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L’Arétin François/6

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EPIGRAMMATA

MARTIALIS.



I.

Trigenta tibi ſunt pueri, totidemque puellæ,
 Una eſt, nec ſurgit menticla quid facies.

II.

Vis futui gratis cum ſis deformis anuſque,
 Res perridicula eſt : vis dare, nec dare vis.

III.

Rem peragit nullam Sertorius, incohat omnes.
 Hunc ego, cum futuit, non puto perſicere.

IV.

Cur tantum Eunuchos habeat tua Gellia quæris,
 Pannice ? Vult furui Gellia, non pavere.

V.

Stare jubes noſtrum ſemper tibi, Leſbia penem :
 Crede mihi, non eſt mentuda, quod digitus.


ÉPIGRAMMES

DE. MARTIAL.



I.

Trente culs ſont à toi, mêlés d’autant de cons,
Tu n’as qu’un vit, que faire ? Il dort ſur ſes couillons.

II.

Laide & vieille, tu veux que gratis on t’enconne :
Sotte prétention ! Veux-tu recevoir ? donne.

III.

Paul ne termine rien, & Paul commence tout,
Je ne crois pas que Paul acheve quand il fout.

IV.

Tant d’Ennuques ! Pourquoi ? c’eſt qu’elle craint la ſauce.
Elle veut qu’on la foute, & non pas qu’on l’engroſſe.

V.

Tu veux toujours que mon vit reſte droit :
Y penſes-tu ! Le vit n’eſt pas un doigt.


EPIGRAMMATA

INCERTORUM.



I.

Blanda quidam manus eſt mentum quæ mulcet amantis :
 Blandior eſt hujus mentula dura licet.

II.

Cur nequet heu ! digito qui peni ſenſus : ineſſe !
 Aut cur non peni vis ea quæ digito !

III.

Maſturbatori ſe cunnus inaniter offert :
 Arctior in digitis eſt mihi cunnus, ait.

IV.

De Priapi imagine.

Noſtin’ quid moneat quam contemplaris Imago ?
 Maſturbare tibi dictitat, aut futus.


ÉPIGRAMMES

D’AUTEURS INCERTAINS.



I.

Douce en la tendre main qui careſſe un menton,
Mais le V... quoique dur, eſt bien plus doux au C...

II.

Du V... ah ! que le doigt n’a-t-il le ſens flatteur !
 Ou du doigt que le V.. n’a-t-il donc la vigueur !

III.

Sur le Maſturbateur le C... n’a point de droit ;
Je ſais, dit-il, un C.. plus ferré de mes doigts.

IV.
Sur une figure de Priape.

Me viens-tu regarder ? C’eſt du ſang qui t’en coûte.
Cette Image te dit : qu’on ſe branle ou qu’on foute.


IMITATION DE L’ODE D’HORACE :

IN ANUM LIBIDINOSAM.




  Retire-toi, vieille ſorciere,
Que le Diable t’acolle & te foute s’il peut !
Tu m’excites en vain, de toi rien ne m’émeut :
 Tes pis de Vache, ou tétons de Tripiere,
Si j’oſois les toucher, me fondroient dans les doigts ;
Ton oeil eſt une Ruche où la cire ſéjourne ;
Un four voilà ta bouche, un tonnerre, ta voix.
 De quel côté faut-il que je te tourne,
  Pour que tu faſſe moins horreur ?
  Voyant ton corps de terre cuite
D’où s’exhale ſans ceſſe une fétide odeur.
Les Amours effrayés ſoudain prennent la fuite.
 Tes jambes ſont deux piliers monſtrueux,
 Dignes ſoutiens de l’édifice affreux ;
  Ton ventre, un long tablier jaune
  Qui ſurement a plus d’une aune,
  Tes deux cuiſſes, deux groſſes tours
Où pend un vilan cul, qui toujours flotte & tremble,
Et ton C..., non pas C..., mais connaſſe reſſemble.
À la gueule d’un chien qui n’a bu de huit jours.


PARODIE

de l’Entrée d’Orosmane dans Zaire.




Innocente Roſette, « avant que l’hymenée
Joigne à jamais nos coeurs & notre deſtinée, »
J’ai cru ſur votre con, ſur mon vit, tour-à-tour,
Devoir, en droit fouteur, vous parler ſans détour.
Des bougres effrénés, dont la liſte eſt très-ample,
Les exécrables mœurs ne ſont point mon exemple.
Ils diſent que le cul, favorable au plaiſir
Offre un champ plus étroit, & plus doux à ſaiſir.
Que du premier anus ſe formant une gaîne,
Les vits les plus fluets s’y trouvent à la gêne,
Et qu’au ſortir du con, un athlete éreinté
Se ranime à l’attrait de cette nouveauté ;
Mais, criſtalline à part, ſa ſuite eſt trop cruelle :
On arrête, on enferme, ou l’on rôtit pour elle,
De Loyola je ſais qu’un tas de ſectateurs,
De la fange des culs pourceaux inquiſiteurs,
Faiſant à leur excès ſervir l’autel de Trône,

Affecte du Ponant l’empire & la couronne :
Les monſtres ! ils ſeroient, par un choix plus heureux,
Maîtres du clitoris, « s’ils l’avoient été deux. »
M’enculer avant l’âge, étoit leur folle envie,
Pour éloigner de moi cette ſecte ennemie
Le ciel vengeur arma mon pere d’un gourdin,
Mon oncle, après ſa mort, leur frotta le grouin,
Et moi leur dévouant une haine éternelle,
Je marche au con d’un pas qui jamais ne chancelle.
Que deſſous leurs bonnets, vers nos culs attirés,
Leurs yeux roulent ſans fin, de luxure altérés ;
Que la trompette encore, à l’egal du tonnerre,
De leur renom fameux étourdiſſe la terre,
Je n’irai point en proie à de ſales amours,
Aux jeux du culetage immoler nos beaux jours.
J’atteſte ce teton, & mon vit qu’il enflamme,
De ne pas prendre un poil du con d’un autre femme,
De vous montrer l’amant, de vous cacher l’époux,
De ne verſer enfin de foutre que pour vous.
Ne croyez pas, non plus, qu’à mes doigts je confie
Les plaiſirs réſervés à ma femme chérie ;
J’abhorre du poignet l’uſage injurieux

Qui détourne du con par un art odieux ;
Je veux, je veux vous foutre « autant que je vous aime,
Ou me fier à vous, pour me branler vous même.
Après un tel aveu, vous connoiſſez mon cœur,
Vous ſentez qu’en vous ſeule il a mis ſon bonheur, »
Vous comprenez aſſez qu’elle affreuſe amertume
Corromproit de mon vit la ſalutaire écume,
Si vous n’abandonniez à ce membre parfait
Qu’un immobile con, acteur froid & diſtrait.
Je vous aime, Roſette, « & j’attends de votre ame
Un amour qui réponde à ma brûlante flamme, »
Mon indomptable vit ne fait rien qu’ardemment :
Je me croirois foutu de foutre foiblement.
De plus d’une façon je fais foutre & refoutre,
Du Palais de Vénus j’ai la maîtreſſe poutre,
Si de la même ſoif votre con ſe ſent pris,
Je vous enconnerai, « mais c’eſt à ce ſeul prix ; »
Et de ce tréſor vif l’enceinte ſavoureuſe
Me foutra bien malheur, s’il ne vous rend fouteuſe[1].


CONTRE LES DÉLICATS[2]

Strophe d’une Ode projettée & abandonnée.




Le vit à tout con doit l’offrande,
La préférence eſt un abus,
Hélas ! malheur à qui ne bande
Que pour Hélene ou pour Vénus.
La beauté n’eſt qu’une foutaiſe,
C’eſt l’idole d’un bande-à-l’aiſe,
Un bon fouteur à mon avis,
Juſques ſur l’autel en doit prendre :
Ajax qui viola Caſſandre,
Certes bandoit mieux que Pâris.


L’ENNEMI DES DISPUTES.




Sur les divers appas de la Blonde & la Brune,
 De diſputer que les hommes ſont fous !
Brune ou Blonde me fait une égale fortune,
 La plus aimable eſt celle que je fous.


ÉLOGE DU CON,

À un Camarade du College.




Ami, tu m’as donné les leçons du plaiſir,
Je ne ſuis point ingrat, j’aime à m’en ſouvenir,
C’eſt par toi que du con j’acquis la connoiſſance,
Du Con qui plus que moi révere la puiſſance ?
Je crains de l’affoiblir en l’oſant célébrer,
Et dans ce doux réduit je ſais me concentrer.
Je n’en ſors qu’avec peine ; aide ma voix tremblante ;
Je goûte le bonheur, rarement je le chante.

 Merveille de la terre, ô délicieux con !
Mon vit rompant ſon frein s’allonge à ce ſeul nom.
Tu vas être branlé.... déja le gueux décharge....
Il ne débande point, revenons à la charge ;
Jolis, friands tétons, & toi cul bien tourné,
Je vous tiens, je vous preſſe..... Ô ventre ſatiné !
Ce con, qu’il eſt vermeil ! il s’ouvre, je l’aſpire,
Je décalotte, j’entre, & je pouſſe, & j’expire......
Je revois la clarté, malheureux ! qu’ai-je fait !
Hélas ! je n’ai d’un con foutu que le portrait,
Loin du calice hélas ! s’échappe ma roſée,
Par ce combat trompeur ma force eſt épuiſée,
Fléchiſſant, raccourci, mon priape aux abois
Épanche triſtement ſes pleurs entre mes doigts.

 Eh bien ! mon tendre ami, mon cher & ſavant Maître.
Ton Diſciple, dis-moi, fut-il digne de l’être.

 Poëtes, taiſez-vous. Par ſes charmes divers,
Le con ſera toujours au deſſus de vos vers,
Le myrthe, le laurier n’eſt pas ce qu’il demande,
Non, qu’un foutre éternel ſoit votre unique offrande,
, ſi vous deſirez le peindre dans ſon beau,
De ſes poils réunis faites-vous un pinceau.


SUPPLÉMENT

À L’Éloge du C...




Sur un vit comme il faut, qu’un con a de vertu !
  Peut-il bander & paſſer outre ?
J’ignore, Dieu merci, le mal d’avoir foutu,
  Mais je connois le bien de foutre.
  C’étoit hier, c’eſt aujourd’hui ;
Toujours je baiſerai, je foutrai, pour mieux dire,
Je ſuis né par le con, je périrai par lui,
 C’eſt mon aimant que le con, il m’attire,
 Ma, langue (inéffable douceur !)
D’un con frais, d’un con pur eſt la ſeconde éponge,
Ainſi je le prépare, & lorſque je m’y plonge,
Les plus heureux du monde envieroient mon bonheur.


ENCORE SUR LE C...


Dans cette grotte obſcure inceſſamment s’allume
Un feu plus violent que celui de Vulcain ;
Et c’eſt-là qu’en ſecret ſur une molle enclume
Les culs en bondiſſant frappent le genre humain.


L’ART DE FOUTRE.




 Foutre eſt un art, on croit que ce n’eſt rien
 Chacun s’en mêle, & peu l’entendent bien.
Sans ceſſe, en converſant revient cette matiere.
Parlons-en, mes amis ; dès qu’on bande eſt-il bon,
 De ſe fourrer promptement dans un con ;
Et par un trop grand train d’abroger la carriere ?
Je ne préſume point que ce ſoit votre avis.
Allumons par dégrés une durable flamme,
Diſtinguons-nous toujours du vulgaire des vits
Quand nous touchons un corps, intéreſſons une ame.
 Et la routine. & l’uniformité
  Déplaiſent à la volupté.
Sommes-nous près du temple, arrêtons à la porte :
D’une pieuſe main, que les roſes, les lys,
 Légérement tour-à-tour ſoient cueillis,
Et retardons l’entrée afin qu’elle tranſporte.


INVITATION.




 Cesse de me dire : alte-là !
 Accorde, accorde-moi cela !
 Sans cela, qu’eſt-ce que la vie ?
 Faiſons cela, je t’en ſupplie !
À la Ville, à la Cour, au village ; par-tout
Cela ſe fait, cela, d’amour eſt le ragoût ;
Il veut de ſon objet la pleine jouiſſance.
 Qu’eſt-ce qu’un baiſer ſur la main,
Sur les yeux, ſur la bouche & même ſur lein ?
C’eſt une goutte d’eau ſur un braſier immenſe.
 Contemple un moment l’Univers ;
On n’y fait que cela ſur terre & dans les airs.
 Les poiſſons font cela dans l’onde,
 Les Tourterelles, les Moineaux
 Et les Brebis & les Chevreaux
Font & refont cela, tel eſt le train du monde.
 Prétends-tu le contrarier ?
Attends-tu le visa d’un Prêtre & d’un Notaire

Hélas ! c’eſt pour bientôt ne plus s’en ſoucier :
Qui le fait par amour voudroit toujours le faire.
Cela.... cela procure un ſuprême plaiſir !...
 En m’embraſſant tu me refuſes :
Cruelle ! ſans le tout les baiſers font ſouffrir...
Mais l’honneur me dis-tu... ſur l’honneur tu t’abuſes,
En cela ne gît point le véritable honneur,
Cela fait bien à deux & n’offenſe perſonne.
 Sois conſéquente ; j’ai ton cœur,
 Avec le cœur cela ſe donne.


AUX PETITS-MAÎTRES.

Air : Tu croyois, en aimant Colette.




Voltigeurs, plus douillets que femmes,
Plus cardés, plus ſots que moutons,
Qu’allez-vous faire auprès des dames ?
La révérence... & nous foutons.


DUO

À mettre en Muſique.




 Viens, belle brunette,
  Viens ſur mes genoux.
  Sous ta collerette
  Que vois-je ? — Tout doux :
  Tu n’y prends pas garde
  Maman nous regarde,
  Arrête, Lubin.
— Ta mere ? où donc, où donc, menteuſe ?
— Par la fenêtre. — Oh ! que n’ennin ;
 Tu fais exprès la peureuſe.
— Tu me fais mal, haye ! Ouf ! — Paix, paix c’eſt pour
    ton bien,
  Autant que pour le mien.

  Comme cette main frappe ...
La voilà priſe.... Elle m’échappe
  Ce que je tiens vaut mieux :
  Téton délicieux !......

  Pince, mords, enfonce le coude,
  Envain tu veux me refuſer,
  Juſqu’à cette levre qui boude
  Je veux moi, je veux tout baiſer.
  — Tu vas... caſſer... ma chaiſe.
  — Je n’entends rien, mauvaiſe.
— Tu me fais mal, haye ! ouf ! Paix, paix, c’eſt pour
    ton bien,
  Autant que pour le mien.

  Baiſe ma chere ame,
   Baiſe à ton tour ;
  Que ton cœur s’enflamme
   Mourons d’amour.
  — Finirez-vous ce badinage ?
   — Je ſuis tout à toi.
  Laiſſe, laiſſe-moi....
  — Lubin, ſoyez ſage....
 Eh bien !... Eh bien !... je... n’en... puis plus,
    Je ſuccombe....
   Efforts ſuperflus !...
    Je tombe...
Tu me fais mal, haye ! ouf ! — Paix, paix, c’eſt pour
    ton bien,

  Autant que pour le mien.

  À bas mouchoir & cotte,
 Deſſerre tes genoux, Manon,
  Va, ne fais plus la ſotte,
Ton œil dit : oui, quand ta bouche dit : non.
  Il faut que je ſuçotte,
   De ce téton,
  le vermeillet bouton :
  Il faut que je tapotte,
    Preſſote,
    Branlotte,
    Frotte, frotte,
    Ce petit con,
  Dont voici le bouchon.
  Et que de cette motte,
    Je peignotte,
    Je roulotte,
    La toiſon,
  Plus noire qu’un Démon.
  À bas mouchoir & cotte,
 Deſſerre tes genoux, Manon,
  Va, ne fais plus la ſotte ;
Ton œil dit : oui, quand ta bouche dit : non.

LE MENUET DE LA MARIÉE.

Air : du Menuet d’Exaudet.




   Que mon vit,
    Se roidit !
    Ma Poulette,
 Remarques-tu ſa groſſeur,
 Ainſi que ſa longueur,
 À travers ma brayette ?
    Mets ton doigt,
    Sur l’endroit :
    Comme il bande !
 Tu dois avoir un beau con,
 C’eſt ce que le frippon
    Demande.
De cette jambe à la cuiſſe.
 Souffre que ma main ſe gliſſe....
    Quel effet !
    Ç’en eſt fait,

    Je me pâme.
Hélas ! quand je le mettrai,
 Sûrement je rendrai
    Mon âme.
    Je renais,
    Que d’attraits
    Je découvre !
Il n’eſt corps comme le tien,
 Il faut de tout le mien,
 Il faut que je le couvre.
    Arrêtons !
    Quels tétons !
    Ah ! mignonne !...
Quel poil noir ! Quel ventre uni !
 Quel cul !... Dieu ſoit béni,
    J’enconne.


COMME ON VOUDRA

COUPLET.

Air : du Barbier de Séville.




Ou la tendreſſe, ou le deſir m’enflamme ;
Belles, je fous d’une & d’autre façon :
Avec mon vit, ſi je ne vois qu’un con.
Avec mon cœur, ſi je rencontre une ame.


L’UN PLUS DIFFICILE À PLACER

QUE L’AUTRE





Bienheureux qui commande à ce drôle immodeſte,
Des plus fieres beautés infaillible vainqueur !
 On ſait ou le mettre, & de reſte,
 On ne ſait où loger ſon cœur.


ÉPILOGUE.




  Adieu lecteur, adieu lectrice,
  (Car, peut-être, en aurai-je auſſi.)
Qu’à vos deſirs Amour & Vénus ſoient propices,
  Du ſeul Plaiſir éprouvez le ſouci.
Que l’affligeant remord de vos libres careſſes
N’empoiſonne jamais les franches voluptés :
Foutez-vous des Catons, foutez-vous des Lucreces,
Mais que l’ordre & l’honneur, par vous ſoient reſpectés.

  1. C’eſt le pronom féminin (elle) qu’il falloit employer : mais, par égard pour M. de Voltaire, on a fait dans ce vers la même faute de langue qui eſt dans le ſien.
  2. Les délicats ſont malheureux, rien ne ſauroit les ſatiſfaire.

    la Fontaine.