Hector Servadac/I/15

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Hetzel (p. 168-182).
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CHAPITRE XV


DANS LEQUEL ON DISCUTE POUR ARRIVER À DÉCOUVRIR UNE VÉRITÉ DONT ON S’APPROCHE PEUT-ÊTRE !


Les premières heures de la navigation furent employées à discuter les conséquences du fait nouveau et inattendu qui venait de se révéler. S’ils ne devaient pas en déduire la vérité tout entière, du moins le comte, le capitaine et le lieutenant Procope allaient-ils pénétrer plus avant dans le mystère de leur étrange situation.

En effet, que savaient-ils maintenant, et d’une manière incontestable ? C’est que la Dobryna, partant de l’île Gourbi, c’est-à-dire du premier degré de longitude occidentale, n’avait été arrêtée par le nouveau littoral qu’au treizième degré de longitude orientale. C’était donc, en somme, un parcours de quinze degrés. En y ajoutant la longueur de ce détroit qui lui avait livré passage à travers le continent inconnu, soit trois degrés et demi environ, plus la distance qui séparait l’autre extrémité de ce détroit de Gibraltar, soit à peu près quatre degrés, plus enfin celle qui séparait Gibraltar de l’île Gourbi, soit sept degrés, cela faisait en tout vingt-neuf degrés.

Donc, partie de l’île Gourbi et revenue à son point de départ, après avoir suivi sensiblement le même parallèle, en d’autres termes, après avoir décrit une circonférence entière, la Dobryna avait approximativement franchi vingt-neuf degrés.

Or, en comptant quatre-vingts kilomètres par degré, c’était un total de deux mille trois cent vingt kilomètres.

Du moment qu’à la place de Corfou et des îles Ioniennes les navigateurs de la Dobryna avaient trouvé Gibraltar, c’est que tout le reste du globe terrestre, comprenant trois cent trente et un degrés, manquait absolument. Avant la catastrophe, pour aller de Malte à Gibraltar en suivant la direction de l’est, il aurait fallu traverser la seconde moitié orientale de la Méditerranée, le canal de Suez, la mer Rouge, l’océan Indien, la Sonde, le Pacifique, l’Atlantique. Au lieu de cet énorme parcours, un détroit nouveau de soixante kilomètres avait suffi à mettre la goëlette à quatre-vingts lieues de Gibraltar.

Tels furent les calculs établis par le lieutenant Procope, et, en tenant compte des erreurs possibles, ils étaient suffisamment approximatifs pour servir de base à un ensemble de déductions.

« Ainsi donc, dit le capitaine Servadac, de ce que la Dobryna est revenue à son point de départ sans avoir changé de cap, il faudrait en conclure que le sphéroïde terrestre n’aurait plus qu’une circonférence de deux mille trois cent vingt kilomètres !

— Oui, répondit le lieutenant Procope, ce qui réduirait son diamètre à sept cent quarante kilomètres seulement, soit seize fois moindre qu’il n’était avant la catastrophe, puisqu’il mesurait douze mille sept cent quatre-vingt-douze kilomètres. Il est incontestable que nous venons de faire le tour de ce qui reste du monde !

— Voilà qui expliquerait plusieurs des singuliers phénomènes que nous avons observés jusqu’ici, dit le comte Timaseheff. Ainsi, sur un sphéroïde réduit à ces dimensions, la pesanteur ne pouvait qu’être très-amoindrie, et je comprends même que son mouvement de rotation sur son axe ait été accéléré de telle façon que l’intervalle de temps compris entre deux levers de soleil ne soit plus que de douze heures. Quant à la nouvelle orbite qu’il décrit autour du soleil… »

Le comte Timascheff s’arrêta, ne sachant trop comment rattacher ce phénomène à son système nouveau.

« Eh bien, monsieur le comte ? demanda le capitaine Servadac, quant à cette nouvelle orbite ?...

— Quelle est ton opinion à ce sujet, Procope ? répondit le comte en s’adressant au lieutenant.

— Père, répondit Procope, il n’y a pas deux manières d’expliquer le changement d’orbite, il n’y en a qu’une, une seule !

— Et c’est ?... demanda le capitaine Servadac avec une vivacité singulière, comme s’il eût pressenti ce qu’allait répondre le lieutenant.

— C’est, reprit Procope, d’admettre qu’un fragment s’est détaché de la terre, emportant une portion de l’atmosphère, avec lui, et qu’il parcourt le monde solaire en suivant une orbite qui n’est plus l’orbite terrestre. »

Après cette explication si plausible, le comte Timascheff, le capitaine Servadac, le lieutenant Procope restèrent silencieux pendant quelques instants. Véritablement atterrés, ils réfléchissaient aux conséquences incalculables de ce nouvel état de choses. Si, réellement, un énorme bloc s’était détaché du globe terrestre, où allait-il ? Quelle valeur attribuer à l’excentricité de l’orbe elliptique qu’il suivait maintenant ? À quelle distance du soleil serait-il entraîné ? Quelle serait la durée de sa révolution autour du centre attractif ? S’en irait-il comme les comètes pendant des centaines de millions de lieues à travers l’espace, ou serait-il ramené bientôt vers la source de toute chaleur et de toute lumière ? Enfin, le plan de son orbite coïncidait-il avec celui de l’écliptique, et pouvait-on concevoir quelque espoir qu’une rencontre le réunît un jour au globe dont il s’était si violemment séparé ?

Ce fut le capitaine Servadac qui, le premier, rompit le silence en s’écriant, comme malgré lui :

« Eh bien, non, mordioux ! Votre explication, lieutenant Procope, explique bien des choses, mais elle n’est pas admissible !

— Pourquoi donc, capitaine ? répondit le lieutenant. Elle me paraît répondre, au contraire, à toute objection.

— Non, en vérité, et il en est une, au moins, qui n’est pas détruite par votre hypothèse.

— Et laquelle ? demanda Procope

— Voyons, reprit le capitaine Servadac, comprenons-nous bien. Vous persistez à croire qu’un morceau du globe, devenu maintenant ce nouvel astéroïde qui nous emporte, et comprenant une partie du bassin de la Méditerranée depuis Gibraltar jusqu’à Malte, court à travers le monde solaire ?

— Je persiste à le croire.

— Eh bien, alors, lieutenant, comment expliquez-vous le soulèvement de ce singulier continent qui encadre à présent cette mer, et la contexture spéciale de ses côtes ? Si nous étions emportés sur un morceau du globe, ce morceau eût certainement conservé son ancienne charpente granitique ou calcaire, et il n’offrirait pas, à sa surface, cette concrétion minérale dont la composition même nous échappe ! »

C’était là une sérieuse objection que le capitaine Servadac faisait à la théorie du lieutenant. En effet, on pouvait concevoir, à la rigueur, qu’un fragment se fût détaché du globe, entraînant avec lui une partie de l’atmosphère et une portion des eaux méditerranéennes ; on pouvait même admettre que ses mouvements de translation et de rotation ne fussent plus identiques à ceux de la terre ; mais pourquoi, au lieu des rivages fertiles qui bordaient la Méditerranée au sud, à l’ouest et à l’est, cette abrupte muraille, sans trace de végétation, et dont la nature même était inconnue ?

Le lieutenant Procope fut fort empêché de répondre à cette objection, et il dut se borner à dire que l’avenir, sans doute, réservait bien des solutions introuvables pour le moment. En tout cas, il ne croyait pas devoir renoncer à l’admission d’un système qui expliquait tant de choses inexplicables. Quant à la cause première, elle lui échappait encore. Devait-on admettre qu’une expansion des forces centrales avait pu détacher un pareil bloc du globe terrestre et le lancer dans l’espace ? c’était fort incertain. Dans ce problème si complexe, que d’inconnues encore à dégager.

« Après tout, dit le capitaine Servadac pour conclure, peu m’importe de graviter dans le monde solaire sur un nouvel astre, si la France y gravite avec nous !

— La France… et la Russie ! ajouta le comte Timascheff.

— Et la Russie ! » répondit l’officier d’état-major, qui s’empressa d’admettre la légitime réclamation du comte.

Et cependant, si ce n’était réellement qu’un morceau du globe qui se mouvait suivant une nouvelle orbite, et si ce morceau avait la forme sphéroïdale, — ce qui lui assignait alors des dimensions très-restreintes, — ne devait-on pas craindre qu’une partie de la France, et tout au moins la plus grande portion de l’empire russe, ne fussent restées à l’ancienne terre ? De même pour l’Angleterre, et, d’ailleurs, ce défaut de relation depuis six semaines entre Gibraltar et le Royaume-Uni semblait bien, indiquer que les communications n’étaient plus possibles, ni par terre, ni par mer, ni par la poste, ni par le télégraphe. En effet, si l’île Gourbi, comme on devait le croire, — à considérer l’égalité constante des jours et des nuits, — occupait l’équateur de l’astéroïde, les deux pôles nord et sud devaient être éloignés de l’île d’une distance égale à la demi-circonférence relevée pendant le voyage de la Dobryna, soit environ onze cent soixante kilomètres. Cela reportait le pôle arctique à cinq cent quatre-vingts kilomètres au nord de l’île Gourbi, et le pôle antarctique à cette même distance au sud. Or, lorsque ces points eurent été fixés sur la carte, il fut constant que le pôle nord ne dépassait pas le littoral de la Provence, et que le pôle sud tombait dans le désert africain, à la hauteur du vingt-neuvième parallèle.

Maintenant, le lieutenant Procope avait-il raison de persister dans ce nouveau système ? Un bloc avait-il été réellement arraché au globe terrestre ? Impossible de se prononcer. À l’avenir appartenait la solution du problème ; mais peut-être n’est-il pas téméraire d’admettre que s’il ne découvrait pas encore l’entière vérité, le lieutenant Procope avait fait un pas vers elle.

La Dobryna avait retrouvé un temps magnifique, au delà de l’étroit pertuis qui unissait les deux extrémités de la Méditerranée dans les parages de Gibraltar. Le vent même la favorisait, et, sous la double action de la brise et de la vapeur, elle s’éleva rapidement dans le nord.

On dit le nord et non l’est, parce que le littoral espagnol avait totalement disparu, au moins dans la partie comprise autrefois entre Gibraltar et Alicante. Ni Malaga, ni Alméria, ni le cap de Gata, ni le cap de Palos, ni Carthagène n’occupaient la place que leur assignaient leurs coordonnées géographiques. La mer avait recouvert toute cette partie de la péninsule hispanique, et la goëlette dut s’avancer jusqu’à la hauteur de Séville pour retrouver, non pas le rivage andalou, mais une falaise identique à celle qu’elle avait déjà relevée au delà de Malte.

À partir de ce point, la mer mordait profondément le nouveau continent, en formant un angle aigu, dont Madrid aurait dû occuper le sommet. Puis, la côte, redescendant au sud, venait empiéter à son tour sur l’ancien bassin et s’allongeait comme une griffe menaçante au-dessus des Baléares.

Ce fut en s’écartant un peu de leur route afin de rechercher quelques traces de ce groupe d’îles importantes, que les explorateurs firent une trouvaille très-inattendue.

On était au 21 février. Il était huit heures du matin, lorsqu’un des matelots, posté à l’avant de la goëlette, cria :

« Une bouteille à la mer ! »

Cette bouteille pouvait contenir un document précieux, qui, peut-être, se rapporterait au nouvel état de choses.

Au cri du matelot, le comte Timascheff, Hector Servadac, le lieutenant, tous avaient couru vers le gaillard d’avant. La goëlette manœuvra de manière à rejoindre l’objet signalé, qui fut bientôt repêché et hissé à bord.

Ce n’était pas une bouteille, mais un étui de cuir, du genre de ceux qui servent à serrer les lunettes de moyenne grandeur. Le couvercle en était soigneusement ajusté avec de la cire, et, si l’immersion de cet étui était récente, l’eau n’avait pas dû y pénétrer.

Le lieutenant Procope, en présence du comte Timascheff et de l’officier d’état-major, examina attentivement l’étui. Il ne portait aucune marque de fabrique. La cire, qui en rendait le couvercle adhérent, était intacte, et elle avait conservé l’empreinte d’un cachet sur lequel se lisaient ces deux initiales :

P. R.

Le cachet fut brisé, l’étui fut ouvert, et le lieutenant en retira un papier que l’eau de mer avait respecté. Ce n’était qu’une simple feuille quadrillée, détachée d’un agenda et portant ces mots, suivis de points d’interrogation et d’exclamation, — le tout d’une grosse écriture renversée :

« Gallia ???

« Ab sole, au 15 fév., dist. : 59,000,000 l. !

« Chemin parcouru de janv. à fév. : 82,000,000 l.

« Va bene ! All right ! Parfait !!! »

« Qu’est-ce que cela veut dire ? demanda le comte Timascheff, après avoir tourné la feuille de papier en tous sens.

— Je n’en sais rien, répondit le capitaine Servadac ; mais, ce qui est certain, c’est que l’auteur de ce document, quel qu’il soit, vivait encore au 15 février, puisque le document mentionne cette date.

— Évidemment, » répondit le comte Timascheff.

Quant au document, il n’était pas signé. Rien ne marquait son lieu d’origine. On y trouvait des mots latins, italiens, anglais, français, — ces derniers en plus grand nombre que les autres.

« Ce ne peut être une mystification, dit le capitaine Servadac. Il est bien évident que ce document se rapporte au nouvel ordre cosmographique dont nous subissons les conséquences ! L’étui dans lequel il est renfermé a appartenu à quelque observateur, naviguant à bord d’un navire…

— Non, capitaine, répondit le lieutenant Procope, car cet observateur eût certainement mis le document dans une bouteille, où il aurait été plus à l’abri de l’humidité que dans un étui de cuir. Je croirais plutôt que quelque savant, demeuré seul sur un point épargné du littoral, et voulant faire connaître le résultat de ses observations, a utilisé cet étui, moins précieux pour lui, peut-être, que ne l’était une bouteille.

— Peu importe, après tout ! dit le comte Timascheff. En ce moment, il est plus utile d’expliquer ce que signifie ce singulier document que de chercher à deviner quel en est l’auteur. Procédons donc par ordre. Et, d’abord, qu’est-ce que cette Gallia ?

— Je ne connais aucune planète, grande ou petite, qui porte ce nom, répondit le capitaine Servadac.

— Capitaine, dit alors le lieutenant Procope, avant d’aller plus loin, permettez-moi de vous faire une question.

— Faites, lieutenant.

— N’êtes-vous pas d’avis que ce document semble justifier cette dernière hypothèse, d’après laquelle un fragment du globe terrestre aurait été projeté dans l’espace ?

— Oui… peut-être… répondit Hector Servadac… bien que l’objection tirée de la matière dont on fait notre astéroïde subsiste toujours !

— Et, dans ce cas, ajouta le comte Timascheff, le savant en question aurait donné le nom de Gallia au nouvel astre.

— Ce serait donc un savant français ? fit observer le lieutenant Procope.

— Cela est à supposer, répondit le capitaine Servadac. Remarquez que, sur dix-huit mots qui composent le document, il y a onze mots français contre trois mots latins, deux mots italiens et deux mots anglais. Cela prouverait aussi que ledit savant, ignorant en quelles mains tomberait son document, a voulu employer des mots de diverses langues pour accroître les chances d’être compris.

— Admettons que Gallia est le nom du nouvel astéroïde qui gravite dans l’espace, dit le comte Timascheff, et continuons. « Ab sole, distance au 15 février, cinquante-neuf millions de lieues. »

— C’était effectivement la distance qui devait séparer Gallia du soleil à cette époque, répondit le lieutenant Procope, lorsqu’elle est venue couper l’orbite de Mars.

— Bien, répondit le comte Timascheff. Voilà un premier point du document qui s’accorde avec nos observations.

— Exactement, dit le lieutenant Procope.

— « Chemin parcouru de janvier à février, » reprit le comte Timascheff en continuant sa lecture, « quatre-vingt-deux millions de lieues. »

— Il s’agit là, évidemment, répondit Hector Servadac, du chemin parcouru par Gallia sur sa nouvelle orbite.

— Oui, ajouta le lieutenant Procope, et, en vertu des lois de Kepler, la vitesse de Gallia, ou, ce qui revient au même, le chemin parcouru dans des temps égaux, a dû diminuer progressivement. Or, la plus haute température que nous ayons subie s’est précisément fait sentir à cette date du 15 janvier. Il est donc probable que, à cette date, Gallia était à son périhélie, c’est-à-dire à sa distance la plus rapprochée du soleil, et qu’elle marchait alors avec une vitesse double de celle de la terre, qui n’est que de vingt-huit mille huit cents lieues par heure.

— Très-bien, répondit le capitaine Servadac, mais cela ne nous indique pas à quelle distance Gallia s’éloignera du soleil, pendant son aphélie, ni ce que nous pouvons espérer ou craindre pour l’avenir.

— Non, capitaine, répondit le lieutenant Procope ; mais, avec de bonnes observations, faites sur divers points de la trajectoire de Gallia, on parviendrait certainement à déterminer ses éléments, en lui appliquant les lois de la gravitation universelle…

— Et, par conséquent, la route qu’elle doit suivre dans le monde solaire, dit le capitaine Servadac.

— En effet, reprit le comte Timascheff, si Gallia est un astéroïde, il est, ainsi que tous les mobiles, soumis aux lois de la mécanique, et le soleil régit sa marche comme il régit celle des planètes. Dès l’instant que ce bloc s’est séparé de la terre, il a été saisi par les chaînes invisibles de l’attraction, et son orbite est maintenant fixée d’une manière immuable.

— À moins, répondit le lieutenant Procope, que quelque astre troublant ne vienne la modifier plus tard, cette orbite. Ah ! ce n’est qu’un bien petit mobile que Gallia, comparé aux autres mobiles du système solaire, et les planètes peuvent avoir sur lui une influence irrésistible.

— Il est certain, ajouta le capitaine Servadac, que Gallia peut faire de mauvaises rencontres en route et dévier du droit chemin. Après cela, messieurs, remarquez-le, nous raisonnons comme s’il était prouvé que nous sommes devenus des Galliens ! Eh ! qui nous dit que cette Gallia dont le document parle n’est pas tout simplement une cent soixante-dixième petite planète nouvellement découverte ?

— Non, répondit le lieutenant Procope, cela ne peut être. En effet, les planètes télescopiques ne se meuvent que dans une étroite zone comprise entre les orbites de Mars et de Jupiter. Conséquemment, elles ne s’approchent jamais du soleil aussi près que Gallia s’en est approchée à son périhélie. Et ce fait ne saurait être mis en doute, puisque le document est d’accord avec nos propres hypothèses.

— Malheureusement, dit le comte Timascheff, les instruments nous manquent pour faire des observations, et nous ne pourrons calculer les éléments de notre astéroïde.

— Qui sait ? répondit le capitaine Servadac. On finit par tout savoir, tôt ou tard !

— Quant aux derniers mots du document, reprit le comte Timascheff, « Va bene ! — All right ! — Parfait !!! » ils ne signifient rien…

— Si ce n’est, répondit Hector Servadac, que l’auteur du document est enchanté de ce nouvel état de choses et trouve que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes impossible. »