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Histoire artistique des ordres mendiants/Avertissement

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ANDREA DELLA ROBBIA La rencontre de saint François et de saint Dominique. (Bas-relief, terre cuite polychrome. Florence, Loggia di San Paolo.) Cliché Alinari.

PLANCHE I


ANDREA DELLA ROBBIA
La rencontre de saint François et de saint Dominique
Voir p. 17


(Bas-relief, terre cuite polychrome. Florence, Loggia di San Paolo.)


Cliché Alinari.


AVERTISSEMENT



Ces dix leçons sur l’Histoire artistique des Ordres Mendiants ont été prononcées au printemps dernier, sous les auspices de la Société de Saint-Jean, pour la propagation de l’art religieux.

Je leur conserve en les publiant leur caractère de leçons. Dix leçons ne forment pas un livre, moins encore une thèse. Il fallait renoncer à tout espoir d’être complet. Toute discussion critique devait être écartée. Je me suis servi abondamment des ouvrages des autres. J’ai cru qu’il pouvait être utile de les coordonner par une vue d’ensemble.






Il semble que la chrétienté reçoive le don des larmes…

Qui a ouvert cette source vive ? Qui a frappé l’Église au cœur ?…

Ce profond changement ne sera parfaitement compris que le jour où l’on aura écrit l’histoire des Ordres Mendiants au XIIIe et au XIVe siècles. Les franciscains et les dominicains en parlant sans cesse à la sensibilité, finirent par transformer le tempérament chrétien.

Émile Male (L’art religieux en France à la fin du moyen âge).





IN MEMORIAM A. L.
OBIIT DIE XV MARTIS
MCMVIII.


À vous mon premier compagnon sur la terre d’Italie, je dédie ce petit ouvrage. Vous étiez avec moi lorsque je découvris le monde de la beauté, dans ces heures de la jeunesse qui décident de la vie : je revois dans le passé, sur les routes de Toscane et de la verte Ombrie, votre ombre à côté de la mienne.

Vous souvient-il, là où vous êtes, de nos journées d’Assise ? Quelle nuit mélodieuse dans la gorge des Carceri ! Comme le petit noyer où se posait, dit-on, la cigale de saint François, balançait sa branche paisible ! Nous gravîmes avant le jour les dômes du Subasio ; bientôt l’astre, franchissant les crêtes, inonda d’un flot d’or la coupe de l’univers. Sur ces pentes pierreuses, tombent vite les heures torrides. Vous vous penchâtes pour boire à une fontaine de berger : quelle n’était pas alors la lassitude de vos traits ! Souvent j’en ai revu l’expression étrange, lorsqu’une précoce langueur vous prit, ô mon ami ! au milieu du voyage.

Que de fois j’ai pensé à vous dans cette maison des Carmes où je vous ai connu ! Votre image s’ajoute aux souvenirs de mort de ce lieu pathétique. Étudiant raffiné, précieux, épris de toutes les idées, avec un sens exquis des grâces de la vie, quel était votre charme ! Déjà pourtant nous révérions en vous le signe sacré, la vocation des choses saintes. Mais vous m’entraîniez au jardin, d’un mouvement juvénile, et vous me faisiez lire au passage, sur le petit degré de pierre où tombèrent les martyrs de septembre, la mélancolique inscription : Hic cecidere.

Philosophe, moraliste, infiniment soucieux des questions présentes, votre ambition était de mettre au service de l’Eglise les dons de votre cœur et de votre rare esprit. Ce que vous eussiez pu faire, seuls le savent les amis qui vous ont approché. À combien votre généreuse intelligence n’a-t-elle pas montré leur voie ! « Il est des livres, disiez-vous, qui seraient à récrire tous les cinquante ans. Le Génie du christianisme est de ceux-là. » Ceci n’est même pas un fragment de l’œuvre que vous aviez entrevue. Ce n’est que le témoignage d’un de ceux que vous aimiez et qui, en travaillant pour ce qui vous fut cher, tournent souvent leur pensée émue vers le blanc oratoire du cimetière où vous dormez.