Hans, fantaisie allégorique pour tous les âges

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Mon cher petit René,

Tu me demandes de te raconter une histoire. En voici une. Elle n’est pas drôle et ne te fera pas rire : elle se passe... dans l’année terrible. — Mais il est bon que les enfants fassent dès leur jeune âge connaissance avec Hans, un grand diable de bonhomme aux coudes pointus et aux souliers énormes, un voisin bien gênant qui prétend toujours que ce sont les autres qui lui marchent sur les pieds ; — très bon chez lui, poli même, surtout quand on lui apporte de l’argent ; obséquieux toujours ; il vit de peu : quelques douzaines de chopes de bière et autant de paires de saucisses lui suffisent. Une longue pipe bourrée de mauvais tabac et beaucoup de musique aident à sa digestion et le dispensent de parler.

Voilà son portrait à la plume ; — je vais maintenant laisser parler le crayon et te raconter cette histoire en trente dessins, afin de mieux la graver dans ta mémoire. S’il y en a parmi que tu ne saisis pas bien, demande à ta petite mère ce qu’ils veulent dire. Elle se souvient, elle. A l’age de quinze ans, elle a dû passer des semaines dans une cave humide et froide, alors que le méchant Hans s’amusait à lancer dans notre bonne ville des pruneaux de plomb et des dragées de fer avec du pétrole dedans : histoire de s’assurer, avant de se les annexer, si les maisons étaient du bois dont on fait les allumettes — son invention.

Et maintenant, mon cher petit René, tourne ce feuillet — je commence.


1


L’Oiseau de proie


La lune, ce soir-là, était rouge, rouge à l’horizon et scintillait à travers les ronces et les branchages de la montagne comme une grande tache de sang.

Un oiseau, plus noir que la forêt qu’il venait de traverser, tenait dans son bec crochu un petit bonhomme tout petit, mais pas assez petit cependant pour qu’on ne pût distinguer qu’il avait de grosses mains, de grands pieds, et que sa petite tête déjà carrée était ornée de touffes de cheveux blonds comme du chanvre.

L’oiseau était-il aigle, vautour, hibou, coucou ? Venait-il du Caucase, des Karpathes, des Alpes, du Brandebourg ?

— Petite mère te le dira.


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L'OISEAU DE PROIE


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Le Marchand de Coucous



L’oiseau déposa l’enfant dans un nid tombé du haut de quelque vénérable sapin.

Le petit, qui commençait à sentir l’isolement dans cette sinistre forêt, poussa des cris lamentables qui attirèrent tous les oiseaux de nuit à quelques lieues à la ronde. Hiboux, chouettes, coucous accoururent à tire d’aile, reconnaissant à ces cris sauvages qu’il devait être des leurs.

Un marchand de coucous (il y en a beaucoup dans ce pays, où l’on adore les pendules) passait près de là. Il accourut également et aperçut avec surprise le jeune monstre.


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LE MARCHAND DE COUSCOUS


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Le Chemin du Village



Le marchand, effrayé, se sauva à toutes jambes, aussi vite que le lui permettaient les nombreux coucous et pendules dont il était chargé, et il arriva tout essoufflé au village, qu’il trouva au sortir du bois.

Il fit part de sa découverte au bourgmestre.

— Envoyez quatre hommes bien vigoureux pour le chercher, lui dit-il, car l’enfant parait énorme.

Quatre hommes, les plus forts du pays, se mirent en route, et il leur fallut une journée entière pour le transporter au village, à travers les broussailles et les rochers. Ils arrivèrent exténués. Il était temps : pendant le trajet, l’enfant avait grandi de moitié !!


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LE CHEMIN DU VILLAGE


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Il se nommera Hans


La commune adopta l’enfant.

Il fallut lui chercher un nom.

Chaque membre du Conseil municipal écrivit un nom sur un papier. Les papiers furent pliés et mis dans un verre à chope, et le plus gros d’entre les conseillers en tira un. Le nom de Hans sortit. — «C’est moi qui l’ai écrit!» s’écrièrent-ils tous. Et ils avaient tous raison, car chacun avait écrit Hans, tant ce nom est répandu dans le pays ; en effet, n’ont-ils pas Hanswurst (Polichinelle), Hanstrapp et autres célébrités de ce nom ?

Hans grandit à vue d’œil ; on l’envoya à l’école et il devint la risée de ses camarades, tant il était pataud et laid.


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IL SE NOMMERA HANS


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Le Bain


Il se nommera Hans

Hans n’apprit rien à l’école.

Son esprit était rebelle à toute instruction. Toutes ses forces allaient dans ses bras et ses jambes. Son intelligence en souffrit et ses camarades, qui s’en aperçurent, se moquaient de lui journellement. La rage l’étouffait ; il en fit une maladie.

On lui fit prendre un bain dans l’étang du village. Quand il entra dans l’eau, il submergea tout, et les grenouilles, étonnées, le regardèrent avec colère.


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LE BAIN


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Il devient Berger



Que ferons-nous de ce garçon ? se demandèrent un jour les conseillers municipaux.

Brasseur : il boirait toute la bière ; bottier : il y en a déjà tant chez nous, qu’ils sont forcés de s’expatrier par milliers pour vivre. Ils feront bientôt des bottes pour le monde entier.

— Qu’il devienne berger ! s’écria le garde champêtre ; il est si laid, qu’il fera peur aux loups et gardera bien nos vaches et nos chèvres.


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IL DEVIENT BERGER


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Hans a soif



Hans devint berger et se trouva très heureux dans ces montagnes sillonnées par de nombreux torrents.

Aussi buvait-il à son aise quand il avait soif. Il arrivait parfois que les moulins de la vallée étaient forcés de suspendre le travail, et les meuniers se croisaient les bras devant les roues inertes en s’écriant : « C’est encore Hans qui nous joue ce tour-là ! »


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HANS A SOIF


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La Terre promise



Un jour, il se trouva avoir faim, et cependant il avait mangé toutes les vaches et toutes les chèvres à deux cents lieues à la ronde.

Il s’assit, triste et désolé, sur le bord d’un beau fleuve coulant majestueusement sur un lit de cailloux d’or. Son œil énorme eut bientôt découvert sur la rive opposée des pâturages merveilleux, des habitations riantes et fleuries, des vergers remplis de fruits, des troupeaux nombreux et gras, des chateaux où respirait l’opulence, des fabriques aux cheminées immenses.

— Ce pays a l’air riche, se dit-il, il ferait bien mon affaire. Si j’allais y faire une petite promenade !

Et il mit dans le fleuve un pied, puis l’autre, et attendit la nuit pour achever sa traversée.


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LA TERRE PROMISE


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La Nuit étoilée



C’en est fait !

Hans le vorace traverse le beau fleuve, dont les eaux argentées bouillonnent et se troublent sur son passage. Son large pied touche enfin la terre convoitée, et un frémissement d’horreur la secoue du fond des vallons à la cime des montagnes.

Cependant, dans la transparence de la nuit scintillante d’étoiles, se détache gigantesque la silhouette du géant, et des ombres étranges, indécises encore, flottent autour de lui : c’est l’incendie, la misère et la mort, qui seront ses compagnons de gloire.


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LA NUIT ETOILEE


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La Panique



Ici, mon cher petit René, je demande à respirer un instant, car ce que je vais te raconter devient sinistre et terrible. L’enfer sembla déchaîné, à partir du jour où Hans mit le pied sur cette terre jusque-là si heureuse.

À la vue du monstre, les paysans quittèrent leurs habitations et s’enfuirent éperdus.

Le veilleur n’eut pas le temps de sonner le tocsin : il enfourcha un cheval et souffla dans la trompe d’alarme.

Les vieilles femmes infirmes, les vieillards trouvèrent des forces pour fuir ; les animaux se sauvèrent pêle-mêle en poussant d’étranges beuglements, et Hans s’avança, écrasant les maisons et renversant les églises sous ses immenses souliers.


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LA PANIQUE


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Il arrive ! - Il arrive !



Hans avançait toujours ! Les malheureux habitants se réfugiaient dans les montagnes, emmenant leurs malades dans des brouettes ou les portant dans leurs bras, espérant trouver un refuge dans les bois.

Il avançait toujours, le méchant Hans, que la fumée des incendies grisait et rendait hideux ; il ne laissait derrière lui que des villages en cendres : aussi ses chaussures commençaient à sentir le roussi.


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IL ARRIVE ! — IL ARRIVE !


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Les Anges



Regarde derrière Hans.

Vois-tu, cette cathédrale qui flambe ! ces maisons en feu et cette bibliothèque incomparable, ce musée que les siècles ont respecté, tout brûle. Partout le fer et le pétrole apportent la dévastation.

L’enfer doit être plus habitable.

Des anges, émus de tant de misère, descendent du ciel et y remontent, emportant dans leurs bras les pauvres petits innocents, sans brûler ni leurs blanches ailes, ni leurs robes de mousseline.


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LES ANGES


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Le Cauchemar



Cette nuit-là, Hans eut un cauchemar ; il était effrayé lui-même du mal qu’il avait fait.

Il lui semblait voir un dragon fantastique se dresser sur les ruines et les cendres d’une vieille église aux fenêtres gothiques, et pousser un cri aigu et strident qui le réveilla.

À ce moment-là, il se trouva bien petit et regretta les jours paisibles de son enfance, où il passait son temps à garder les chèvres en jouant de la clarinette.


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LE CAUCHEMAR


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Hans dîne



Hans ne dina pas moins bien le lendemain. Il eut de nouveau conscience de sa grande taille en se retrouvant en tête-à-tête avec sa marmite, au-dessous de laquelle flambaient, en pétillant, des troncs d’arbres deux fois séculaires.

Ses narines semblent se dilater, sa bouche essaie d’ébaucher un sourire, et si ses yeux deviennent tendres, c’est qu’il a flairé son plat favori.

Il ne peut résister au désir de soulever le couvercle de la marmite, d’où s’échappent des bouffées de vapeur, à travers lesquelles il entrevoit de nombreuses paires de saucisses mollement étendues sur un lit de pois en purée.

Hans adore la saucisse aux pois, qui est pour beaucoup dans ses nombreux succès. Il l’aime trop ; mais c’est là son moindre défaut.


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HANS DINE


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Le Champ de Bataille


Vois-tu ce canon brisé ? Vois-tu ce cuirassier blessé, appuyé sur son bras droit, tandis qu’il porte la main gauche à son cœur ? — Vois-tu ce cheval à demi relevé qui hennit ?

C’est toujours ainsi que l’on représente un champ de bataille.

Ici cependant, quand tout fut mort, une femme aux cheveux épars se dressa sur le ciel sombre. Au-dessus d’elle brille l’étoile de l’espérance, et son bras armé d’un glaive désigne Hans. À sa voix, un peuple entier accourt ; jeunes gens et vieillards prennent, qui un fusil, qui une fourche ; ils veulent défendre jusqu’au dernier pouce le territoire de leurs pères.

D’un coup de sa botte brutale, le terrible Hans les renverse et les pulvérise. — Il est le maître… Il dira où il entend tracer la nouvelle frontière. Il n’en a pas le droit, mais il a la force !


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LE CHAMP DE BATAILLE


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Le Printemps



La guerre est terminée.

Le printemps est revenu. Avec lui les fleurs, le chant des oiseaux, le soleil d’avril.

C’est l’heureuse époque où les enfants font avec joie l’école buissonnière, où ils aiment à cueillir le muguet et la pâquerette. Ils prennent quelquefois aussi des mésanges sur les cerisiers ou dénichent des nids de moineaux dans les vieux lierres.

En voilà trois, précisément, qui rapportent un nid : la jeune fille le tient dans ses bras ; ils rentrent au village en passant sous un rocher qu’ils n’avaient jamais vu.


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LE PRINTEMPS


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L’Œil de la Police



Ce rocher, c’est le soulier de Hans, venu se reposer de ses fatigues sur les ruines d’un château féodal.

Un œil brillant comme une lanterne de veilleur de nuit apparaît à travers les pierres vermoulues du vieux castel.

Les enfants aperçoivent l’œil qui les poursuit, et s’enfuient épouvantés.

Nous le retrouverons, cet œil gênant, car la police de Hans est bien faite.


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L’ŒIL DE LA POLICE


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La Fête villageoise



Les dimanches et les jours de grande fête, les jeunes gars et les jeunes filles du village voisin se réunissent dans la vieille salle du château, ouverte à tous les vents, et se livrent à une danse joyeuse, au son du violon et de la contrebasse. Le bonhomme Hans veut aussi s’amuser et enlève parfois une danseuse.

Les jeunes paysans s’irritent, et Hans est seul à rire de sa grosse farce.


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LA FÊTE VILLAGEOISE


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Au clair de la Lune



La nuit, le vilain homme dort d’un lourd sommeil et ronfle à en incommoder les pays voisins, surtout après une fête.

Il lui arrive pourtant de se promener au clair de la lune, surtout de l’autre côté des montagnes, afin de s’assurer si des jeunes gens ne cherchent à fuir.

Il aperçoit alors des barques traversant silencieusement les lacs

Où vont-elles ces barques ?

Et Hans se fait montagne pour mieux voir. On prend son chapeau pour un rocher, et sa barbe se confond avec les arbres de la forêt.


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AU CLAIR DE LA LUNE


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L’Indiscret



Voici le gros nez de Hans qui s’allonge au-dessus du mur d’un joli jardin.

Il se dissimule derrière les arbres d’une allée ; là, il assiste de loin aux joies d’une jeune mère, il la voit caresser et embrasser ses enfants, prendre part à leurs jeux, et il ne sent pas que sa présence profane ce tableau gracieux et paisible.

Va-t’en, indiscret, pars, et béni sera le jour où ta large semelle aura quitté cette terre aimée.

Mais Hans n’a aucune envie de s’en aller ; il se trouve bien et s’y installe de plus en plus. Il bâtit des casernes, parce qu’il a des soldats, et des auberges, parce que ses soldats ont toujours soif.


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L'INDISCRET


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Les Adieux



Jean-Baptiste a vingt-cinq ans.

Son vieux père et sa vieille mère lui ont donné tous leurs biens et consentent à terminer leurs jours dans une petite chambre de la ferme dont leur fils a pris la direction : vingt vaches à l’étable, dix chevaux dans l’écurie, un poulailler bondé, une mare qui déborde, tant il y a de canards qui barbotent dedans ; un enfant qu’il adore autant qu’il aime sa mère, tel est le bilan de l’ami Jean-Baptiste, qui ne demande qu’à se laisser vivre ainsi le plus longtemps possible.

Mais il a compté sans Hans qui, un beau matin, lui envoie l’ordre d’endosser sa livrée et de se tenir prêt à marcher au premier signal.

— Lui se battre contre des frères ? — Jamais !

Il préfère tout abandonner, embrasse sa femme et son enfant, salue une dernière fois le clocher de ses pères, et disparait de l’autre côté des montagnes.


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LES ADIEUX


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Les Émigrants



Des familles entières quittent le pays, n’emportant que leur mobilier, les uns sur leur dos et les autres sur des charrettes, pour ne pas subir le joug du méchant Hans.

Celui-ci les voit mais feint de dormir.

— Partez, se dit-il tout bas, quand ils passent sous ses grandes jambes qui obstruent le bord de la route ; partez, mauvaises têtes. Vos maisons ne resteront pas vides. J’ai assez de marchands de cigares faillis et autres chevaliers errants qui seront enchantés de trouver une maison bien propre, ce qu’ils n’ont jamais pu voir chez eux.

Et ils disparaissent, les pauvres émigrants, en suivant ce ruban de route qui leur semble bien long.


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LES ÉMIGRANTS


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La Sortie de l'Église



Un jour, Hans, voyant passer des jeunes filles, se demande :

— Que peuvent bien se dire ces jeunes filles qui reviennent de l’église ? Elles sont restées ici, celles-là. Elles épouseront quelque brigadier de douanes et deviendront nôtres.

Et il les suit pour entendre leurs confidences.

— Hans n’est qu’un faux bonhomme, un brutal, un fourbe, disait l’une.

Il ne veut pas en savoir plus long, car ces choses-là sont toujours désagréables à entendre — surtout quand elles sont vraies.


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LA SORTIE DE L’ÉGLISE


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Les Chevrières



— Il faut les prendre plus jeunes, se dit encore Hans. Celles-là sont de vieilles filles : on ne les change plus à cet âge. Prenons-les tout enfants. En voici.

Il saisit avec sa grosse main une petite bergère et cherche à lui parler avec bienveillance. La jeune fille ne comprend pas son langage.

— Tu l’apprendras, cette langue dont tu ne veux pas ; je t’enfermerai jusqu’à ce que tu la parles. Et l’œil fatal brilla dans le fond des bois au milieu des hêtres et des sapins.


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LES CHEVRIÈRES


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La Harpe éolienne



Déjà deux jeunes filles sont enfermées dans le manoir dont les portes et les abords sont envahis par les ronces et les lierres.

Elles s’asseoient près d’une fenêtre ogivale, d’où elles euvent regarder par-delà les monts — là-bas… là-bas !… et leurs yeux fixés à l’horizon se remplissent de larmes.

Soudain, des sons d’une douceur extrême, des plaintes, des gémissements mélodieux se font entendre.

— C’est la vague et douce vibration d’une harpe éolienne, harpe ailée, disent les enfants, à qui elle est chère, car ses sons touchent le cœur et semblent révéler des choses inconnues.

La harpe ailée vibra longtemps et voici ce qu’elle leur prédit :


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L HARPE HEOLIENNE


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L’Éclipse



« Hans deviendra plus grand et plus gros encore.

« Sa tête sera au-dessus des nuages quand ses pieds toucheront la terre.

« Il voudra éclipser le soleil lui-même, et il l’obscurcira souvent quand, de sa pipe de porcelaine, sortiront des bouffées de fumée, qui se mêleront aux nuages et retomberont en pluie malsaine sur les récoltes et les vignes. »


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L'ÉCLIPSE


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L’Orage



« Mais un orage, qui couve depuis longtemps, se lèvera à l’occident.

« Des éclairs brilleront comme des lames de sabres.

« Hans voudra l’arrêter, car il ne doute de rien, et les poings levés vers le ciel, il se dressera menaçant contre l’ouragan qu’il voudra vaincre. »


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L'ORAGE


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La Foudre



« Alors la foudre le frappera au cœur.

« Il tombera de toute sa hauteur comme une masse, écrasant, sous le poids de son corps, forêts et montagnes. »


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LA FOUDRE


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Les Corbeaux



« Son corps couvrira des prés et des bois, et le soleil, en se levant, éclairera sa face rongée par les corbeaux.

« Des milliers de ces sinistres oiseaux s’abattront sur son corps, et sur la place où Hans aura été frappé par la foudre, la terre sera maudite, jamais herbe n’y repoussera. »


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LES CORBEAUX


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Le Retour



Et la harpe ailée vibrait encore :

« Un beau jour de mai verra tout le pays en fête.

« Des milliers de paysans en habits neufs, accourront vers la grande route, celle par où doivent arriver des hommes à cheval, bardés de fer et d’acier.

« On leur jettera des fleurs, et de toutes les poitrines sortira un cri trop longtemps contenu. Ce cri... ces trois mots inscrits sur les trois couleurs… !

Ces mots... Petite mère te les dira.