L’Encyclopédie/1re édition/ARRÊTE-BŒUF

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 1p. 707-708).
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Arrête-bœuf, anonis, (Hist. nat. bot.) genre de plante à fleur papilionacée : il s’éleve du calice un pistil qui devient dans la suite une gousse renflée, plus longue dans quelques especes, plus courte dans d’autres. Elle est composée de deux cosses qui renferment quelques semences ordinairement de la figure d’un petit rein. Ajoûtez aux caracteres de ce genre que chaque pédicule porte trois feuilles ; cependant on en trouve quelques-uns qui n’en portent qu’une. Tournefort, Inst. rei herb. Voy. Plante. (I)

* Cette plante donne dans l’analyse chimique beaucoup d’huile, de sel acide, & de terre ; une quantité médiocre de sel fixe, & très-peu d’esprit urineux. Ces principes sont enveloppés par un suc visqueux, qui se détruit par le feu. Le suc de la bugrande, ou arrête-bœuf, rougit un peu le papier bleu. Ses feuilles ont une saveur de légume, sont fétides & gluantes : c’est ce qui a fait dire à M. Tournefort, que cette plante est composée d’un sel presque semblable au tartre vitriolé, enveloppé dans du phlegme, & dans beaucoup de terre & de soufre.

On compte communément sa racine parmi les cinq racines apéritives. En effet, elle résout puissamment les humeurs épaisses, elle est salutaire dans les obstructions rebelles du foie & de la jaunisse ; elle soulage dans la néphretique & les suppressions d’urine. S. Pauli la regarde comme un excellent remede au calcul des reins & de la vessie. Matthiole la recommande pour les excroissances charnues ; Ettmuller la croit utile pour le sarcocelle. Voyez Mat. Med. de Geoffroy, le reste du détail de ses propriétés, & les compositions qu’on en tire.