Itinéraire de Paris à Jérusalem/Extrait d’un Discours sur l’Histoire de France lu à l’Académie française

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Garnier (Œuvres complètes, Tome 5p. 55).


EXTRAIT


D'UN


DISCOURS SUR L'HISTOIRE DE FRANCE


LU A L'ACADÉMIE FRANÇOISE,


SÉANCE DE RÉCEPTION DE M. MATHIEU DE MONTMORENCY
9 FÉVRIER 1826.




Une même génération de Romains eut pour maîtres, en moins d’un quart de siècle, un Africain, un Assyrien et un Goth[1] : nous allons dans un moment voir régner un Arabe[2]. Il est digne de remarque que de tous ces aventuriers, candidats au despotisme, qui affluaient à Rome de tous les coins du globe, aucun ne vint de la Grèce : cette vieille terre de l’indépendance, tout enchaînée qu’elle était, se refusait à reproduire des tyrans. En vain les Goths firent périr ses chefs-d’œuvre à Olympie, la dévastation et l’esclavage ne purent lui ravir ni son génie ni son nom. On abattait ses monuments, et leurs ruines n’en devenaient que plus sacrées ; on dispersait ces ruines, et l’on trouvait au-dessous les tombeaux des grands hommes ; on brisait ces tombeaux, et il en sortait une mémoire immortelle ! Patrie commune de toutes les renommées ! pays qui ne manqua plus d’habitants ! car partout où naissait un étranger illustre, là naissait un enfant adoptif de la Grèce, en attendant la renaissance de ces indigènes de la liberté et de la gloire qui devaient un jour repeupler les champs de Platée et le Marathon.

  1. Macrin, Héliogabale et Maximin.
  2. Philippe.