y trouver le labourage de trois charrues. La terre de Haubourdin, près de Lille, était aussi un franc-alleu, Henri deNavarre, à qui elle appartenait, disait qu’il ne la tenait que de Dieu et de son épée. Devenu roi de France, il la vendit avec tous les droits de souveraineté qui y étaient attachés. Les ducs de Bar et les damoiseaux de Conimerey tentèrent, mais ’vainement, en 1301, à la faveur des privilèges et de l’indépendance des francs-alleux, de se soustraire à l’autorité royale. La France n’est pas d’ailleurs la seule contrée de l’Europe où l’on trouve de tels royaumes. L ’Angleterre, avec celui de Man, nom d’uiie petite lie de l’Irlande ; le Hainaut, le Brabant et d’autres provinces des Pays-Bas offraient aussi la même singularité. Ainsi, le chapitre de ïournay avait une seigneurie appelée Melle, qu’il prétendait ne tenir que de Dieu et de Notre-Dame ; l’abbesse de Nivelle, en Brabant, se qualifiait de princesse et jouissait de quelques droits ré-


galiens dans les terres de sa première fondation ; l’abbaye de Saint-Amand prétendait les mêmes droits en vertu d’un titre du roi Dagobert, leur fondateur ; celle de Saint-Vnast, d’Arras, prétendait, non-seulement les droits régaliens, mais encore les droits épiscopaux, suivant l’épitaphe qu’ils ontfaitmettre sur le tombeau du roi Thierry, où il est dit que ce prince et l’évêque de Cambrai, nommé Vindicien, leur ont accordé ces prérogatives : Nobis régale dant et pontificale.

Les métiers et corporations mêmes eurent leurs maîtres souverains ; tels étaient anciennement en France la rot des ménétriers, tle roi des merciers, le roi de la basoche, le roi de l’épinette, le roi des ribauds, etc. ; mais ce n’étaient là que des titres purement honorifiques, qui ne donnaient d’autre autorité que celle nécessaire pour faire exécuter les règlements de ces métiers ou corporations.

Le roi d’Yvetot a été le sujet d’un drame en cinq actes et plusieurs tableaux, de Charles Deslys et Amédée Achard, joué pour la. première fois à la Gaïté ; d’un opéra-comique, par Leuven et Ritt, musique d’Adolphe Adam, joué pour la première fois en 1842.

Il est inutile d’ajouter que, lorsqu’il est fait allusion au "roi d’Yvetot, c’est moins au roi historique qu’à celui de Béranger

« En 1830, la France, fatiguée, voulut inaugurer enfin une république monarchique du bien-être ; le roi d’Yvetot était devenir l’idéal universel. Béranger l’avait chanté ; Courier avait consacré au bonnet de coton de ce monarque pacifique ses pages les plus goguenardes et les plus charmantes. »

Philarète Charles.

« Chez M. Béranger, le travestissement systématique appliqué aux idées religieuses a quelque chose de vraiment inexcusable. Dieu lui-même devient l’objet des quolibets de cette muse effrontée, qui le chansonne dans le Bon Dieu à sa fenêtre comme le soliveau de la monarchie universelle, comme le roi d’Yvetot de la création. »

Alfred Nettement.

YVETTE, petite rivière de France (Seinoet-Oise). Elle prend sa source dans l’arrond. et au N.-O, de Rambouillet, dans la commune de Lévy-Saint-Rom, baigne la délicieuse vallée de Chevreuse, passe à Orsay, Paiaiseau et Longjumeau, et se jette dans l’Orge, entre Kpinay et Savigny, après un cours de 50 kilom.

YVON (Pierre), pasteur et écrivain protestant français, né à Montauban en 1646. Il conçut dès son enfance une véritable admiration pour Labadie, dont il devait être l’ami, le fervent adepte et le successeur dans la direction spirituelle de la petite église retitirée du monde. En 1678, il alla s’établir dans la Frise avec son troupeau, et devint, par son mariage, seigneur de Wicvert. L’époque de sa mort est inconnue. On a de lui : Deux ennemis amis (Amsterdam, 1669, in-S") ; Esseniia religionis christietns patefacta, etc. (Altona, 1673, in-8o) ; lie la prédestination et de la grâce, poème chrétien, etc. (1680, in-4°) ; VImpiété convaincue en deux traitez (Amsterdam, 1681, tii-86) ; Emmanuel ou îa Connaissance du Seigneur Jésus (Amsterdam, 1681, in-8°) ; l’Homme pécheur ou la Connaissance véritable de soymême (Amsterdam, 1CS2, in-8») ; le Mariage chrétien (Amsterdam, 1685, in-12) ; la Porte du christianisme (Amsterdam, 1685), etc.

YVON (Claude), théologien et littérateur français, né k Mamers en 1714, mortk Paris en 1791. Après être entré dans les ordres, il se rendit à Paris, ’se lia avec les encyclopédistes, fut chargé par Diderot d’écrire pour l’Encyclopédie les articles ame, athéiî, dieu, etc., qu’il traita en se servant de la méthode philosophique, se mit à la solde des libraires, composa des thèses pour tes candidats de Sorbonne, rédigea, dit-on, celle de l’abbé de Pradt, qui rit tant de bruit et fut frappée par la censure (1751), se vit contraint, sous la menace d’une lettre de cachet, de passer en Hollande, et répondit par un livre non moins fameux, l’Apologie de M. de Pradt (1752, en trois parties, in-8u), dont la 30 partie est due à Diderot. De retour en France, l’abbé Yvon, qui était un théologien philosophe et ennemi de la superstition, mais non point un matérialiste, rentra dans le giron de l’Église, écrivit deux Lettres à Rousseau (1763), en réponse k celles que le fameux philosophe avait adressées à l’archevêque de Paris, et devint chanoine de Coutances, puis historiographe du comte d’Artois. Il termina sa vie dans l’obscurité. On a de iui : la Liberté de conscience resserrée dans ses bornes légitimes (1754-1755, in-S»), où il pose en principe que l’État doit rester indifférent en matière de religion ; Discours généraux et raisonnes sur l’Tdsloire de l’Église (17B8, 3 vol. in-12) ; Accord de la philosophie avec la religion prouvé par une suite de discours relatifs à treize époques (Paris, 1770, in-12, 1782, 2 vol. in-8<>3 ; Histoire philosophique de la religion (Liège, 1779, 2 vol. in-8°), réimpression avec quelques changements ou Discours sur l’histoire de l’Église.

YVON (Pierre-Christophe), médecin français, né à Ballon, près du Mans, en 1719,


mort en 1811. Il entra, sans faire de vœux, dans la congrégation de l’Oratoire, fut chargé de diverses classes dans la maison de Juilly, quitta la congrégation à vingt-cinq ans, étudia la médecine à Paris, puis à Reims et prit le grade de docteur dans cette dernière ville. En 1757, il devint médecin de l’abbaye de Poissy, succéda cette même année k Lemonnier comme médecin du roi et se fixa, en 1773, à Saint-Germain, où il passa le reste de sa vie. C’était un homme instruit, charitable, ennemi des vieilles routines et qui fut un chaud partisan de l’inoculation, puis de la vaccine, Le magnétisme, qu’il considérait comme une ridicule jonglerie, trouva en lui un ndversaire déclaré. Il na point laissé d’ouvrages, mais a publié un grand nombre d’articles remarquables dans le Journal de médecine.

YVON (Adolphe), peintre français, né à Eschwiller (Moselle) en 1817. Après avoir achevé ses études littéraires, il vint k Paris vers 1835 et entra dans l’atelier de P. Delaroche ; il y devint un des plus habiles praticiens de l’école contemporaine. Ses débuts remontent k l’unnée 1842 ; il exposa nu Salon un Portrait de J/m Ancelot, et c’est k ce genre du portrait qu’il parut s’adonner d’abord. En 1844, i ! exposa ceux du Général Netimaijer et de M. A. D..., lieutenant devaisseau ; on vit ensuite de lui une grande peinture biblique, le Christ chassant les marchands du temple (Salon de tS45), puis le Supplice de Judas Iscariote aux enfers (1840) ; divers Portraits (1847) ; les Hélais deposte en Russie, curieusu étude qu’il avait été faire sur les lieux mêmes l’année précédente, et une suite de dessins d’un grand style ; la Colère et la Luxure, d’après les beaux vers de Dante (Enfer, chants VII et V) ; Elégie, Pastorale, Danse de paysannes russes, Tortures de Lubianka faisant le thé (Salon de 1848). Au Salon suivant, il n’exposa encore que des dessins : VAvarice et la Gourmandise, d’après Dante (Enfer, chants VI et VII) ; Melpomène, Catliope, Thalie, Terpsichore, Euterpe, Erato, Clio, Polymnie, Uranie ; mais k celui de 1850, outre la suite de ses dessins d’après Dante, l’Orgueil, l’Envie et la Paresse, un tableau de bataille, la Hataille de Koulikoro (1378), manifesta les aptitudes qui devaient lui valoir une prompte renommée, attira sur lui l’attention du monde officiel et lui valut des commandes. Après avoir exposé un dernier tableau biblique, l’Ange déchu, et une petite scène de genre, la Partie de dames, nessin au pastel (Salon de 1852), il exécuta le Premier consul descendant le mont Saint-Bernard (Salon de 1853), qui lui avait été commandé pour la galerie du château do Corapiègne, puis le Maréchal Ney à la retraite de Russie et le Télêgue russe (1855). À la suite de cette Exposition, il fut fait chevalier de la Légion d’honneur. Il reçut, en outre, la mission de rejoindre l’armée française en Crimée, pour reproduire les principaux épisodes de la guerre, et se rendit immédiatement à son poste. II rapporta de ce voyage trois grandes toiles, qui furent exposées aux Salons de 1857 et 1859, et auxquelles nous avons consacré un article spécial : la Prise de Malakoff, la Gorge de Malakoff et la Courtine de Malakoff (v, Malakoff) ; elles sont toutes les trois au musée do Versailles. Bien accueillies par le public, qui y voyait surtout un sujet peignant d’actualité, ces peintures, de dimensions inusitées, furent très-discutées par la critique ; tout en leur accordant de rares qualités de composition et de mise en scène, on leur reprocha surtout d’accentuer la trivialité d’Horace Veruet et d’avoir plus d’emphase que d’expression. Elles n’en valurent pas moins à l’artiste la grande médaille d’honneur du Salon..

Depuis, M. Adolphe Yvon a encore exposé : la Bataille de Solferino, le Portrait du prince impérial (Salon de 1861) ; divers Portraits (1864) ; les États-Unis d’Amérique (Salon de 1S70), immense toile commandée par le président Stewart et qui représentait les trente-quatre Etais de l’Union groupés autour de la figure symbolique de la République américaine ; une Rue à Constautinople, les Secrets d’État (1873) ; la Comtesse de Cuen, portrait destiné au musée fondé par cette dame ; César, la Charge des cuirassiers de Reischshoffen (1875) ; le Portrait du général Vinoy, le Portrait de Ronnehée, de l’Opéra (187G).

Yvonne et Loïc, vaudeville en un acte, avec airs nouveaux, paroles de Narray et Michel Carré, musique de Delioux ; représenté au Gymnase le 15 novembre 1851. C’est une paysannerie bretonne, gracieusement interprétée par Mlles Wolf et Anna Chéri. Les motifs en sont agréables et l’orchestration bien étudiée.

Yvonne, opéra-comique en un acte, paroles de MM. se Leuven et Deforges, musique de M. le prince de La Moskowa ; représenté h l’Opéra-Comique le 16 mars 1855. Le sujet de la pièce est devenu banal à force d’avoir été traité au théâtre. Il s’agit de deux amants, Yvonne et Jeannic, dont l’amour est exploité par le vieux berger Kerkadec, qui se fait passer pour sorcier, La musique a un caractère rétrospectif, sauf dans quelques morceaux. On a remarqué les couplets du sorcier, les couplets de Jeannic, le duo des deux amants et les couplets du vin, instrumentés d’une façon originale. Ce petit ouvrage a