Identification anthropométrique, instructions signalétiques/80

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ANNEXE

LA PHOTOGRAPHIE JUDICIAIRE

Considérations générales. — Les observations anthropométriques, corroborées par le relevé des marques particulières et accessoirement par les renseignements descriptifs du visage, suffisent amplement pour assurer l’identification de tout individu qui, mesuré une première fois à l’âge adulte, viendrait à être arrêté et remesuré ultérieurement, quel que soit le nombre des années qui puissent séparer les deux opérations.

Mais il ne saurait en être de même lorsque le signalement initial a été relevé sur un sujet âgé de moins de vingt ans.

L’adjonction du portrait photographique au signalement devient alors d’autant plus nécessaire que l’on désire faire remonter la recherche d’identité plus haut vers l’enfance.

On doit admettre comme règle qu’il est difficile de poursuivre une vérification dans les archives anthropométriques en deçà de la vingt et unième année d’âge, et absolument impossible en deçà de la dix-huitième année, sans l’aide d’une photographie de profil côté droit.

Et encore est-il désirable que la photographie adjointe au signalement se rapproche autant que possible du type uniforme bien défini, adopté, sur mes indications, pour les archives centrales du service d’identification.

C’est à l’exposé des règles définissant ce type de portrait que cette annexe est consacrée. Le photographe de profession ou le simple amateur qui consentiront à en observer les prescriptions, arriveront le plus aisément du monde à le réaliser.

Si des raisons spéciales, et notamment l’indocilité du sujet, en empêchaient l’observation rigoureuse, disons tout de suite qu’il faudrait concentrer les efforts pour l’obtention d’une épreuve de profil ou de trois-quarts côté droit, reproduisant les détails de l’oreille. Le modelé de l’oreille droite est en effet (avec la couleur de l’iris) le meilleur et même presque le seul élément d’identification qu’offrent les mineurs de moins de dix-huit ans. Un portrait instantané sera d’ailleurs toujours plus aisé à prendre de profil que de face.

A défaut de photographie, on cherchera à prendre un dessin, ou encore un moule ou une empreinte de cette même oreille. Une esquisse, même grossièrement exécutée par une personne peu experte en dessin, mais qui aurait une connaissance suffisamment approfondie des anomalies morphologiques de l’oreille, pourrait encore, à défaut de mieux, suppléer à la photographie.

INSTRUCTIONS TECHNIQUES

1. — Chaque sujet doit être photographié 1° de face et 2° de profil, côté droit, dans les conditions suivantes : a) d’éclairage, h) de réduction, c) de pose et d) de format.

a) Éclairage.

2. — La pose de face est éclairée par un jour venant de gauche, par rapport au sujet, la moitié droite restant dans une ombre relative.

3. — La pose de profil est éclairée par un jour tombant perpendiculairement à la figure du sujet.

b) Réduction.

4. — L’échelle de réduction adoptée pour le portrait judiciaire de face comme pour celui de profil est d’un septième. Autrement dit, le numéro de l’objectif doit être choisi de telle sorte, et la distance qui sépare l’objectif de la chaise de pose ménagée de telle façon qu’une longueur de 28 centimètres passant verticalement par l’angle externe de l’œil gauche du sujet à photographier donne sur le cliché une image réduite à 4 centimètres, à un millimètre près en plus ou en moins (4 × 7 = 28).

5. — C’est sur l’angle externe de l’œil gauche que doit être établie la mise au point de l’appareil pour la photographie de face, tandis que pour celle de profil on prendra l’angle externe de l’œil droit, ces deux parties correspondant respectivement à l’emplacement médian le plus éclairé de chaque pose.

6. — Pour trouver rapidement la position relative de la chaise et de l’appareil qui détermine cette échelle de portrait, « faire asseoir un sujet de bonne volonté et de corpulence moyenne sur la chaise de pose, face à l’appareil et bien carrément, en lui faisant maintenir verticalement, dans le plan de sa face, contre l’angle externe de l’œil gauche, une réglette de bois mince sur laquelle on aura eu soin de coller au préalable une bande de papier blanc de 28 centimètres. Le photographe, d’autre part, tenant à la main une carte de bristol de 4 centimètres de largeur, éloignera ou rapprochera son appareil jusqu’à ce que les 28 centimètres de la réglette donnent sur la glace dépolie de la chambre noire une image réduite à 4 centimètres, comme il pourra s’en assurer facilement en y superposant sa carte de bristol[1].

7. — Il suffirait, pour éviter les tâtonnements dans les séances ultérieures, de fixer une fois pour toutes sur le plancher de l’atelier deux petits tasseaux qui permettraient de replacer immédiatement la chaise et l’appareil dans leurs positions respectives.

c) Pose.

8. — Il est absolument indispensable que les deux poses des photographies judiciaires pour identification soient prises le sujet étant tête nue.

9. — Si pour des raisons particulières à l’instruction de l’affaire, il était nécessaire que le sujet fût également photographié le chapeau sur la tête, cette dernière pose devrait faire l’objet d’un troisième portrait qu’il y aurait alors tout avantage à prendre en pied, conformément aux prescriptions qui seront données paragraphe 25.

10. — Veiller, pour la pose de face comme pour celle de profil, à ce que le sujet soit assis bien carrément, les épaules autant que possible à la même hauteur, la tête reposant contre l’appui-tête, le regard horizontal, dirigé droit devant soi.

11. — Pour la pose de face les yeux du sujet devront être amenés à se fixer sur l’objectif, ce qui généralement ne soulèvera aucune difficulté. Pour celle de profil on évitera un déplacement très fréquent des yeux sur le côté, dans la direction de l’opérateur, en invitant le sujet à regarder une cible, ou mieux une glace, qui sera placée dans le sens du profil aussi loin que la largeur de l’atelier le permettra et à la même hauteur que l’objectif, c’est-à-dire à environ 1 m. 20 au-dessus du sol.

12. — Mise en plaque de l’image. L’acte de « plonger » comme celui de faire « lever le nez » à l’objectif sont formellement interdits.

L’axe optique de l’objectif devant toujours rester horizontal et le plan du verre dépoli ou de la plaque sensible vertical, la mise en plaque ne peut être réglée que par le déplacement vertical de l’appareil optique effectué à l’aide de la manivelle du pied de la chambre.

L’image du sommet de la tête doit être ainsi amenée, pour être convenablement en plaque, à 35 millimètres en dessous du centre de la plaque, ce qui ne laisse qu’un centimètre de ciel au-dessus de l’image, étant donné le format 9/13 employé.

13. — En outre, il est grandement recommandé, avant de régler la mise en plaque, de décentrer l’objectif de 18 millimètres vers le bas, de façon que l’axe optique de l’appareil passe approximativement par le milieu de l’emplacement de 35 millimètres réservé à la figure. Ce décentrement a comme conséquence d’amener forcément l’objectif à se placer à la hauteur des yeux du sujet, c’est-à-dire dans la position ordinaire de la vision humaine.

14. — Pour la pose de profil, tourner la chaise de droite à gauche de 90°.

Placer le sujet complètement de profil, de façon que, vus de l’appareil, la tête comme le corps et le haut du dossier de la chaise apparaissent entièrement de côté.

15. — Avant de passer à l’exécution proprement dite du portrait de profil, avoir soin de vérifier et de rectifier, si nécessaire, le chiffre de la réduction, laquelle doit alors être réglée, comme il a été dit plus haut, sur le plan vertical passant par l’angle externe de l’œil droit.

La chaise de pose spéciale, qui sera décrite plus loin, rend ces vérifications préliminaires inutiles en permettant de régler une fois pour toutes l’échelle de réduction des deux poses et la mise en plaque latérale.

16. — L’intérêt du profil résidant en partie dans l’indication de l’inclinaison du front, ou devra veiller à ce que le détenu relève les mèches de cheveux qui lui voileraient le front.

17. — Les oreilles devront toujours être dégagées de la chevelure, sur le profil comme sur la face.

Pour obtenir ce résultat sur certaines chevelures incultes et rétives, il sera quelquefois nécessaire d’assujettir les cheveux, soit avec une ficelle, soit avec un élastique (pour la pose de profil seulement).

18. — Les photographies de profil où le contour de l’oreille n’apparaîtrait pas en entier, devront être refaites.

d) Format et collage des épreuves.

19. — Les épreuves doivent être coupées à 8 millimètres environ au-dessus des cheveux et collées sur une fiche de bristol, le profil à gauche et la face à droite. On laissera au buste toute la hauteur que comportera le cliché, soit entre 8 et 9 centimètres et l’on ne rognera rien sur la largeur des épaules des photographies de face.

20. — En se servant d’un multiplicateur approprié, les deux poses peuvent être groupées sur le même cliché 9/13, obtenu en coupant un cliché 13/18 en deux. Sur les 130 millimètres de base, en consacrer 72 à la face, et 58 au profil.

Observations d’ordre général.

21. — Les clichés ne devront être l’objet d’aucune espèce de retouche, à l’exception des trous ou piqûres dans la gélatine qui donneraient sur l’épreuve des taches noires imitant un grain de beauté ou une cicatrice. L’acte d’embellir et de rajeunir l’image, en effaçant sur le cliché les rides, cicatrices et accidents de la peau, est rigoureusement interdit.

22. — Au service photographique de la Préfecture de police, pour éviter les confusions dans la transcription des états civils et pour faciliter le classement ultérieur des clichés, on attribue à chacun d’eux un numéro d’ordre provisoire, suivant le rang d’inscription du sujet sur la liste quotidienne des photographies à recueillir. Les numéros imprimés sur des étiquettes mobiles de 3 centimètres de côté environ, sont glissés successivement dans une pochette placée en haut du dossier de la chaise vue de côté.

23. — Cette indication reproduite sur le cliché par la photographie elle-même, permet, en se reportant à la liste du jour, de retrouver immédiatement le nom du sujet que l’on inscrit alors en écriture renversée sur la gélatine en dessous du profil. Immédiatement après est portée la date de confection du cliché, formulée en chiffres dans l’ordre habituellement suivi : jour, mois, année. Enfin, plus loin, vers la droite, sous le portrait de face, est gravé de la même façon le numéro d’ordre général qui déterminera l’emplacement définitif de chaque cliché dans les archives[2].

Portraits en pied.

24. — Les photographies en pied qui sont d’un emploi très limité dans les enquêtes judiciaires, ne doivent être faites que sur la demande expresse de l’Instruction.

25. — Pour ce genre de portrait, le photographe donnera à son sujet une pose plus ou moins de trois quarts, de préférence côté gauche, en s’appliquant avant tout à ne gêner en rien l’allure de l’individu. Dans ce but, il l’invitera, le plus naturellement du monde à se couvrir, et il cherchera ainsi, sans attirer sa méfiance, à lui faire placer son chapeau sur la tête autant que possible de la même façon qu’il le porte d’habitude. Puis il déposera à côté de son sujet quelques accessoires appropriés à sa condition sociale et choisis en vue de donner par comparaison une idée de sa taille, comme par exemple un bureau, une table de café, une chaise, etc.

26. — La réduction à observer sera de 1/21 pour le format 9/13 ou de 1/14 pour les cas très rares où l’on aurait recours au format album.

27. — Quelles que soient la pose et la réduction employées, une rubrique spéciale doit toujours en rappeler le chiffre, soit à côté, soit au verso de l’épreuve.

Chaise de pose spéciale[3] assurant mécaniquement l’uniformité de la réduction entre les photographies de face et celles de profil

Considérations théoriques.

Les dimensions du siège (largeur 25 centimètres, profondeur 25 centimètres, plus 2 centimètres de concavité de dossier) sont intentionnellement très exiguës de façon à laisser au sujet le moins de latitude possible dans la façon de s’asseoir, et de le forcer à se placer de lui-même rigoureusement la colonne vertébrale appuyée au milieu du dossier. Dans le même but, une bordure en saillie, légèrement tranchante, entoure les côtés du siège et l’amène instinctivement à rectifier son assiette, si un premier mouvement l’a fait asseoir quelque peu de travers. Enfin, dernière précaution, une flèche métallique incrustée sur le milieu du bord supérieur du dossier, permet à l’opérateur photographe, en même temps qu’il ajuste l’appui-tête, de vérifier d’un coup d’œil si le milieu du dos de son sujet, indiqué par la couture dorsale du vêtement, coïncide avec le plan médian de la chaise. Dans la négative, plutôt que d’essayer une rectification de position par un déplacement latéral plus ou moins forcé du corps, il invite son sujet à se lever et puis immédiatement après à se rasseoir bien carrément.

Il est de toute évidence que dans ces conditions, une fois l’axe optique de l’appareil braqué perpendiculairement sur le milieu de la chaise, tout sujet qui vient s’y asseoir peut être immédiatement photographié de face sans avoir à faire « de mise en plaque » latéralement. La seule adaptation individuelle qui reste à effectuer est de régler la hauteur de l’objectif proportionnellement à celle du buste du sujet.

Le chiffre de la réduction pour un même objectif dépendant uniquement de la distance qui sépare l’appareil de l’objet à reproduire, l’immobilité du siège a comme conséquence d’assurer en même temps l’uniformité de l’échelle.

Cette dernière est établie et réglée une fois pour toutes d’après les considérations anthropométriques que nous allons exposer.

Rappelons d’abord que l’échelle de réduction doit être calculée sur le plan parallèle à la glace sensible qui passerait à travers l’objet choisi pour régler la mise au point de l’image, et que l’emplacement prescrit pour cette opération, en ce qui regarde le portrait de face, est l’angle externe de l’œil gauche (§§ 4 et 5, page 130).

Or, des mensurations précises répétées sur une trentaine de sujets de corpulence diverse nous ont permis de fixer à 19 centimètres la distance moyenne qui séparait l’angle de l’œil du dos de la chaise.

La détermination de cette donnée anthropométrique nous met à même de régler la réduction d’une façon uniforme et en quelque sorte impersonnelle. Il est évident qu’il sera beaucoup plus exact et plus simple de remplacer « la réglette de 28 centimètres tenue à la main par un sujet de bonne volonté et de complexion moyenne » (§ 6) par une tige plus grande, maintenue verticalement à 19 centimètres en avant du dossier. L’évaluation de la réduction échappera de cette façon aux causes d’erreur provenant des différences de complexion individuelle qui autrement, suivant les sujets, faisaient plus ou moins avancer la réglette. Enfin elle sera d’autant plus exacte qu’elle pourra pratiquement porter sur une tige plus longue.

Après l’examen des conditions qui règlent mécaniquement la mise en plaque et la réduction des portraits de face, passons à l’étude des portraits de profil.

Les instructions prescrivent de mettre ces derniers au point sur l’angle externe de l’œil droit. Or nous pouvons supposer, par raison de symétrie, que le portrait de face a été lui-même mis au point de ce côté. Si les instructions ont désigné pour cette pose l’œil gauche, la cause en est à la direction prescrite pour l’éclairage qui doit laisser l’œil droit dans l’ombre. Mais il est évident que toute image de pleine face mise au point sur l’œil gauche le sera en même temps sur l’œil droit, et que ce dernier emplacement pourrait être regardé comme étant l’axe unique de mise au point des deux poses.

La conclusion de cette pétition de principe est qu’il suffirait en théorie, pour passer rapidement de la pose de face à celle de profil, côté droit, sans avoir à déranger ni objectif, ni mise au point, ni par suite réduction, de faire pivoter la chaise et le sujet de 90° en prenant comme axe de rotation la verticale passant par l’angle externe de l’œil droit.

Rien de plus facile à déterminer que l’emplacement de la projection de ce point sur le siège. D’abord, il va de soi que, par définition, il doit être contenu dans le plan de mise au point qui passe par les deux yeux et qui est distant, avons-nous dit, de 19 centimètres du dossier de la chaise. D’autre part, chacun peut constater que l’intervalle qui sépare l’angle externe de l’œil de la ligne médiane (ou plus précisément de la racine du nez) est égal à environ 5 centimètres et que cette dimension varie fort peu d’un individu à un autre.

En conséquence, la position de la projection verticale de l’angle externe de l’œil sur la surface horizontale du siège sera déterminée géométriquement par l’intersection de la parallèle menée à 19 centimètres du fond du dossier de la chaise avec celle menée à 5 centimètres à droite de sa ligne médiane.

Néanmoins si, passant de la théorie à la pratique, nous cherchions à exécuter un portrait de profil consécutivement à une pose de face, en faisant tourner notre chaise rigoureusement sur cet axe, nous constaterions ce fait, facilement explicable d’ailleurs, que la nouvelle image obtenue, tout en continuant à être au point, cesserait d’être « en plaque », et que le dos et une partie du derrière de la tête du profil sortirait du cadre du verre dépoli. D’où la nécessité, si l’on veut arriver à conserver à l’objectif l’immobilité indispensable, après avoir tourné la chaise de 90°, de la pousser en avant, d’une quantité que l’expérience montre être de 16 centimètres[4].

Ce double mouvement, rotation de 90° et avancement de 16 centimètres, peut être combiné et exécuté simultanément en plaçant l’axe de rotation excentriquement.

Une construction géométrique très simple donne la solution de ce problème élémentaire de mécanique.

Une autre conséquence de l’immobilité de l’appareil optique combinée avec la fixité assurée géométriquement de l’axe de rotation de la chaise, est que cette dernière vient à chaque pose se profiler aux mêmes places sur le verre dépoli et sur la glace sensible.

Cette particularité a été mise à profit, comme on a vu paragraphe 22, pour fixer sur le haut du dossier la pochette métallique destinée à contenir le numéro d’ordre de chaque cliché, qui se trouve ainsi poinçonné régulièrement et mécaniquement au bas et à droite de l’image de profil. On arriverait facilement, en allongeant quelque peu l’étiquette en hauteur, à lui faire contenir, en outre, le nom du sujet et la date de confection de la photographie. Mais cette disposition qui éviterait l’inscription en écriture renversée, déparerait quelque peu l’image de profil.

Enfin le profil du dossier, dont la hauteur a été fixée à 95 centimètres, porte une graduation centimétrique décroissante de haut en bas qui a été ménagée de telle sorte qu’elle permet de reconstituer sur l’épreuve photographique la hauteur de buste du sujet photographié.

Ce renseignement est indiqué par le trait noir tracé photographiquement sur la gélatine en travers l’image de la graduation du dossier, au moyen d’une aiguille fixée sur le châssis négatif à 74 millimètres au-dessus du bord intérieur du cliché.

Cette mensuration mécanique du buste doit coïncider à 1 centimètre en plus ou en moins avec celle résultant de l’observation anthropométrique directe. — Une divergence notablement plus grande vient-elle à se produire, on devra en conclure soit à une erreur de la part des agents anthropomètres, soit beaucoup plus vraisemblablement à une permutation dans le numéro mobile du dossier, ou dans les noms et inscriptions gravés ultérieurement sur la gélatine. Il y a donc là un précieux moyen de vérifier l’exactitude de l’adaptation du nom, du signalement et de la photographie à l’individu qui en a fait réellement l’objet.

A la chaise de pose est adjointe une glace sur laquelle le sujet doit fixer les yeux pendant la pose de profil. Pour faciliter son installation rapide en tout endroit elle est portée sur une tige de 1 m. 50.

Mais le but principal de cet accessoire, appelé abréviativement porte-mire, est de faciliter à l’opérateur photographe la pose rigoureusement de profil de son sujet. Il lui suffit pour ce faire de se placer derrière se dernier, et, en même temps qu’il ajuste son appui-tête, de lui disposer la figure de façon que l’image réfléchie par la glace, lui apparaisse complètement et régulièrement de face. Il sera alors assuré, sans autre vérification, qu’elle apparaîtra par cela même tout aussi rigoureusement de profil par rapport à l’axe optique de l’objectif.

Cette tige sert en outre de support (sur la ligne verticale passant par le milieu de son verso) à un étalon de 49 centimètres de haut, délimité par deux filets horizontaux et deux lignes médianes, se coupant à angle droit, qui permettent de régler la mise en plaque et la réduction sans avoir besoin d’un aide pour maintenir la réglette-étalon.

Les prescriptions suivantes résument le maniement de l’appareil optique, de la chaise de pose et de ses divers accessoires. Elles doivent être reproduites en double exemplaire collé tête-bêche au verso des porte-mire livrés par le fabricant conformément à nos modèles.

Elles sont combinées de façon à régler tous les dispositifs préliminaires d’une photographie hors de la vue du détenu et avant son introduction dans la salle de pose, avantage qui n’est pas à dédaigner pour le succès final de l’opération.

Instructions pratiques pour l’installation et le maniement de la chaise de pose.

Parallèlement à la cloison vitrée qui éclaire l’atelier, tracer à la craie, sur le sol, une ligne droite d’environ 4 mètres.

a) Placer la chaise de pose, en vue de la photographie de face, de façon que la lumière l’éclairé du côté gauche, la projection de la ligne médiane sur la planchette échancrée qui lui sert de socle, étant elle-même exactement superposée à la ligne droite de 4 mètres prescrite ci-dessus.

b) Disposer le porte-mire verticalement sur cette chaise, la glace tournée du côté du dossier et l’intervalle-étalon de 49 centimètres regardant l’objectif, en s’arrangeant de façon à ce que les deux clous qui traversent le pied du porte-mire, entrent dans les trous correspondants du siège.

c) Tracer au crayon sur un verre dépoli, placé momentanément dans un châssis négatif, deux axes médians, l’un horizontal, l’autre vertical ; mesurer bien exactement sur ce dernier une longueur de 35 millimètres au-dessus du centre du verre, et une autre de même dimension au-dessous, et délimiter l’intervalle vertical de 7 centimètres ainsi obtenu au moyen de deux traits horizontaux de 1 à 2 centimètres de long.

d) Disposer horizontalement l’axe optique de l’appareil (que l’on aura eu soin préalablement de décentrer de 18 millimètres vers le bas), l’amener à la hauteur du milieu de la moitié supérieure de l’intervalle-étalon, c’est-à-dire à environ 1 m. 20 au-dessus du sol et le placer perpendiculairement à cette surface de telle sorte que l’image du point central, déterminé par la rencontre des deux lignes médianes tracées sur l’intervalle-étalon, coïncide avec le centre du verre dépoli.

e) Se placer derrière le verre dépoli, et éloigner ou rapprocher l’appareil (et, si nécessaire, la chaise), en suivant le trait tracé sur le sol, c’est-à-dire en maintenant la perpendicularité de l’axe optique au porte-mire, jusqu’à ce que les 49 centimètres de l’étalon donnent sur le verre dépoli de la chambre noire une image se superposant exactement à l’intervalle vertical de 7 centimètres délimité paragraphe c.

f) Régler conjointement la mise au point de cette image ici même, au milieu de l’exemplaire de la présente notice collée intentionnellement à l’envers sur la moitié supérieure de l’étalon de 49 centimètres.

g) Immobiliser la planchette échancrée de la chaise au moyen de quatre clous entrant à frottement dur dans le plancher, et faire de même pour les pieds de l’appareil optique au moyen des écrous spéciaux dont il est pourvu.

h) Retirer le porte-mire de dessus la chaise et le placer du côté de l’arrivée de la lumière, la glace exactement vis-à-vis le milieu de la chaise tournée dans la position qu’elle devra occuper durant la pose de profil.

i) Faire asseoir son sujet sur la chaise de pose et procéder à la prise du portrait de face conformément aux prescriptions générales : l’axe de l’appareil optique conservant son horizontalité[5] sera, suivant la hauteur de buste du sujet, haussé ou abaissé jusqu’à ce que le sommet de l’image de la tête affleure le trait horizontal de 2 centimètres de long, tracé sur le verre dépoli, conformément au paragraphe c, à 35 millimètres en-dessous du centre de la plaque.

j) Faire lever le sujet, tourner la chaise de 90° dans le sens de droite à gauche, en la soulevant légèrement et tout en veillant à ce que la tige verticale ne sorte pas de son cône ; faire asseoir son sujet, dans le nouveau sens de la chaise, en l’invitant à se regarder dans la glace du porte-mire et procéder à la prise du portrait de profil, sans déplacer en quoi que ce soit l’appareil optique latéralement, mais en le haussant ou en l’abaissant quelque peu, si nécessaire, de façon que l’image de profil vienne se projeter rigoureusement sur le verre dépoli au même niveau que celle de face.

k) Remarque. — Il peut arriver, chez des sujets très voûtés ou très obèses, que le portrait de profil ainsi recueilli soit trop porté en avant et sorte de la plaque. En pareil cas, faire relever la tête du sujet jusqu’à ce que cette dernière réapparaisse dans le cadre, dût-il en résulter une position un peu forcée qui ne saurait altérer d’ailleurs ni le modelé de l’oreille, ni la ligne de la silhouette.

  1. Voici la solution théorique de la même question : on sait que l’intervalle entre le diaphragme et l’objet, ou plus exactement, entre le centre de l’objectif et la partie de l’objet choisie pour la mise au point, est égale à la longueur focale de l’objectif employé multipliée par le chiffre de réduction augmenté d’une unité.

    A ce compte, en supposant à un objectif la longueur focale de 32 centimètres, par exemple, la distance qui devra séparer son diaphragme de l’angle externe de l’œil sera égale à 2 m. 56 (0,32 × 8 =2,56).

  2. Le docteur Lande, professeur de médecine légale, adjoint au maire de Bordeaux, qui a présidé en cette ville à l’organisation d’un service d’anthropométrie municipale, a ingénieusement remplacé l’inscription sur les clichés en écriture renversée (qui n’est pas sans nécessiter quelque apprentissage) par une inscription directe sur une bande de papier pelure qui est ensuite retournée et collée sur la gélatine. Le résultat obtenu est excellent, sinon meilleur qu’avec l’écriture directe.
  3. Grâce à la simplification de manœuvre procurée par cette chaise, c’est le même agent qui chaque jour, dans l’espace de deux heures et sans aide d’aucune sorte, arrive à recueillir, dans les conditions les plus rigoureuses d’uniformité, cinquante à quatre-vingts clichés, chacun de deux poses juxtaposées.
  4. L’avancement de 16 centimètres permet d’opérer avec n’importe quelle chambre et châssis. — L’appareil spécial complet, tel qu’il est livré par notre constructeur, arrive à une mise en plaque et principalement à un point de vue plus juste en réduisant l’avancement à 5 centimètres et en plaçant en conséquence le cran d’arrêt du chassis.
  5. Les appareils spécialement construits pour photographie judiciaire sont décentrés de la quantité prescrite et disposés de façon à être toujours horizontaux. Enfin ils sont munis supérieurement d’une espèce de grand viseur, à forme extérieure de télescope, qui permet de régler directement la mise en plaque en hauteur sans avoir recours au chassis-dépoli ordinaire.