L’Arc d’Ulysse/Ballade à Madame Gabrielle Réval

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L’Arc d’UlysseÉditions Georges Crès et Co (p. 152-153).

À MADAME GABRIELLE RÉVAL

Ballade.

« Adieu raisins ! ma cuve est pleine.
« J’ai tant écrit ! adieu Roman ».
Qui parle ? — La belle Lorraine,
Que Normands voudraient de Rouen.
Mais patience ! ce même an,
Mirasol, bruissant de proses,
Fleurira somptueusement
Rosier qui ne veut plus de roses.

Fassent des filles par douzaine
Admirer leur jeune maman.
De Bachelière ou Sévrienne
Tout Paris se voulut l’amant.
Une aura bien de l’agrément,
Qui met l’Académie en cause.
C’est que griffe si joliment
Rosier qui ne veut plus de roses !

Tant qu’aux Mois féconds bout la veine,
Où saigne le flanc véhément
Comme une Victoire Thébaine,
Il faut aux durs enfantements

Offrir un beau corps écumant…
De ta rouge dépouille arrose
Autour de toi le sol fumant,
Rosier qui ne veut plus de roses.

Envoi.

Princesse au fier renoncement,
Croyez vous aux métamorphoses ?
Que fut un calice charmant
La lèvre en fleur, et qu’elle ment,
Rosier qui ne veut plus de roses ?


27 octobre 1913.