Jadis et naguère (1902)/Sonnet boiteux

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SONNET BOITEUX


À Ernest Delahaye.



Ah ! vraiment c’est triste, ah ! vraiment ça finit trop mal.
Il n’est point permis d’être à ce point infortuné.
Ah ! vraiment c’est trop la mort du naïf animal
Qui voit tout son sang couler sous son regard fané.
 
Londres fume et crie. Ô quelle ville de la Bible !
Le gaz flambe et nage et les enseignes sont vermeilles.
Et les maisons dans leur ratatinement terrible
Épouvantent comme un sénat de petites vieilles.

Tout l’affreux passé saute, piaule, miaule et glapit
Dans le brouillard rose et jaune et sale des sohos
Avec des indeeds et des all rights et des hâos.

Non vraiment c’est trop un martyre sans espérance,
Non vraiment cela finit trop mal, vraiment c’est triste :
Ô le feu du ciel sur cette ville de la Bible !