Hermiston, le juge-pendeur par Robert Louis Stevenson

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Hermiston, le juge-pendeur par Robert Louis Stevenson
Alain-Fournier (attribué)

in L’Intransigeant, 28 mars 1913


C’est le dernier livre – inachevé – de l’admirable écrivain de L’Île au Trésor, que M. Albert Bordeaux a traduit. Stevenson considérait cet ouvrage comme devant être son chef-d’œuvre. Les cent premières pages du volume lui donnent absolument raison. Il n’a rien écrit de plus net, de plus concis, de plus terrible, que le début de ce roman où il a dessiné, creusé le portrait du lord-juge Adam Weir qui est le héros de cette histoire. C’est autour de cet implacable magistrat, railleur et bourru, mais d’allure superbement hautaine et de rigueur sublime, que gravitent sa tendre et médiocre épouse Jeanne Rutherford, le jeune fils Archie et Kirstie la gouvernante.

On devine en lisant ces pages que Stevenson a lu Flaubert et Balzac. Elles ne sont pas indignes de ces maîtres. À la vérité, la suite du roman contient des longueurs, la vie d’Archie à Hermiston et l’intrigue amoureuse qu’il noue émeut moins parce que moins ramassée. Et puis la fin manque, qui eût été tragique avec l’apparition nouvelle d’Adam Weir. Mais tel qu’il est ce livre vaut d’être lu. Il contient quatre chapitres d’une grandeur incontestable, les promesses d’un chef-d’œuvre et des réalisations. M. de Wyzewa a excellemment présenté aux lecteurs ce chant du cygne.

Hermiston, le juge-pendeur par Robert Louis Stevenson