Histoire du Canada et des Canadiens sous la domination anglaise, Vol 2, 1844./TABLEAU CHRONOLOGIQUE

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TABLEAU CHRONOLOGIQUE

Des Faits Historiques, ou Évènemens survenus depuis la fin de 1830 jusqu’à l’automne de 1837.


1830. Lord Aylmer, gouverneur-général, arrive à Québec (le 13 octobre).

1831. L’ouverture du parlement fixée pour le 24 janvier, a lieu le 27, au château Saint-Louis. Harangue conciliante et satisfaisante du gouverneur, et réponses conformes du conseil et de l’assemblée. — M. R. Christie réexpulsé par la nouvelle chambre d’assemblée. — Message, annonçant que le roi est prêt à abandonner « un revenu considérable et croissant » pour une liste civile fixe et modique (£19,500). Le roi se réserve le revenu casuel et territorial. — La chambre d’assemblée du Haut-Canada vote une liste civile permanente de £6,500. — Dans le Bas-Canada, la presse redevient licencieuse et violente, et crie : Point de liste civile pour la vie du roi. Dans la chambre d’assemblée, appel nominal, résolution hostile et menaçante « de prendre en considération l’état de la province ». Une douzaine de propositions inconciliantes, ou complaignantes, de M. Neilson, deviennent, par adoption, résolutions de la chambre. — Propositions révolutionnaires de M. Bourdages, adoptées à la majorité de 32 contre 30. — Longue Pétition basée sur ces résolutions. — La chambre d’assemblée introduit dans le bill de subsides un item de £2,400 pour le paiement de ses membres. — Procédés de cette chambre contre le procureur-général James Stuart. Elle nomme pour être son agent en Angleterre l’honorable D. B. Viger, conseiller législatif, qui accepte. Lord Aylmer acquiesce à la demande que lui fait la chambre, de suspendre le procureur-général. — Résolutions modérées, mais fermes du conseil législatif. — Le gouverneur sanctionne cinquante bills, et dit, dans son discours de clôture : « La mesure de mes remercimens aurait été comblée, si les circonstances m’eussent permis d’assurer le gouvernement de sa Majesté, que les propositions au sujet des finances, qui vous ont été dernièrement soumises par l’ordre du roi, avaient été accueillies favorablement. » — W. L. McKenzie exclu de la chambre d’assemblée du Haut-Canada, pour libelle contre cette chambre. — Une Institution pour les sourds-muets établie à Québec. — Seconde session du parlement provincial, sous lord Aylmer. — M. Christie réexpulsé. — Communication d’une très longue et très conciliante dépêche de lord Goderich, en réponse à la longue pétition, ou exposition de griefs de la chambre d’assemblée. — Bill des Fabriques. — Dépêche au sujet du conseil législatif et des juges.

1832. Licence de la presse. — Les conseillers législatifs traités de « vieillards malfaisants », ou de nuisance, font appréhender, par leur sergent d’armes, les imprimeurs et éditeurs de la Minerve et du Vindicator, et les emprisonnent. — Processions nocturnes et tumultuaires dans les rues de Mont-réal. — Dans quelques endroits, du district de Mont-réal, on défend la licence de la presse, croyant en défendre la liberté. — Clôture de la cession, par un discours lord Aylmer dit : « Il était naturel de s’attendre que la liste civile demandée en retour de concessions libérales, serait accueillie dans un esprit de libéralité réciproque… Cette espérance a été frustrée : car le gouvernement exécutif, en se présentant à la chambre d’assemblée, avec la proposition d’une liste civile sur une échelle si limitée, qu’elle a excité une surprise universelle, a été accueillie, sur le seuil même de la porte, par un refus formel et absolu. » — Retour et réception triomphale des imprimeurs emprisonnés. — Élection tumultueuse au quartier-ouest de Mont-réal. — Émeute, ou démonstration populaire, plutôt Irlandaise que Canadienne ; intervention du militaire ; homicides (le 21 mai). — Assemblées, dans le district de Mont-réal, patriotiquement populaires, suivant les uns, factieusement agitatrices, suivant les autres. — Enquête devant le coroner ; procédés judiciaires : l’esprit de parti, et la licence de la presse, à leur apogée. — Apparition du choléra, à Québec, à Mont-réal et dans les campagnes ; il décime la population dans les villes et dans quelques autres endroits. — Assemblée du parlement (le 15 novembre). — Message annonçant que la chambre n’ayant donné aucune raison de son refus de se conformer à la demande du roi, « sa Majesté ne fera pas revivre la question de la liste civile, mais y pourvoira au moyen des fonds que la loi à mis à sa disposition, croyant agir par là d’une manière plus conforme à sa dignité ».

1833. Enquête partiale et dispendieuse sur l’affaire du 21 mai. — Le siège de D. Mondelet, écr. déclaré vacant par résolution. — Discours violents et incohérents de M. Papineau, et autres, dans la chambre d’assemblée. — Mépris de l’acte constitutionnel. — Engoûment pour le systême électif. — Requête, demandant que le peuple puisse s’assembler en convention, &c. — La Gazette de Québec commence à trouver qu’on va trop loin. — Efforts tardifs et impuissants pour arrêter le torrent révolutionnaire.

1834. Assemblée du parlement, sous une phase sinistre. — Communication d’une dépêche ministérielle, déclarant monstrueux le droit que s’arrogeait l’assemblée de donner force de lois à ses résolutions. — Dépêche, au sujet d’une convention nationale, « pour détruire la constitution » : « sa Majesté veut bien ne voir que le résultat d’une extrême légèreté » dans la demande de l’assemblée. — Proposition de biffer cette dépêche. — Demande de £7,000 pour dépenses contingentes. — A. R. Hamel, écuyer, amené à la barre de la chambre, et réprimandé par l’orateur, pour avoir, comme officier de la couronne, avisé le gouverneur concernant une élection. — Tactique politique de mettre en avant des jeunes gens sans expérience pour des mesures outrées. — Quatre-vingt-douze résolutions complaignantes, accusatrices, &c., proposées par M. Elzéard Bedard, et adoptées par une majorité de la chambre : la minorité se retire. — Longue requête au parlement impérial, basée sur ces résolutions. — Remarques pertinentes du gouverneur sur les résolutions et la requête. — Association dite Constitutionnelle. MM. J. Neilson et W. Walker députés en Angleterre. — Réapparition du choléra ; presque aussi fatal qu’en 1832. — La population laissée dans l’anxiété par un rapport insignifiant d’un comité de la chambre des communes. — Élections générales : M. E. B. O’Callaghan, remplaçant médiat de feu M. D. Tracey, comme rédacteur du Vindicator, membre de la chambre. — MM. Louis Guy, Geo. Moffatt, P. McGill, R. U. Harwood, P. de Rocheblave, J. Masson, B. Joliette, Jean Dessaulles, F. Quirouet, de Salles Laterrière, R. de Saint-Ours, Xavier Malhiot, appellés au conseil.

1835. Ouverture de la session. — « L’empressement que montrèrent quelques membres de l’assemblée de faire confirmer la requête de la convention de Mont-réal aux communes d’Angleterre ; de faire nommer M. Roebuck agent ; de biffer le dernier discours de clôture du gouverneur, et les violents discours auxquels ces mesures donnèrent lieu, ne présageaient rien de bon pour l’avenir. » — La chambre fait arrêter M. Jessop, collecteur des douanes. — Longanimité du gouvernement. — Adresse demandant £18,000 pour dépenses contingentes : refus motivé : résolutions en conséquence. — Bill coercitif de subsides, rejetté par le conseil. « La session se termine honteusement, et laisse la province dans un état déplorable. » — Dépêche annonçant que le roi s’est déterminé à envoyer des commissaires en Canada. — Arrivée du comte de Gosford, gouverneur et commissaire royal, et de Sir Charles Grey, et Sir George Gipps, commissaires. — Sir Francis Bond Head, lieutenant-gouverneur du Haut-Canada. — Convention, ou réunion des membres de la majorité de l’assemblée aux Trois-Rivières. — Ouverture du parlement (27 octobre). — Dans sa réponse, la chambre dit que la grande masse des habitans, sans distinction, regarde l’extension du principe électif au conseil législatif comme essentielle à la prospérité, &c. de la colonie.

1836. Demande de £22,000 pour dépenses contingentes : lord Gosford accède de tout son cœur (cheerfully) à la demande. — Grande division, ou scission, sur la question des subsides, que la majorité ne veut accorder que pour six mois : division de 34 contre 37. — L’association constitutionnelle s’annonce comme approbatrice de l’annexion de l’ile de Mont-réal et du comté de Vaudreuil au Canada Supérieur : le Doric Club se déclare opposé à cette annexion. — Réponse pertinente du gouverneur à la demande à lui faite par la majorité de l’assemblée de destituer le juge Gale. — Clôture de la session par une harangue, dans laquelle lord Gosford dit à la chambre d’assemblée : « Je regrette sincèrement que les offres de paix et de conciliation que j’étais chargé d’apporter à ce pays, n’aient pas conduit au résultat que j’avais espéré. Je n’ôse prédire les conséquences de leur rejet, et des demandes qui ont été faites à sa Majesté. C’est aux autorités de la Grande-Bretagne à déterminer quelles mesures il convient d’adopter pour remédier aux difficultés auxquelles la province a été réduite. » — Difficultés de Sir F. B. Head avec son conseil exécutif et la chambre d’assemblée. — Publication des débats du parlement britannique sur les affaires du Canada : lord John Russell y dit : « L’octroi des demandes de la chambre d’assemblée tendrait à créer dans la colonie un pouvoir absolument indépendant de la couronne, et subversif de son autorité… Suivant le plan que l’assemblée veut voir établir en Canada, si un sujet britannique était opprimé sur les bords du Saint-Laurent, le roi d’Angleterre aurait moins de pouvoir pour intervenir en sa faveur, que s’il eût été opprimé sur les bords du Danube ou du Bosphore. » — Au mois d’avril, les habitans du comté des deux Montagnes sont invités à s’assembler par un avis public où il est dit, que « le gouverneur a violé les droits les plus sacrés du peuple, et que les vues du gouvernement britannique n’ont pas cessé d’être oppressives et tyranniques ». — On fait désapprouver M. de Bleury, au comté de Richelieu, pour avoir voté avec la minorité pour l’octroi des subsides. — La chambre d’assemblée du Haut-Canada refuse les subsides. — Sir John Colborne commandant en chef en Canada, &c. — Élections dans le Haut-Canada, favorables à l’administration. — Ouverture du parlement (23 septembre.) — M. Morin introduit un bill pour changer l’acte constitutionnel, en autant qu’il regarde le conseil législatif. — La chambre considère l’état de la province. — Dépêche de lord Glenelg. — Dans sa réponse au discours du gouverneur (le 3 octobre), la chambre d’assemblée donne « un conseil législatif électif » comme son ultimatum, une condition sine quâ non, &c., ou, en d’autres termes, se suicide. — Prorogation du parlement (4 octobre). Quelques journalistes anglais argumentent et concluent, du particulier au général, contre la population canadienne et ses institutions. — Le peuple trompé, quant à la politique, par les nominations inconséquentes de lord Gosford. — Licence et violence inouïes de la presse, dans la Minerve, le Vindicator, l’Écho du Pays et le Herald. — Assemblées agitatrices, et harangues inflammatoires, dans le district de Montréal : on y recommande, entre autres choses, le commerce de contrebande, et l’usage du whiskey, pour tarir les sources du revenu provincial. — Le « Comité Central et permanent ». — Proscription du Canadien dans le district de Mont-réal. — Une partie du comté des deux Montagnes se met en état de résistance : voies de fait. — Coupable inertie, ou étrange position du gouvernement : il laisse publier impunément dans le Vindicator, & c., des plans d’insurrection, ou de campagne : à tort, pourtant, aurait-on accusé lord Gosford de machiavélisme, ou de vouloir, dans un but sinistre, laisser quelques Canadiens compromettre, de plus en plus, leurs compatriotes. — Proclamation tardive de lord Gosford. — Carabiniers volontaires, désavoués. — Destitutions. — Systême d’intimidation dans quelques parties du district de Mont-réal, pour faire renvoyer les commissions. — Grandes assemblées, à Mont-réal, à Québec, et ailleurs, contre les assemblées, harangues et résolutions dites par les uns patriotiques, et par les autres, révolutionnaires. — « Association des Fils de la Liberté » : ils paradent et s’exercent, à la face des autorités. — « Grande assemblée des six comtés » : « on y plante l’arbre de la liberté », (le 23 octobre). Ce qui s’en suivit déplorablement est connu de tout le monde.