L’Encyclopédie/1re édition/ANTIENNE

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 1p. 500-501).
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ANTIENNE, s. f. (Hist. eccl.) en latin antiphona, du grec ἀντὶ, contre, & φωνή, voix, son.

Les antiennes ont été ainsi nommées, parce que dans l’origine on les chantoit à deux chœurs, qui se répondoient alternativement ; & l’on comprenoit sous ce titre les hymnes & les pseaumes que l’on chantoit dans l’Eglise. S. Ignace disciple des Apôtres, a été, selon Socrate, l’auteur de cette maniere de chanter parmi les Grecs, & S. Ambroise l’a introduite chez les Latins. Théodoret en attribue l’origine à Diodore & à Flavien.

Quoi qu’il en soit, on comprenoit sous ce titre tout ce qui se chantoit dans l’Eglise par deux chœurs alternativement. Aujourd’hui la signification de ce terme est restrainte à certains passages courts tirés de l’Ecriture, qui conviennent au mystere, à la vie, ou à la dignité du Saint dont on célebre la fêté, & qui, soit dans le chant, soit dans la récitation de l’office, précedent les pseaumes & les cantiques. Le nombre des antiennes varie suivant la solennité plus ou moins grande des offices. Les matines des grandes fêtes ont neuf antiennes propres ; les laudes & les vêpres, chacune cinq antiennes propres ; chacune des heures canoniales a une des antiennes des laudes, excepté la quatrieme. Les cantiques Benedictus & Magnificat ont aussi leurs antiennes propres, aussi bien que le Nunc dimittis ; & les trois pseaumes de complies n’ont qu’une antienne propre. Dans d’autres offices moins solennels, comme les semi-doubles, le nombre des antiennes est trois à matines, une pour chaque nocturne, cinq à laudes, & celle du Benedictus ; une prise de celles des laudes pour chacune des heures canoniales ; six à vêpres, y compris celle du Magnificat ; une à complies pour les pseaumes, & une pour le cantique Nunc dimittis. L’intonation de l’antienne doit toûjours régler celle du pseaume. Les premiers mots de l’antienne sont adressés par un choriste à quelque personne du clergé, qui la répete ; c’est ce qui s’appelle imposer, & entonner une antienne. Dans l’office Romain, après l’imposition de l’antienne, le chœur poursuit, & la chante toute entiere, avant le pseaume ; & quand le pseaume est fini, le chœur reprend l’antienne. Dans d’autres Eglises, après l’imposition de l’antienne, le choriste commence le pseaume, & ce n’est qu’après le pseaume que tout le chœur chante l’antienne.

On donne aussi le nom d’antienne à quelques prieres particulieres, que l’Eglise Romaine chante en l’honneur de la sainte Vierge, & qui sont suivies d’un verset & d’une oraison, telles que le Salve regina, Regina coeli, &c. V. Verset, Oraison, Oremus. (G)