L’Encyclopédie/1re édition/AÉTIENS

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 1p. 156).
◄  AETHON

AÉTIENS, s. m. pl. (Théol.) hérétiques du jv. siecle, ainsi nommés d’Aëtius leur chef, surnommé l’Impie ou l’Athée, natif de la Célésyrie aux environs d’Antioche ou d’Antioche même. Il joignoit à la plus vile extraction les mœurs les plus débordées : fils d’un pere qui périt par une mort infame, il fut dans ses premieres années esclave de la femme d’un vigneron : sorti de servitude, il apprit le métier de Forgeron ou d’Orfevre, puis exerça-celui de Sophiste : de là successivement Medecin, ou plûtôt charlatan ; Diacre & déposé du Diaconat ; détesté de Constance & flétri par plusieurs exils ; enfin chéri de Gallus & rappellé par Julien l’Apostat, sous le regne duquel il fut ordonné Evêque. Il fut d’abord sectateur d’Arius, & se fit ensuite chef de parti. Tillemont, tom. VI. art. lxv. pag. 405. & suiv.

Les Aëtiens imbus de ses erreurs, étoient une branche d’Ariens plus outrés que les autres, & soûtenoient que le Fils & le Saint-Esprit étoient en tout différens du Pere. Ils furent encore appellés Eunoméens d’Eunome, un des principaux Disciples d’Aëtius ; Hétérousiens, Anoméens, Exoucontiens, Troglytes ou Troglodytes, Exocionites & purs Ariens. Voyez tous ces mots sous leurs titres. (G)