L’Encyclopédie/1re édition/APPAS

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 1p. 547).
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* APPAS, s. m. pl. attraits, charmes (Gram.) ; outre l’idée générale qui rend ces mots synonymes, il leur est encore commun de n’avoir point de singulier dans le sens où on les prend ici, c’est-à-dire, lorsqu’ils sont employés pour marquer le pouvoir qu’ont sur le cœur la beauté, l’agrément ou les graces : quant à leurs différences, les attraits ont quelque chose de plus naturel ; les appas tiennent plus de l’art, & il y a quelque chose de plus fort & de plus extraordinaire dans les charmes. Les attraits se font suivre, les appas engagent, & les charmes entraînent. On ne tient guere contre les attraits d’une jolie femme ; on a bien de la peine à se défendre des appas d’une coquette ; il est presqu’impossible de résister aux charmes de la beauté. On doit les attraits & les charmes à la nature ; on prend des appas à sa toilette. Les défauts qu’on remarque diminuent l’effet des attraits ; les appas s’évanouissent quand l’artifice se montre : on se fait aux charmes avec l’habitude & le tems.

Ces mots ne s’appliquent pas seulement aux avantages extérieurs des femmes ; ils se disent encore en général de tout ce qui affecte agréablement. On dit que la vertu a des attraits qui se font sentir aux vicieux mêmes ; que la richesse a des appas qui sont quelquefois succomber la vertu, & que le plaisir a des charmes qui triomphent souvent de la philosophie.

Avec des épithetes, on met de grands attraits, de puissans appas, & d’invincibles charmes. Voyez les Synon. Franç.

Appas, ou Appast, s. m. sing. c’est le nom générique sous lequel on comprend tous les moyens dont on se sert, soit à la pêche soit à la chasse, pour surprendre les animaux.