Kindertotenlieder/Fischer-Dieskau, Kempe

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Kindertotenlieder
Dietrich Fischer-Dieskau, orchestre philharmonique de Berlin, sous la direction de Rudolf Kempe
20 et 21 juin 1955


I. Nun will die Sonn’ so hell aufgehn[modifier]

Nun will die Sonn’ so hell aufgehn
À présent, le soleil va se lever, aussi brillant
Que si nul malheur n’était arrivé cette nuit.
Le malheur n’est arrivé qu’à moi seul.
Le soleil, lui, brille pour tout le monde.

Tu ne dois pas étreindre la nuit en toi,
Tu dois la verser dans la lumière éternelle.
Une petite lumière s’est éteinte sous ma tente.
Salut, ô lumière joyeuse de ce monde.

II. Nun seh’ ich wohl, warum so dunkle Flammen[modifier]

Nun seh’ ich wohl, warum so dunkle Flammen
Maintenant je vois bien le pourquoi des flammes si sombres
Que vous me jetiez à chaque instant.
Ô yeux, comme pour d’un regard
Faire passer ensemble toutes vos forces.

Mais je ne devinais pas, car un brouillard m’enveloppait,
Tissé de destinées aveuglantes,
Que ce rayon vous ramenait déjà vers votre foyer,
Là-bas, d’où proviennent tous les rayons.

Vous vouliez me dire, par vos lumières :
« Nous aimerions tant rester à jamais près de toi ! 
Mais cela nous est refusé par le destin. »

Regarde-nous, car bientôt nous serons loin de toi !
Ce qui n’est pour toi encore que des yeux en ces jours,
Dans les nuits à venir ne sera plus pour toi que des étoiles. »

III. Wenn dein Mütterlein[modifier]

Wenn dein Mütterlein
Quand ta maman
Apparaît à la porte,
Et que je tourne la tête,
Pour la voir,
Ce n’est pas sur son visage
Que tombe d’abord mon regard,
Mais à l’endroit,
Plus près du seuil,
Là, où serait ton 
Cher visage,
Si, rayonnante de joie,
Tu entrais avec elle
Comme autrefois, ma petite fille.

Quand ta maman
Apparaît à la porte,
À la lueur de la bougie,
C’est pour moi toujours 
Comme si tu entrais avec elle,
Te glissant derrière elle,
Comme autrefois, dans la pièce !
Ô toi, chair de ton père,
Ah, joyeuse apparition
Trop vite éteinte !

IV. Oft denk’ ich, sie sind nur ausgegangen[modifier]

Oft denk’ ich, sie sind nur ausgegangen
Souvent je pense qu'ils sont seulement partis se promener,
Bientôt ils seront de retour à la maison.
C’est une belle journée, Ô n’aie pas peur,
Ils ne font qu’une longue promenade.

Mais oui, ils sont seulement partis se promener,
Et ils vont maintenant rentrer à la maison.
Ô, n’aie pas peur, c’est une belle journée,
Ils sont seulement partis se promener vers ces hauteurs.

Ils sont seulement partis avant nous,
Et ne demanderons plus à rentrer à la maison,
Nous les retrouverons sur ces hauteurs, 
Dans la lumière du soleil, la journée est belle sur ces sommets.

V. In diesem Wetter, in diesem Braus[modifier]

In diesem Wetter, in diesem Braus
Par ce temps, par cette averse,
Jamais je n’aurais envoyé les enfants dehors.
Ils ont été emportés dehors,
Je ne pouvais rien dire !

Par ce temps, par cet orage,
Jamais je n’aurais laissé les enfants sortir,
J’aurais eu peur qu’ils ne tombent malades ;
Maintenant, ce sont de vaines pensées.

Par ce temps, par cette horreur,
Jamais je n’aurais envoyé les enfants dehors.
J’étais inquiet qu’ils ne meurent demain ;
Maintenant, je n’ai plus à m’en inquiéter.

Par ce temps, par cette horreur !
Jamais je n’aurais envoyé les enfants dehors !
Dehors ils ont été emportés,
Je ne pouvais rien dire !

Par ce temps, par cette averse, par cet orage,
Ils reposent comme dans la maison de leur mère,
Effrayés par nulle tempête,
Protégés par la main de Dieu.