L’Éducation anglaise en France/Chapitre X

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Librairie Hachette (p. 156-170).

CHAPITRE x

AU LOIN !

Westward Ho !

C’est le nom d’un collège de l’Angleterre, c’est aussi le cri de lutte et de conquête des pionniers du nouveau monde. On ne pousse pas ce cri-là, chez nous Il doit pourtant y avoir une heure où les jeunes hommes ont soif d’indépendance et d’espace, où nul horizon ne les contente, où nulle distance ne les effraye, où nul combat ne les décourage. Quand cette heure ne vient pas, c’est que quelque chose a été étouffé que la nature poussait dehors ; véritable ferment humain qui s’échappe ensuite mal à propos ou dont on meurt comme d’une rougeole rentrée. Pour les uns, c’est une passion cachée parfois, mais toujours vivace, qui ne cède que devant la mort ; au contraire l’ardeur des autres est passagère : un voyage la satisfait ; ils reviennent et n’éprouvent plus le besoin de repartir.

On ne dort pas en France cependant mais l’activité y revêt une forme particulière. — Vous souvenez-vous de la fière réponse de Fox au Premier consul ? C’était au moment de la paix d’Amiens ; Bonaparte promenait son hôte, l’ennemi de la veille et du lendemain, dans les galeries du Louvre ; le doigt sur la mappemonde, il lui fit remarquer tout à coup quelle petite place l’Angleterre occupait dans l’immensité des mers et des continents : « C’est vrai, répondit l’Anglais, mais elle enserre le monde de ses vaisseaux. » — La France, elle, l’enserre de ses idées ; tout autour du globe ceint par l’humanité d’un fil magique circule la pensée française, féconde, infatigable, mais servant trop souvent l’ambition des autres et profitant aux nations rivales. Çà et là les trois couleurs flottent sur de riches territoires, sur des stations lointaines que gardent nos baïonnettes, débris d’une splendeur coloniale disparue ou résultats de guerres de représailles que l’honneur national a rendues nécessaires. Tout cela est vide, triste, inanimé ; nos colonies ressemblent à des enfants qui passent de l’école à l’hospice, qui coûtent toujours et ne rapportent jamais ; c’est qu’elles n’obtiennent de la mère-patrie que des fonctionnaires résignés, des décavés sans ressources ou des déclassés sans principes. Où sont donc les hommes jeunes, indépendants, honnêtes dont elles auraient besoin ?

Ils sont en France, où ils ont reçu une éducation casanière ; en France, d’où rien ne les pousse à sortir et où la loi a pris soin d’assurer leur avenir en réglant d’avance l’héritage auquel ils ont droit ; et là ils font travailler leur intelligence qui seule a été formée et ils entassent des découvertes que les autres exploitent, et des écrits dont les autres profitent ; ce n’est ni d’inventions ni de style que les colonies ont besoin, c’est de bras. Sans doute cette domination scientifique et littéraire, ce rayonnement de l’âme d’un peuple sont choses précieuses à entretenir ; mais il faut vivre et l’on ne se nourrit pas de l’air du temps ; il faut même s’enrichir, sans quoi l’on s’appauvrit, et la pauvreté mène à la servitude. Voyez, la chasse à la fortune existe partout ; que ses inconvénients dépassent ses avantages, libre à vous de le penser ; mais c’est une nécessité du temps actuel et force est bien de l’admettre ; si le présent est encore au plus fort, l’avenir est au plus riche. Et ce n’est pas seulement l’émigration dans nos propres colonies qui fait défaut, c’est l’émigration chez les autres. L’Allemagne n’a point encore d’empire colonial, mais elle a ce qui vaut mieux, une multitude de colons ; aux États-Unis, il faut compter avec eux ; chaque année voit s’accroître leur nombre et se consolider leurs capitaux ; jusque dans les îles de l’Océanie résonne aujourd’hui le ia germanique ; la choucroute fait le tour du monde ! Et la Chine ! a-t-elle des colonies ? Comme État elle est incapable d’en posséder et cependant son expansion nous inquiète ; nous voyons un danger pour l’avenir dans l’incessant envahissement de cette colossale agglomération d’hommes. Continuons d’envahir par la pensée, c’est une mission glorieuse ; mais tâchons d’envahir d’une manière plus effective et, au lieu de laisser à la poste et au télégraphe le soin de colporter nos idées, portons-les nous-mêmes aux quatre coins du globe… Je vous vois sourire parce que vous devinez ma conclusion : l’éducation anglaise accomplira ce phénomène. C’est en effet mon espérance. Non pas qu’elle puisse suppléer à d’autres remèdes plus profonds et plus efficaces — la réforme des lois de succession, par exemple, qu’il faudra encore bien du temps pour obtenir ; mais elle rendra son libre essor à cette impatience juvénile dont je parlais tout à l’heure et que l’éducation actuelle étouffe si imprudemment. La colonisation cessera d’être l’apanage de quelques aventuriers sans ressources : considérée comme une véritable carrière, elle deviendra le but de beaucoup de nobles et louables ambitions. Voilà ce que nous pouvons espérer voir dans une vingtaine d’années si la France adopte sagement et progressivement, mais franchement aussi, les idées nouvelles qui lui sont suggérées en matière d’éducation.

Je n’en veux pour preuve que ce fait assez remarquable : les Français qui ont passé quelques années dans un collège anglais sont en général ceux qui s’expatrient le plus facilement ; j’en pourrais citer plusieurs exemples à défaut d’une statistique difficile à établir. Leur histoire ne varie guère : le plus souvent ils sont revenus d’Angleterre bien portants, forts, pleins d’individualité et ignorants comme des carpes, ayant oublié ce qu’ils savaient sans avoir pu retenir si vite ce qu’on leur a enseigné ; ils rattrapent très rapidement le temps perdu, se font renvoyer de tous les collèges français où on les met, réussissent néanmoins leurs examens, puis s’embarquent un beau jour pour l’Amérique, se sentant à l’étroit en France et ne pouvant se condamner à la petite existence sédentaire qui suffit à leurs voisins. J’ai quelques amis là-bas : l’un dans un ranch du Dakota, l’autre qui cultive des oranges en Floride, un troisième dans une compagnie minière des montagnes Rocheuses ; j’attends leurs lettres avec impatience ; elles sont chargées de parfums exotiques qui emplissent ma chambre et me transportent en imagination au lieu d’où elles viennent. Dans ces missives il y a toujours des récits de chasses fantastiques, de courses invraisemblables à travers la prairie à la poursuite de juments échappées ; d’entrevues solennelles et silencieuses avec des chefs indiens ; et, Gustave Aymard aidant, je me représente mes amis assis gravement autour du feu du Conseil, buvant dans un crâne et fumant le calumet de la paix en compagnie du Chien-qui-tette, du Nuage Ondoyant et du Grand Serpent.

Quand la mauvaise saison est venue, allongeant les soirées, ou bien que le travail a pour une cause quelconque subi un temps d’arrêt, les lettres s’allongent aussi et on y parle de la France avec un amour profond et vrai ; les jeunes absents en causent fièrement et tendrement ; ils sentent qu’ils travaillent pour elle par le seul fait de leur exil ; seulement ils envisagent les nouvelles que les journaux leur apportent d’une façon qui surprend ; certains faits auxquels nous avons découvert une portée énorme ne les arrêtent même pas et, à l’inverse, d’autres que nous traitons d’insignifiants leur paraissent de la plus haute importance… et presque toujours, au moins dans les grandes lignes, c’est leur point de vue qui est le vrai. Il y a des Européens qui se trouvent chez eux partout : véritables cosmopolites dont la patrie est en quelque sorte indistincte ; ils l’oublient pendant longtemps et pour un rien l’oublieraient définitivement. Les Français qui vont au loin n’ont pas ce défaut : l’éducation ou bien une énergie naturelle les mettent à l’abri de ces faiblesses qu’on nomme le mal du pays, mais Français ils restent de cœur et d’idées. Je parle bien entendu de ceux que leur propre volonté a poussés hors de France et non des êtres inférieurs et dégradés dont nos colonies sont trop souvent l’asile.

La Plata est le seul pays lointain qui ait eu le don d’attirer des Français ; beaucoup de Basques s’y sont rendus et leurs affaires y ont prospéré ; dès lors, un certain courant s’est établi que des citoyens dévoués s’efforcent d’entretenir et d’augmenter ; ils ont bien vu le mal, mais le remède qu’ils proposent est un peu factice. On a écrit des livres où l’existence de là-bas est dépeinte sous des couleurs séduisantes ; on a fondé une Revue pour servir les intérêts de cette œuvre de colonisation ; on a fait des conférences et, sous diverses formes, de pressants appels ont été adressés à la jeunesse. Cela est, je le répète, un peu factice ; à quoi bon les envoyer si loin ces hommes s’ils n’ont pas les qualités nécessaires pour y réussir ? vous parvenez bien à leur insuffler l’énergie pour y aller, mais pouvez-vous en même temps leur donner la persévérance pour y rester ? Et y rester n’est pas tout ; s’ils doivent végéter, traîner une existence difficile et malheureuse, leur départ est à tout le moins parfaitement inutile. — Il existe peut-être en réalité et certainement dans les désirs de certaines personnes une école de colonisation destinée à atteindre le même but avec des moyens très puissants ; histoire des colonies, géographie des colonies, météorologie, géologie, botanique des colonies voilà quel serait le programme d’enseignement. Malgré tous les charmes qu’il présenterait, il est probable que les jeunes gens élevés de la sorte posséderaient à fond la géologie morale de Paris et la botanique des boulevards vers lesquels ils se sentiraient invinciblement attirés. Rêves que tout cela ; pour faire des colons, le cricket, le ballon, le cheval et la rame sont les seuls auxiliaires ; joignez-y une éducation morale fortifiante et surtout un état social et des lois qui ne soient pas en contradiction avec le but que vous poursuivez, et alors la puissance d’expansion de la France étonnera tous les peuples.

La colonisation, l’établissement, avec ou sans esprit de retour, hors de France, ne constituent qu’une partie du sujet que je veux traiter ; à côté de cela il y a le voyage, et le voyage est un moyen d’éducation trop puissant chez les Anglais pour que je n’envisage pas ici ses conséquences.

Il y a des gens qui ont le précieux privilège d’imaginer tout ce qu’ils ne connaissent pas ; les impressions des autres leur suffisent et ils se mettent à leur tour à décrire des sites qui leur sont inconnus ; cela m’a toujours paru un comble. Pour les choses de l’esprit, c’est différent : on peut étudier à distance le droit, l’histoire, l’économie politique ; mais que l’on puisse de loin pénétrer la vie d’un peuple, décrire ses mœurs, ses usages, ses habitations… cela est-il compréhensible ? Je me déclare de la catégorie de ceux qui ne savent la géographie d’un pays que lorsqu’ils l’ont parcouru ; les récits de voyages que j’ai faits ou que je dois faire me passionnent ; les autres m’ennuient. Ceci peut être personnel : ce qui ne l’est pas, c’est l’influence extraordinaire qu’exerce le voyage sur l’intelligence et sur le caractère. Cette influence se traduit de deux façons : par des connaissances et par des idées. Quelque importantes que puissent être pour l’avenir d’un homme et particulièrement d’un très jeune homme, les connaissances directes qu’il rapporte d’un voyage, les idées que ce voyage a fait indirectement naître en lui le sont bien davantage. Or le Français est apte à généraliser, à voir d’ensemble ; ses jugements, surtout quand il manque d’expérience, peuvent être un peu superficiels ; il ne descend pas assez au fond des choses pour en rapporter toujours une impression bien exacte ; mais ce qu’il voit lui ouvre des perspectives nouvelles ; tout un monde d’idées lui est révélé ; mille réflexions traversent son cerveau ; mille comparaisons s’imposent à lui ; entre autres bons effets il en résulte pour lui l’impression que le monde n’est pas uniforme, que les questions ont plusieurs aspects et que les solutions ne sont jamais uniques. Voilà pourquoi le voyage de fin d’études serait particulièrement fructueux au jeune Français.

Pratiqué en différents pays, le voyage de fin d’études ne l’est nulle part d’une manière aussi générale qu’en Angleterre et là il présente ordinairement des traits caractéristiques ; on le paye avec du capital plutôt que de ne pas l’accomplir ; il se fait en de lointains pays et surtout pas en caravane ; le jeune homme est laissé seul ; tout au plus le laisse-t-on s’associer à un camarade aussi inexpérimenté que lui. Beaucoup font le tour du monde, ce qui n’est guère recommandable ; le tour du monde est un exercice de locomotion qui, par la diversité des climats traversés, des paysages entrevus et des hommes rencontrés, doit faire sur un voyageur novice l’effet du kaléidoscope. De plus, il coûte cher, et les Français peut-être ne sauraient pas en venir à bout avec économie ; hors de chez eux ils dépensent plus que les Anglais Certainement un tour en Suisse ou sur les bords du Rhin ne saurait constituer un voyage de fin d’études ; mais on peut prendre pour but la Norvège, la Russie, la Hongrie, l’Amérique ; le tour du monde n’est pas le couronnement indispensable de l’éducation ; pas n’est besoin d’aller si vite et si loin pour en rapporter d’utiles enseignements ! Quant au « self government », c’est au contraire une condition sine qua non ; si vous voulez accompagner vos fils, vous détruirez en grande partie l’effet du voyage ; ils se sentiront soutenus, se reposeront sur vous du soin de tout combiner, n’éprouveront aucune inquiétude, ne se trouveront aux prises avec aucune difficulté et, n’ayant pas à régler leurs comptes, n’ouvriront leurs bourses que pour acheter des bibelots et des photographies. La même chose arrivera si l’on organise une caravane : d’abord c’est dangereux ; entre jeunes gens, même à l’étranger, on se monte la tête et on fait des folies ; et puis il y en a toujours un qui domine les autres, dirige tout, fait les comptes, déclare si telle expédition est possible ou non. — Si votre enfant est un peu mouton et que vous ayez des craintes en le laissant aller seul, donnez-lui un compagnon, mais prenez-le également parmi les moutons, afin qu’ils soient deux à se conduire et que l’un ne conduise pas l’autre. Certains papas britanniques ont opéré parfois de la façon suivante et n’ont sans doute pas eu à s’en repentir ; à dix-huit, dix-neuf, vingt ans, ils ont remis à leur garçon un capital de 10 000, 15 000, 20 000 francs placé d’une façon quelconque, en exigeant de lui sa parole d’honneur qu’il ne dépenserait cet argent qu’à l’étranger. Le jeune homme a dû alors choisir une contrée à visiter, réaliser la somme nécessaire en vendant les actions ou obligations, et partir de son pied léger avec le souci de tirer de sa bourse le meilleur parti et d’allonger l’itinéraire le plus possible.

Il y a encore la résidence à l’étranger ; le boarding house n’existe pas en Angleterre seulement ; on en trouve un peu partout, en cherchant bien. Là, on peut rapidement et à bon compte voir beaucoup de choses et en apprendre plus encore, sans compter que c’est un excellent moyen de se perfectionner dans la connaissance des langues vivantes. Les Anglais le savent bien et le mettent en pratique chez nous ; à ce propos, je me rappelle le fait suivant : le fils d’un duc et pair britannique vint au Havre et s’établit pendant trois mois chez de petits bourgeois ; il vécut de leur vie, parla français avec eux, visita les chantiers, le port, les environs de la ville et repartit comme il était venu ; presque en même temps le fils d’un duc français passait la Manche ; il resta trois semaines à Londres ; il alla au club ; tous les salons lui furent ouverts ; on lui fit fête et il n’apprit pas grand’chose. Ceci est une histoire ; mais cela pourrait être une parabole entre les deux races.

Voyager jeune, voyager loin, voyager libre : tel est le résumé des lignes qui précèdent ; tels sont aussi les caractères que doit revêtir le voyage pour qu’il porte ses fruits. En France ce n’est pas sans difficultés que ce couronnement de l’éducation s’implantera dans les mœurs ; on est casanier et surtout on est prisonnier ; les examens, les carrières, le service militaire forment une suite d’obligations dont on ne se libère pas sans peine ; il faut une énergique volonté, presque de l’entêtement pour écarter ces obligations et entre elles faire une place au voyage ; le principal est encore d’être bien convaincu de son utilité ; on le sera de plus en plus, je l’espère.

C’est ici le cas de dire un mot du voyage scolaire ; Topffer l’a rendu célèbre en décrivant spirituellement les « zigzags » qu’il faisait faire à ses élèves ; bien d’autres maîtres ont depuis lors exploité l’invention. Dernièrement, je rencontrais au pied du Trocadéro une vingtaine de petits Anglais coiffés de la toque universitaire et peu inquiets des rires que cet accoutrement soulevait sur leur passage. Une fois, l’hôtel où j’étais descendu à la Haye fut envahi par 15 Américaines armées de 15 water-proofs et de 15 valises ; on déplaça la table d’hôte et dans la grande salle à manger 15 paravents furent installés pour abriter le sommeil de cette pension transatlantique. La France envoie aussi des collégiens au dehors ; les expéditions d’Arcueil sont célèbres et le Club alpin a organisé des excursions montagnardes qui peuvent agir bien utilement, non pas que j’aie grande confiance dans « les leçons de physique, de géologie données en plein air, sous le ciel bleu, pendant les haltes », mais simplement parce que l’air de la montagne et les saines fatigues des ascensions sont des plus profitables. Toutefois, il ne faut pas s’y tromper, cela ne constitue pas un voyage, mais un exercice, un sport et, quant aux lointaines tournées qu’entreprennent les dominicains, je ne puis m’empêcher de trouver que l’argent dépensé de la sorte l’eût été plus utilement quelques années plus tard et d’une manière individuelle ; que les enfants circulent, c’est fort bien ; que les jeunes gens voyagent, c’est encore mieux. Aux enfants donnez le mouvement, le changement d’air, la distraction d’un paysage nouveau et l’occasion de marches salutaires ; réservez aux jeunes gens les vrais départs, les absences sérieuses, les expéditions lointaines et prenez soin qu’elles se fassent dans les conditions les plus favorables au perfectionnement que vous êtes en droit d’en attendre, c’est-à-dire avec la triple garantie de la liberté, de la solitude et de la virilité naissante.

Faut-il terminer ce chapitre consacré aux bienfaits de la résidence et du voyage à l’étranger en protestant contre l’éducation étrangère ?… Oh oui ! certes ; je ne veux pas parler de quelques mois, voire de deux années passées dans un collège allemand ou anglais, mais de ces éducations faites presque entièrement hors du pays natal ; nous ne sommes pas coutumiers du fait, il est vrai ; mais c’est une affaire de mode, et la mode est si changeante ! Puissions-nous ne jamais tomber dans les errements que d’autres ont à se reprocher à cet égard. Les enfants de France doivent grandir dans l’air français, sur le sol de France ; peu importe d’où viennent les méthodes pourvu qu’elles soient appliquées par des Français. Voilà une règle absolue qui ne souffre pas d’exception. L’enfant devenu homme s’en ira alors visiter les autres peuples avec profit ; il les regardera avec des yeux français, et la France sera son terme de comparaison ; et s’il va résider parmi eux, en toute confiance on le laissera partir parce que la France partira avec lui, enfermée dans son cœur !