L’Encyclopédie/1re édition/ALBUGO

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 1p. 246).
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ALBUGO ou TAIE, est une maladie des yeux où la cornée perd sa couleur naturelle, & devient blanche & opaque.

La taie est la même chose que ce qu’on appelle autrement leucoma, λεύκωμα. Voyez Leucoma et Taie.

Albugo ou Leucoma, s. m. (Chirug.) c’est une tache blanche & superficielle qui survient à la cornée transparente par un engorgement des vaisseaux lymphatiques de cette partie. Ce vice empêche la vûe tant qu’il subsiste. Il ne faut pas confondre l’albugo avec les cicatrices de la cornée : les cicatrices sont ordinairement d’un blanc luisant & sans douleur : ce sont des marques de guérison, & non de maladie. L’albugo est d’un blanc non luisant comme de craie, & est accompagné d’une légere fluxion, d’un peu d’inflammation & de douleur, & d’un petit larmoyement ; il arrive sans qu’aucun ulcere ait précédé : la cicatrice au contraire est la marque d’un ulcere guéri.

L’albugo peut se terminer par un ulcere, & alors après sa guérison il laisse une cicatrlce qui ne s’efface point.

Pour guérir l’albugo, il faut prescrire les remedes généraux propres à détourner la fluxion : on fait ensuite usage des remedes particuliers. Les auteurs proposent les remedes acres & volatils pour dissoudre, détacher & nettoyer l’albugo, comme les fiels de brochet, de carpe ou autres poissons ; ou ceux de perdrix, d’oiseaux de proie & autres, dans lesquels on trempe la barbe d’une plume pour en toucher la tache deux fois par jour. M. Me Jean conseille entr’autres remedes le collyre sec avec l’iris, le sucre candi, la myrrhe, de chacun un demi gros, & quinze grains de vitriol blanc. On s’est souvent servi avec succès d’un mêlange de poudre de tuthie, de sucre candi & de vitriol blanc à parties égales, qu’on souffle sur la tache avec un fétu de paille ou un tuyau de plume. (Y)