Impressions d’une femme au salon de 1859/08

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A. Bourdilliat et Cie, éditeurs (p. 113-128).


VIII

COROT. — TROYON. — COMPTE-CALIX. — THÉODORE ROUSSEAU. — PAUL FLANDRIN. — ACHARD. — ALIGNY. — DE KNYFF. — FRANÇAIS. — FLERS. — JUSTIN OUVRIÉ. — ANASTASI. — BELLY. — BELLEL. — TOURNEMINE. — BERCHÈRE. — CABAT. — DAUBIGNY. — JEANRON. — ZIEM. — BRENDEL. — ROBBE. — VERLAT. — JOSEPH STEVENS. — PHILIPPE ROUSSEAU. — JADIN. — PALIZZI. — SAINT-JEAN. — LAYS.


La nature est une séduisante et loyale maîtresse, qui ne se rend qu’aux preuves d’une passion véritable, et récompense toujours de quelque don précieux les soupirants dont elle se sent ardemment aimée, et à ceux-là seuls elle se laisse connaître, elle leur ouvre ses trésors. Elle devient leur guide, et les préserve de tous les pas dangereux. Bien plus ! elle leur transmet un talisman à l’aide duquel ils se reconnaissent entre eux et se rendent invisibles au vulgaire. L’éclat en est si perçant aux yeux doués de la faculté d’y être accessibles, qu’ils savent le découvrir partout. Dame nature a fait un cadeau de ce genre à l’un de ses amants les plus passionnés, à Corot. Corot a le talisman.

Ce qui fait que l’on admire Corot après avoir aimé ses tableaux, c’est sa constance dans son système, sa persévérance dans son originalité. Corot a su se garder de tous les entraînements, il a vu passer sans émotion, sans modifier ses croyances, tous les engouements de la mode, tous les caprices, tous les excès des écoles ; jamais il n’a cédé à la faiblesse de se dire :

— Voilà ce qui plaît, voilà la fantaisie du jour ! Essayons.

Corot est plus qu’un talent, c’est un caractère. Le mot est plus juste qu’on ne croit. Corot n’a jamais cessé d’être lui. Bel exemple et austère leçon ! Pour se maintenir ainsi, il lui a fallu une grande certitude de lui-même, une grande solidité de conviction. Lorsque les sensations viennent chuchoter à notre oreille, il faut avoir au fond de bonnes raisons pour répéter leurs sophismes. C’est parce que Ingres, Delacroix, Decamps, Corot sont des caractères, qu’ils sont restés de grands artistes. Le doute, l’hésitation, l’apostasie de soi-même ont fait dégénérer tant de peintres qui ont fleuri un jour pour se flétrir le lendemain !

Corot a eu cette chance qui manque à tant d’artistes, et qui lui a rendu plus facile cette persévérance méritoire : il avait de quoi vivre lorsqu’il a commencé, et il n’attendait pas après le prix de son tableau pour payer son boulanger. Quand on a de quoi vivre, on n’a pas besoin de flatter les goûts du public. On travaille et on attend. Corot avait de deux à trois mille francs de rente quand il a commencé, à une époque où un atelier coûtait cent écus de loyer ; Delacroix avait de quoi vivre. Decamps a débuté avec douze mille francs de rente.

Il est certain que cela fait quelque chose. « Pauvreté empêche les bons esprits de parvenir, » a dit Bernard Palissy. Néanmoins il s’en faut de beaucoup que tous ceux qui ont de la fortune aient du caractère.

Troyon est aussi un caractère. Depuis que je vois de ses tableaux, il marche dans la même voie.

Troyon est arrivé à avoir tout son talent, avant d’avoir toute sa réputation. Il y a dix ans, il faisait à peu près aussi bien qu’aujourd’hui, et, il y a dix ans, il était loin d’être connu.

Il y a quelques jours, dans un dîner d’artistes et de gens de lettres, on raconta à ce sujet une anecdote qui me paraît curieuse et significative ; un de mes amis qui assistait à ce dîner me l’a répétée. Permettez-moi de vous la redire à mon tour : elle est instructive.

Cette anecdote commence en 1849, elle n’est pas classique, elle se passe de l’unité de temps.

En 1849, Troyon avait exposé un grand tableau, et notamment un grand paysage dans le genre de celui qui est au Salon de 1859.

Parmi les membres de l’Assemblée nationale, un de ceux qui avaient le caractère le plus énergique était M. Bonte-Pollet, ancien commerçant et maire de Lille. Pour donner une idée de son caractère, un jour d’émeute à Lille, il dispersa à lui seul les rassemblements dont la force armée n’avait pas eu raison. Comment s’y prît-il ? Il tomba tout simplement sur les émeutiers à grands coups de parapluie.

M. Bonte-Pollet était très-lié avec M. Jeanron, qui était alors à la direction des beaux-arts et qui avait rendu des services au musée de Lille. Il l’aimait beaucoup et s’en rapportait à lui pour toutes les questions d’art. Un jour M. Bonte-Pollet entre chez Jeanron : c’était pendant l’exposition.

— Bonjour, lui dit-il. Ton ministre me donne à choisir à l’exposition un tableau de 4,000 francs, je m’en rapporte à toi ; tu vas me choisir cela.

— Je vous le choisirai, dit M. Jeanron.

M. Jeanron examina et choisit le tableau de Troyon. Il ne connaissait pas l’artiste particulièrement : le désir de lui être agréable plutôt qu’à un autre n’entra pour rien dans son choix. Il se décida tout simplement en sa faveur parce que son grand paysage lui avait paru très-beau. Le tableau fut acheté et payé.

À quelques jours de là, M. Bonte-Pollet monte chez M. Jeanron. Il arrive tout essoufflé d’avoir escaladé les quatre étages ; il entre, s’assied, prend la pose du portrait de M. Bertin de Vaux, fronce le sourcil et s’écrie :

— Sais-tu que tu m’as joué un vilain tour ?

— Comment cela ?

— C’est très-mal, entends-tu ! et je ne m’attendais pas à cela de ta part.

— Mais de quoi s’agit-il ?

— Tiens, vois-tu, veux-tu que je te le dise ? tu as fait du triffouillage. Ah ! c’est indigne !

— Mais enfin, parlerez-vous ? De quoi s’agit-il ?

— Il s’agit du tableau que tu nous as flanqué ; c’est détestable, le tableau de ton M. Trouillon. Personne ne le connaît, ton Troullion.

— D’abord il s’appelle Troyon, et non pas Trouillon ; ensuite, son tableau est excellent.

— Laisse-moi donc tranquille ; il est détestable. J’en ai parlé à plusieurs de mes collègues, et personne ne le connaît ton Trouillon.

— Comment, personne ?

M. Odilon Barrot, par exemple, tu le connais bien ?

— Certainement.

— En voilà un qui s’y connaît, n’est-ce pas ? Eh bien, il ne connaît pas ton Trouillon.

— Laissez donc.

— J’en ai parlé à Lasteyrie, en voilà un qui s’y connaît aussi peut-être… Eh bien, il ne connaît pas ton Trouillon.

— Laissez donc !

— Et David d’Angers ?… En voilà un qui s’y connaît un peu, hein… un peintre ?

— David d’Angers n’est pas un peintre, c’est un sculpteur.

— Ça ne fait rien… il ne connaît pas ton Trouillon, personne ne connaît ton Trouillon.

M. Jeanron eut beau dire, M. Bonte-Pollet ne voulut rien entendre. Il était exaspéré, il ne pouvait digérer le Trouillon. Enfin, pour le calmer, M. Jeanron lui promit de lui faire donner encore un tableau par le ministre, puis il l’obligea à inviter M. Troyon à dîner pour le soir même. M. Bonte-Pollet trouva M. Troyon un homme très-intelligent, mais lappela toujours Trouillon, et ne pardonna pas à M. Jeanron d’avoir choisi son tableau. M. Jeanron lui en fit avoir un autre pour le consoler, et le tableau de Trouilion passa par-dessus le marché.

Dernièrement, M. Bonte-Pollet vient à Paris, et arrive chez M. Jeanron. Il lui parle de Lille, du musée de Lille ; il lui rappelle les services rendus par lui à ce musée, les tableaux qu’il lui a fait avoir, notamment en 1849, et il s’écrie :

— Sais-tu pour combien tu nous en as fichu alors ?

— Non ; pour combien ?

— Eh bien, tu nous en as fichu pour quarante mille francs.

— Comment ! pour quarante mille francs ?

— Mais certainement ; tu nous as fichu tout simplement le plus beau tableau des temps modernes ; le tableau de Troiyion, fit-il en exagérant ce nom dont il avait plein la bouche.

— Vraiment ?

— Oui, mon vieux ! quarante mille francs ! il vaut quarante mille francs ce tableau de Troiyion, quarante mille francs !

— Et je n’ai donc pas fait de trifouillages ?

— Allons donc ! Je ne savais pas ce que je disais… Mais que veux-tu… alors personne ne le connaissait…

— Tandis qu’aujourd’hui…

— Aujourd’hui il a fait fortune.

En effet, aujourd’hui Troyon est arrivé à être le premier des peintres d’animaux, bien qu’il ne soit pas aussi étudié, aussi sincère de forme que Rosa Bonheur. Mais on aime sa peinture robuste et saine, sa couleur vigoureuse, l’air qui circule dans ses paysages, son aspect clair, sa touche ferme, la conscience avec laquelle l’impression est rendue, toutes ces grandes qualités qui font oublier que l’on voudrait parfois un peu plus de distinction dans le ton, un peu plus de correction dans le dessin.

Au Salon, il y a les paysages paysans, ceux qui sentent le foin coupé, comme ceux de M. Troyon. Il y a aussi les paysages qu’adorent les gens du monde. Un de ces paysages en faveur auprès des belles dames est le Chant du rossignol, par M. Gompte-Galix ; voilà un joli parc et de charmantes femmes, assises au clair de la lune pour écouter le chantre des nuits !

Vous l’avouerai-je ? pour moi, c’est un tableau manqué. Pour peindre le chant du rossignol, il ne fallait pas nous montrer toutes ces femmes en costume Louis XV, assises dans un jardin comme dans une loge à l’Opéra. Le chant du rossignol emporte avec lui l’idée de solitude. Il ne doit pas faire penser, il fait rêver, le chant du rossignol, c’est une des voix de cette musique indéfinie de la nature qui n’inspire que des sentiments inexprimables, qui se compose de la brise qui passe en murmurant des syllabes sans suite, des plaintes de la nuit, des gémissements que le souffle du crépuscule arrache aux plantes, de tous ces mots mystérieux qui n’ont pas d’orthographe.

Cette musique-là n’a pas affaire aux lois du contre-point ou aux règles de la composition, et cependant quel opéra vous cause une plus vive émotion que ce doux et sublime langage, que ces mélodies délicieuses qui s’élèvent au loin dans la profondeur de la nuit, et semblent continuer et compléter la brise, comme si la rivière respirait un peu plus fort, comme si les étoiles haussaient la voix.

Si dans le paysage nocturne où l’on ne doit pas voir le rossignol, mais l’entendre avec l’œil, le peintre tendit à introduite quelque auditeur, il fallait coucher dans l’ombre une seule figure, une figure de jeune fille, inquiète, effarée, interrogeant la nuit, interrogeant son cœur, comme un de ces livres d’amour furtivement entr’ouverts… sondant son âme et le ciel pour y trouver de douces émotions, des sentiments qu’elle ignore encore ! Bois, jeune fille, cette rosée de l’âme, bois l’amour, bois la vie… tout à coup, au milieu du silence et des douceurs de la nuit, le rossignol chante. Ces accents pénétrants de jeunesse et d’amour l’envahissent tout entière, elle comprend, elle vit, elle aime !… Ah ! c’est un grand séducteur que le rossignol ; on parle de romans… lequel est aussi dangereux que ce poëme de la nature : la solitude, la jeunesse, la nuit, les arbres, l’air pur, le chant du rossignol et le souvenir du jeune homme blond qui a rougi en vous regardant passer ce matin.

Après tout, peut-être, vaut-il mieux, comme le croit M. Compte-Calix, causer de l’opéra nouveau et de la dernière mode en écoutant le rossignol que de se livrer à ces dangereuses rêveries.

Voilà une peinture franche, saine, robuste comme la nature, vraie comme la lumière ; ce sont les paysages de Théodore Rousseau. Vous pouvez les regarder, ceux-là, sans être induit en tentation. Voilà qui est vigoureux, élégant et sincère ; voilà ce que j’appelle la poésie de l’effet, voilà un peintre qui aime la nature et qui sait lire dans sa physionomie ; voilà un poëte qui sait comprendre les sourires du ciel, les passions des arbres, la mélancolie de la terre, les palpitations de la rivière ; voilà un artiste qui, avec toute la sincérité de son cœur, avec toute la naïveté poétique de son talent, sait voir la nature, l’exprimer comme il la voit, et nous en faire connaître le caractère par l’aspect saisissant, irrésistible, touchant de son tableau ; Rousseau est le Ruysdael de la forêt de Fontainebleau.

Fontainebleau a ses peintres et ses poëtes.

M. Hartville vient de faire paraître chez Tinterlin un poëme intitulé Fontainebleau, et dont l’idée est aussi neuve que la poésie en est correcte et ingénieuse. Le Sylvain Denécourt ; à qui la forêt et les artistes doivent tant, est le héros de ce poëme charmant qui aurait dû être illustré par Rousseau et par Millet, les deux hôtes de Barbison. Mais que dis-je ? Rousseau n’a jamais introduit ni nymphe ni sylvain dans sa peinture. Il n’embarrasse jamais de vieux souvenirs mythologiques le culte qu’il ressent pour les beautés immortelles des champs. Il mène à bien son amour sans l’expérience des anciens poëtes ; il ne demande pas à Virgile comment il faut dire aux arbres qu’on les aime, il ne mêle jamais des idées sans intérêt à des idées charmantes et sacrées, et il se passe de Palès dans les asiles verts qu’il nous montre.

Il est vrai, il est sincère, mais il ne se contente pas d’être peintre, coloriste, portraitiste, de la nature : il peint encore dans la nature la vie dont Dieu l’a animée ; il y met encore cette vie qui va de notre âme à tous les objets du monde. Dans ses tableaux les plus modestes, dans ses sites les plus humbles, quelque chose vous révèle l’artiste qui garde en ses sentiments les plus tendres un sentiment viril et fier. On voudrait vivre, on voudrait aimer dans ces paysages, et en même temps on voudrait y mourir ; on aimerait à être enterré sous ses arbres. Pourquoi ? D’où vous vient cette douce pensée de mort à la vue de ces paysages vivants ? c’est que, on le comprend, sous le luxe dont nous entoure la robe parfumée des champs et le manteau étincelant du ciel, Rousseau ne veut pas voir le néant ; il ne croit pas que tant de splendeurs aient été amoncelées pour cacher une si horrible chose, et il nous fait partager sa conviction. Il y a des paysages qui valent des sermons.

M. Paul Flandrin est un paysagiste historique à la manière du Poussin, du moins il le croit. Poussin a son style et son choix sévère, il est vrai. Quand je regarde un paysage du Poussin, je pense à la nature dans sa grandeur et j’en ressens toute la poésie ; quand je regarde un paysage de M. Paul Flandrin, je pense au Poussin, à des peintres dont j’ai gardé l’impression, et comme le peintre doit me transmettre son impression personnelle, j’en conclus que la nature n’a pas été la préoccupation immédiate de M. Paul Flandrin.

Les paysagistes de talent sont nombreux. J’aime les vues pittoresques de M. Achard, les sobres vallées de M. Aligny. Les paysages de M. de Knyff sont larges et faciles, on y sent l’impression de la nature. En général, ceux de M. Français sont coquets, rehaussés de tons galants, comme une femme qui se met du blanc et du rouge ; cela va paraître singulier, je trouve les paysages de M. Français d’une minauderie trop recherchée.

Ce n’est pas la minauderie que je reprocherai à M. Flers, le peintre naïf des prairies normandes, des rivières limpides bordées de saules enfarinés. Ils sont charmants de bonhomie ces petits paysages saisis avec vérité et peints avec une finesse d’esprit qui n’exclut pas la paisible réalité.

M. Justin Ouvrié excelle aussi à reproduire ce que j’appellerai le trait de la nature. Ses toiles sont fidèles comme des daguerréotypes. M. Anastasi sacrifie au caprice et colore avec une ardeur extrême. MM. Bellel, Belly et Tournemine ont demandé leur succès à l’Algérie et l’ont pleinement obtenu. Le Simoun de M. Berchère mérite une mention.

Un très-beau paysage est celui qu’a exposé M. Gabat. M. Cabat a commencé par le paysage bonhomme et naïf ; il peint aujourd’hui le paysage de style ; mais il reste vrai en s’élevant. Son tableau inspire le recueillement, comme lorsque l’on entre dans une église ; on y sent bien la fraîche impression de la nature. Il n’est pas classique, il n’a pas sablé son terrain pour le pied du berger d’Admèle ; il ne peint pas de ces arbres à tournures académiques d’où le vent, en se jouant, tire, en guise de murmure, des alexandrins tout faits. Il est grand, mais il est sincère, naturel, pur, et ne rappelle en rien ni Michallon, ni Bertin, ces Delille de la peinture française.

La religion de la nature inspire aussi M. Daubigny, chez qui je trouve les fraîches senteurs des champs, et, ce qui signale les maîtres, l’originalité et l’indépendance de toute préoccupation d’école. Cette originalité, l’étude et l’intelligence de la nature peuvent seules la donner en dehors de toute la recherche systématique d’effet ou de style.

N’oublions pas les grands paysages et les marines deM. Jeanron, points de vues bien choisis, couleur vive et agréable, exécution habile, rendant bien cette harmonieuse confusion qui est un des charmes de la nature.

M. Ziem a fait cette année des tableaux fantastiques, vrais décors d’Opéra, effets de soleil couchant, tableau final du cinquième acte. Talent facile et brillant qu’un peu de simplicité et plus de dessin rendraient fort.

M. Brendel est l’ami intime des moutons, qu’il peint d’une manière charmante et naïve, avec un vrai talent, M. Robbe est l’ami intime de ces grands ruminants qui vous regardent d’un œil doux et pensif ; rien de spirituel comme les animaux de M. Verlat. Peinture solide, couleur puissante, animaux sincères comme ceux du bon La Fontaine, vrais animaux n’ayant pas l’esprit des hommes, mais gardant leur instinct, qui vaut mieux que notre bon sens, telles sont les qualités de Joseph Stevens, que je n’ai pas trop le droit de louer.

M. Philippe Rousseau a peint un grand tableau de nature morte, à la manière de Sneyders ; je n’y trouve qu’un défaut : l’auteur a choisi le mouvement et n’a trouvé que l’immobilité. Le grand chien qui saute sur la table est empaillé ; ce verre qui tombe est attaché à une ficelle. À part ce défaut, le tableau est habilement peint. Les chiens de M. Jadin sont bien peints, d’un mérite artistique incontestable.

M. Palizzi a peint un Marché aux veaux sur une vaste toile. Il y a de l’espace, de l’air ; c’est animé, plein de détails intéressants.

N’oublions pas les fleurs de Saint-Jean, d’une grande finesse, d’un mérite consciencieux. Quel dommage qu’au lieu d’être des fleurs naturelles, ce soient des fleurs de porcelaine ! J’aime bien mieux les fleurs de M. Lays, elles sont moins habilement faites, mais le peintre les a cueillies, il les aime, il aspire leur parfum en les peignant.