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Guide manuel du doreur sur cuir/Vocabulaire

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VOCABULAIRE


DES TERMES TECHNIQUES EMPLOYÉS PAR LES RELIEURS ET


EN USAGE DANS LES PRINCIPALES INDUSTRIES, QUI SE


RATTACHENT À LA RELIURE.



Affiner ou affinage. — Terme d’emprunt par lequel on désigne l’application à la colle de pâte, d’une bande de papier très mince sur les bords des cartons du côté des mors pour les empêcher de se déformer pendant les diverses opérations de la reliure.

Ais. — Planchettes en bois ou en carton dont on se sert pour mettre les volumes en presse.

Armes ou armoiries. — Fers à dorer à la main ou plaques à dorer au balancier, portant des armes, écussons ou chiffres que l’on dore sur les dos ou sur les plats de livres.

Assemblage. — Classement des feuilles imprimées pour en former des volumes en suivant l’ordre des signatures.[1] L’ouvrier chargé de ce travail se nomme assembleur.

Astérisques. — Terme d’imprimerie par lequel on désigne une petite étoile à cinq ou six branches que l’on place à côté du chiffre qui se trouve au bas de la première page d’un cahier. Ce signe indique que la feuille doit se placer à la droite de celle qui porte le même numéro ou en remplacement de celle-ci ; ces dernières se nomment cartons.

Basanes. — Peaux de mouton préparées de diverses façons et teintes en différentes nuances, soit pour la reliure ou pour toute autre industrie ; elle est beaucoup moins solide que les peaux de veau ou de chèvre. Les basaniers ont de tout temps employé tous leurs efforts pour imiter ces deux dernières peaux.

Battée. — Pour battre ou laminer un volume, le relieur divise le nombre de cahiers dont il se compose en autant de parties qu’il est nécessaire pour leur faire subir efficacement cette opération qui a pour but de bien aplanir le volume et d’en faire une masse compacte, en ménageant avec soin les encres plus ou moins fraîches ou plus ou moins fragiles, ainsi que la forme du papier.

Brider. — Se dit de certaines articulations de la reliure trop fortement tendues et ne fonctionnant pas assez librement. Un livre recouvert en peau dont les mors brident pour n’être pas suffisamment dégagés, cette charnière est trop tendue ; elle bride. Se dit aussi d’une couverture d’emboîtage dont le dos n’est pas suffisamment large.

Brocheur. — Ouvrier qui plie, assemble, coud et recouvre d’un papier les livres sortant des mains de l’imprimeur. Le brocheur a aussi pour attributions le glaçage et le satinage des feuilles, soit avant ou après l’impression. C’est également par ses soins que se préparent les ouvrages à donner à la reliure.

Cambrer. — C’est donner aux cartons la forme cintrée indispensable à la fermeture du livre relié. La cambrure se fait au moyen du fer à polir que l’on chauffe légèrement et avec lequel on exécute en même temps le polissage des gardes.

Camelote. — Ouvrage mal soigné ou fabriqué avec de mauvaises marchandises.

Carton. — Feuillet d’un livre que l’on imprime dans le but de remplacer une page fautive ou défectueuse. Le brocheur ou le relieur découpe alors du cahier le feuillet défectueux et le remplace par le carton qui porte au bas la signature de la feuille à laquelle il appartient, plus un astérisque dont il a été question plus haut. On ne découpe jamais la feuille fautive jusqu’au fond du cahier, mais on conserve à cette place deux ou trois millimètres de marge à laquelle on attache le feuillet qui remplace celui que l’on a enlevé.

Casse. — Boîte plate en bois de chêne à compartiments dans lesquels on classe par ordre alphabétique les caractères en cuivre servant à dorer des titres sur les dos des volumes.

Chaînette. — Petite chaîne que l’ouvrière forme en cousant pour arrêter les fils en tête et en queue du volume en rattachant les cahiers les uns aux autres.

Charnières. — Bandes de peau ou de toile que l’on colle dans les mors du volume pour le solidifier ou pour concourir à l’ornementation des gardes.

Chasses. — Se dit des parties du carton qui dépassent les feuilles du volume relié.

Cisaille. — Ciseaux de grande dimension dont les brocheurs se servent pour ébarber ou enlever les parties de certaines feuilles qui dépassent les autres. L’une des branches de la cisaille est ordinairement fixée à un madrier ou bloc de bois que l’on fixe à la table ou dans une presse. La seconde branche est garnie d’une poignée pour en faciliter l’emploi. On nomme également cisaille à couper le carton, la machine affectée à cet usage, et qui fonctionne également au moyen de deux lames qui se croisent. On nomme aussi cisailles circulaires les machines à couper les cartons mécaniquement.

Claies. — Bandes de toile ou de peau que l’on colle sur les dos entre les ficelles ou les rubans et se prolongeant sur les gardes pour solidifier l’ensemble de la reliure.

Cloche à or. — Le doreur désigne sous le nom de cloche, le récipient, soit un tiroir garni d’un grillage, soit un vase quelconque dans lequel on fait tomber les déchets d’or en essuyant les objets, livres, etc., que l’on a doré.

Coiffes. — C’est la partie de la peau avec laquelle on recouvre le volume et qui se rabat sur la tranchefile. On forme, aux extrémités, deux plis en zigzags faisant charnière pour faciliter le jeu des cartons. La portion qui recouvre la tranchefile doit affecter une forme aplatie pour faire corps avec les cartons dont elle doit avoir exactement l’épaisseur. On dit faire la coiffe, coiffer un volume. (Voir Lyonnaise).

Collationner. — Le livre étant prêt à être cousu, le collationneur vérifie si les feuilles sont placées dans l’ordre numérique ou alphabétique d’après les signatures que l’imprimeur a toujours soin de placer au bas de la première page du cahier ; il s’assure de même si les planches ou gravures sont également bien placées. Si les signatures font défaut au bas des pages, il a recours à la pagination en tête.

Comète. — Nom que l’on donne à une certaine imitation de la tranche-file, fabriquée au moyen d’une bande d’étoffe dont on entoure une ficelle ou une bande de carte pour lui donner du corps. On dit cométer ou cométage, pour désigner le placement sur un volume de cette imitation de la tranchefile.

Corps ou mettre par corps. — C’est réunir en un seul tas les feuilles qui composent un livre ou un ouvrage. Ce travail se fait par l’assembleur.

Couchure. — On désigne par couchure l’application de l’or en feuilles, sur la couverture ou sur les tranches d’un livre. On dit coucher l’or, coucheur d’or.

Compartiments. — Espaces compris entre les nervures qui garnissent le dos d’un volume. On donne le nom de dorure à compartiments aux ornements à petits fers encadrés de filets que le doreur exécute dans les entre-nerfs.

Débrayer. — Voyez : Embrayer.

Défets. — Feuilles imparfaites, superflues ou dépareillées d’un ouvrage dont on ne peut former un exemplaire complet, mais que l’on conserve pour remplacer au besoin les feuilles tachées ou perdues. Cette conservation incombe à l’éditeur à qui le relieur doit se faire un devoir de les renvoyer.

Dos brisé. — La reliure à dos brisé est celle dont la peau n’est pas fixée directement aux cahiers du livre. La carte qui sert d’intermédiaire entre les cahiers et la peau se nomme faux dos.

Ébarber. — Action d’enlever avec des ciseaux, des cisailles, ou à la pointe à couper les parties irrégulières ou parties de feuilles dépassant les tranches d’un livre broché ou destiné à la reliure.

Effilocher. — Séparer les fils d’une ficelle après la couture et en former une mèche soyeuse et assez souple pour être enfilée dans les cartons.

Embrayer. — Terme de mécanique, pour désigner la mise en contact, à l’aide d’un levier attaché à la machine, des poulies ou engrenages pour sa mise en œuvre. Débrayer, se dit de l’opération par laquelle le contraire est obtenu.

Encart. — Partie intérieure d’un cahier. Les ouvrages imprimés en in-18 ont leurs cahiers divisés en deux parties que l’on place l’une dans l’autre. La partie intérieure se nomme encart. Placer un ou plusieurs feuillets dans un cahier se nomme encarter.

Emboîter. — Placement d’un volume dans une couverture préparée ou fabriquée pour lui. Les reliures dont le volume et la couverture sont fabriqués isolément se nomment emboîtages. La réunion des deux parties à la fin du travail se nomme emboîter.

Endosser. — Se dit de la formation du dos d’un livre à relier, c’est-à-dire donner au dos une forme arrondie, et faire toutes les opérations pour le raffermir dans cet état.

Épointer. — Après l’effilochage des ficelles, et après que les mors ont été formés, on colle le bout des ficelles pour en former une pointe qui durcit en séchant et permet d’enfiler les cartons avec plus de facilité.

Étendoir. — Traverse en bois de 50 à 60 centimètres de long sur 10 de large, fixée par une mortaise à l’extrémité d’une perche ou manche. L’étendoir ou ferlet sert à placer les feuilles sur des tringles en bois, ou des cordes tendues vers le haut de l’atelier et aussi près que possible du plafond, pour les faire sécher.

Fers à dorer. — Outils gravés sur bronze ou sur acier, pour la dorure et la gaufrure sur cuir à la main et au balancier. Les Petits Fers sont les gravures de petite dimension, dont on se sert pour composer les ornements délicats recherchés par les amateurs.

Format. — Dimensions du livre déterminées par le nombre de pages que renferme chaque feuille. (Voir Reliure — le tableau des formats, page 57).

Fouettage — Les anciens relieurs qui ne connaissaient pas la pince à nervures, liaient les nerfs au moyen de ficelles fines fortement tordues, que l’on nomme fouet. Le fouettage se pratique encore pour de grands volumes à fortes nervures. Il est indispensable pour les reliures cousues sur nerfs doubles. Lier les nerfs se nomme fouetter. L’enlèvement des ficelles se nomme défouettage.

Gardes. — Feuilles de papier blanc ou de couleur, que le relieur place au commencement et à la fin du volume pour garantir les feuilles et aussi pour donner du fini à son travail. On place parfois aux reliures soignées des gardes en soie, et même en peau couverte de dorures d’une très grande finesse.

Gaufrure. — Impression à sec, c’est-à-dire sans or ni couleurs, de tout ornement gravé sur une couverture de livre. On donne également à ce genre d’ornementation le nom de dorure à froid. On dit pousser ou tirer à froid, bien qu’il soit indispensable de chauffer les gravures, pour pouvoir les imprimer. Gaufrer est donc le terme qu’il convient d’appliquer.

Glairer. — Se dit des couches de blanc d’œuf, que le doreur applique au pinceau ou à l’éponge, sur la couverture du volume pour le préparer à la dorure.

Gouttière. — Se dit de la tranche de devant d’un volume relié. Cette tranche a une forme creuse en opposition avec la rondeur du dos, l’une étant la conséquence de l’autre.

Grattoir. — Fer dentelé, dont se servent certains relieurs pour l’endossure des volumes, soi-disant pour faire entrer la colle entre les cahiers. La vérité est que l’on ne fait rien entrer du tout, que le grattage arrache le dos des cahiers, et que l’on ne devrait jamais s’en servir pour l’endossure d’un livre.

Grecque. — Scie à poignée dont les dents sont longues et affutées en biais, afin de pénétrer plus facilement dans le dos des cahiers. Se dit aussi de rainures faites avec la scie, et dans lesquelles on loge les ficelles en cousant le volume. On ne doit jamais grecquer un volume au-delà du feuillet intérieur des cahiers, qui ne doit être percé que tout juste pour que l’aiguille passe avec facilité.

Housse. — Fourreau en papier fort, ou en toile, que l’on applique sur le dos d’un volume à emboîter pour solidifier l’attache du faux dos, tout en le rendant plus flexible. Les relieurs anglais préparent la plupart de leurs reliures avec une housse sur laquelle ils collent la carte du faux dos en fixant des faux nerfs en cuir par-dessus.

Jasper. — C’est couvrir les tranches d’un livre, d’une infinité de petits points d’une couleur quelconque. La jaspure se fait au moyen d’une brosse que l’on frotte sur un grillage, en le tenant au-dessus des tranches des volumes.

Lavrons. — Feuilles du livre restées fermées, et qui n’ont pas été atteintes par la rognure. On ne doit jamais laisser de lavrons, qu’il faut ouvrir au plioir avant ou après la rognure ou l’ébarbage.

Lignes de pied. — Ligne supplémentaire qui se trouve au bas de la première page d’un cahier, et parfois au milieu de celui-ci, et sur laquelle l’imprimeur place la signature, et aussi, s’il y a lieu, le tome et le titre de l’ouvrage.

Lyonnaise. — Nom que l’on donne à un genre de coiffe formée au moyen d’une petite corde, que l’on place sous la peau en couvrant le volume, auquel dans ce but on n’a pas placé de tranchefile. On la nomme coiffe lyonnaise.

Maculatures. — Feuilles d’essais ou de décharge, dont l’imprimeur s’est servi pour mettre en train, ou enlever le gros de l’encre sur la forme d’imprimerie. On donne également ce nom à certains papiers, servant à l’emballage des papiers d’impression ou des feuilles imprimées.

Macules ou maculages. — Se dit d’une impression qui se reporte d’une page à l’autre, soit par excès de pression, soit par la fraîcheur ou la mauvaise qualité de l’encre d’impression. Le relieur doit prendre garde au maculage, et doit placer devant les titres ou certaines feuilles fraîchement imprimées, ainsi que devant les gravures en taille-douce, des feuilles de papier de soie que l’on enlève après la reliure du volume. Il ne faut jamais battre ni laminer les livres fraîchement imprimés.

Massiquot. — Nom de l’inventeur de la machine à rogner le papier ou les livres. Ces machines, profondément modifiées ou perfectionnées, se désignent toujours sous le nom de massiquot. L’ouvrier qui s’en sert porte le nom de massicoteur, et son travail se nomme massicoter.

Maroquin. — Peau de chèvre ou de bouc. Les plus belles peaux de chèvre nous viennent du Maroc. Ce sont les peaux par excellence, les plus belles et les plus solides en usage pour la reliure des livres.

Membrures. — Ais taillés en biais, garnis à leur partie supérieure d’une bande de fer. Les relieurs qui ne possèdent pas l’étau à endosser s’en servent pour mettre le volume en presse, pour le battage des mors.

Mors. — On donne le nom de mors à la portion du dos des cahiers qui se rabat devant et derrière le volume, pour former à ces places les creux dans lesquels se logent les cartons. Les mors se forment aux flancs du volume, après que le dos a été arrondi et le volume mis en presse. Ce travail se fait à coups de marteau. On dit battre les mors, dresser les mors, nettoyer les mors.

Nerfs ou nervures. — Parties saillantes produites sur les dos de livres, soit par la couture sur nerfs ou sur ficelles, de même que par les diverses imitations, soit en peau ou en carton, de ce genre de couture. On les nomme alors faux nerfs.

Nez. — Plateau mobile du balancier auquel on attache la plaque gravée. Se dit aussi d’un ou plusieurs cahiers, qui dépassent la ligne droite en cousant le volume, et contre lesquels on ne saurait prendre trop de précautions (Voir Préparation à la couture).


Nœuds. — On emploie deux genres de nœuds, pour rattacher les fils en cousant les volumes. Le premier, ou nœud de tisserand, est le plus solide mais le plus compliqué. Le second, ou nœud de marin, à peu près aussi solide que le premier est moins compliqué. Tous les deux sont excellents et ont la même épaisseur ; l’ouvrier ne doit jamais en employer d’autres et doit pouvoir les former rapidement (Voir Couture des livres).

Noix. — Bosselures qui se produisent au battage, si les coups de marteau sont appliqués d’une façon irrégulière ; dans ce cas il faut battre à nouveau le volume, surtout sur les noix ou bosselures.

Onglet. — Bande de papier à laquelle on attache un feuillet isolé, une gravure, ou une carte et à laquelle on fait un ou deux plis selon le cas, pour que l’onglet ait la même épaisseur que la feuille à laquelle il est attaché, en y comprenant l’épaisseur du collage. Les plis servent également soit à entourer la feuille, à côté de laquelle on place la planche afin d’être cousue en même temps que celle-ci, ou pour permettre de rattacher la planche par la couture, si elle se trouve entre deux cahiers. Certains ouvrages ont toutes leurs feuilles ou planches montées sur onglets, que l’on encarte par deux, trois, ou quatre pour en former des cahiers.

Palette. — Genre de fer à dorer à la main, en forme de T, dont la partie transversale est plus ou moins longue et cintrée. Sur le champ de cette traverse sont gravés des filets, ou des ornements propres à la dorure à la main. Les palettes à filets se font ordinairement en acier pour les filetages gaufrés, et en bronze pour la dorure.

Parer. — Action d’amincir le cuir, couteau à parer, lame plate très affilée avec laquelle l’ouvrier ou pareur, amincit les peaux de tous genres et surtout les bords, afin de les rendre propres à la couvrure des volumes.

Pincée. — Petite quantité de feuilles, que l’ouvrier saisit entre le pouce et l’index pour les déplacer ou les égaliser.

Plaçure. — Se dit de l’opération qui consiste à placer des feuilles, des gravures ou des cartes dans un volume avant de le coudre ; dans certains ateliers, on désigne par plaçure la préparation du livre pour la couture.

Plaques. — On désigne sous ce nom les ornements gravés sur bronze, destinés à être dorés ou gaufrés au balancier.

Plioir. — Lame en bois, en os ou en ivoire, dont on se sert pour plier des feuilles de livres. Le relieur se sert aussi de petits plioirs de formes particulières, appropriées aux diverses opérations de la reliure.

Pointures. — Points de repère ou piqures que font les imprimeurs, au haut et au bas des feuilles en imprimant le premier côté, et qui servent pour ajuster la feuille à la retiration. Les pointures servent aussi comme guide pour le débitage ou la pliure des feuilles.

Pontuseaux. — Marques ou filets distants les uns des autres, produits par la forme dans la fabrication des papiers à la main.

Pressée. — On désigne ainsi le nombre de feuilles ou de volumes que contient une presse.

Queue. — Partie inférieure du volume ou tranche inférieure. On dit rogner ou dorer la queue, on dit tête en queue, lorsque le volume est placé ou emboîté sens dessus dessous.

Rabaisser. — C’est couper ou rogner les cartons sur le devant d’un volume pour en régulariser les chasses avec celles de tête et de queue.

Rogner. — Action d’enlever une partie des marges d’un livre, pour en régulariser les tranches. On dit rogner un livre en tête, en queue et en gouttière. L’ouvrier chargé de ce travail se nomme rogneur.

Reliure pleine. — Demi-reliure. La reliure pleine est celle dont la couverture est recouverte entièrement en peau ou d’un tissu quelconque. La demi-reliure est celle dont le dos seul et une partie du plat, sont recouverts en peau ou toile ; les demi-reliures ont parfois les coins également garnis en peau.

Roulettes. — Petites roues, dont le champ est gravé à filets ou ornements quelconques. Il en faut de tous genres au relieur-doreur, qui s’en sert pour l’ornementation des plats, ou bordures des reliures pleines.

Sauvegarde. — Feuille de papier fort, dont on entoure par un des côtés les premier et dernier cahiers du volume, pour les préserver, ainsi que les gardes, pendant le travail de la reliure.

Signatures. — Chiffres ou lettres placées par ordre numérique ou alphabétique, que l’imprimeur ajoute au bas de la première page de chaque cahier d’un volume, pour aider au classement. La signature se place à droite ; l’ouvrage qui comporte plusieurs volumes porte également au bas des mêmes pages la désignation du tome, et parfois le titre de l’ouvrage.

Signets. — Rubans de soie ou de coton, que l’on place en tête au milieu du dos du volume, avant de fixer la tranchefile, ils ont pour but de marquer une page quelconque, que le lecteur veut retrouver plus tard.

Surjetter. — Couture en forme de surjet, par laquelle on réunit un certain nombre de feuillets d’un volume pour en former un cahier. C’est un système défectueux qui ne s’emploie que pour des reliures communes ; autre chose en est de surjetter le commencement et la fin du volume, pour lui donner plus de solidité. Le placement d’une sauvegarde entourant les premier et premier cahiers rend le surjettage superflu.

Tas. — Plateau inférieur du balancier, sur lequel on place la couverture du volume pendant le tirage ; le nez descend alors sur le tas en imprimant la plaque sur la couverture. Se dit aussi d’un bloc plat en fer ou en pierre, sur lequel se font les martelages de tous genres indispensables à la reliure.

Témoins. — On désigne en reliure par le mot témoins les feuillets d’un livre rogné, qui n’ont pas été atteints par la rognure ; ils établissent la preuve que le volume n’a pas été trop rogné ; tout livre relié doit avoir au moins un ou deux témoins sur le devant et en queue.

Tête. — Haut du volume ou tranche supérieure du volume. On dit égaliser en tête, rogner la tête, dorer la tête, etc., du volume.

Tête-bêche. — Manière d’empiler des livres pour les maintenir en équilibre ; le premier volume se place sur un ais le dos à gauche et la tête en haut. On place le second avec le dos à droite et la tête en bas ; le troisième se place comme le premier, et ainsi de suite. Cette méthode se nomme bêcheveter.

Train. — Se dit d’un certain nombre de volumes que l’on relie en même temps. On dit : le train appartenant à M. un tel.

Tranchefile. — Tranchefile, sorte de broderie en fils de soie de lin ou de coton, que les relieurs fabriquent, en les rattachant aux deux extrémités du dos en tête et en queue du volume, pour faire corps avec les tranches et sur lesquelles on forme les coiffes en couvrant le volume.

Troussequin. — Outil servant à tracer les distances pour le placement des plats aux demi-reliures.

Vergeures. — Les vergeures comme les pontuseaux sont des rayures, mais très rapprochées, produites par les formes dans lesquelles se fabriquent les papiers à la main.



FIN

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