L’Encyclopédie/1re édition/ATLAS

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
◄  ATLANTIQUE
ATLE  ►

ATLAS, s. m. en Anatomie, est le nom de la premiere vertebre du cou qui soûtient la tête. Elle est ainsi appellée par allusion au fameux mont Atlas en Afrique, qui est si haut qu’il semble soûtenir le ciel ; & à la fable où il est dit qu’un roi de ce pays-là nommé Atlas, portoit le ciel sur ses épaules.

L’atlas n’a point d’apophyse épineuse, parce que le mouvement de la tête ne se fait pas sur cette vertebre, mais sur la seconde. Comme elle est obligée de tourner toutes les fois que la tête se meut circulairement ; si elle avoit eu une apophyse épineuse, elle auroit gêné le mouvement des muscles dans l’extension de la tête. Elle est d’ailleurs d’un tissu plus fin & plus ferme que les autres vertebres, & elle en differe encore en ce que les autres reçoivent d’un côté & sont reçûes de l’autre, au lieu que la premiere vertebre reçoit des deux côtés ; car les deux condyles de l’occipital sont reçus dans ses deux cavités supérieures, ce qui forme son articulation avec la tête ; & en même tems deux éminences de la seconde vertebre, sont reçûes dans ses deux cavités inférieures, ce qui fait son articulation avec la seconde vertebre. (L)

Atlas, (Géog.) On a donné ce nom à des recueils de cartes géographiques de toutes les parties connues du monde ; soit parce qu’on voit sur une carte les parties de la terre, comme si on les considéroit du sommet du mont Atlas que les anciens qui en ont tant dit de choses, regardoient comme le plus élevé qu’il y eût sur le globe ; soit plûtôt par la raison que les cartes portent, pour ainsi dire, le monde, comme la fable a supposé qu’il étoit porté par Atlas.

Il y a apparence que cette fable du ciel porté par Atlas, vient de la hauteur du mont Atlas, qui semble se perdre dans les nues. C’est une chaîne de hautes montagnes d’Afrique qui séparent la Barbarie du Biledulgérid, & qui s’étend de l’est à l’ouest. La rigueur du froid, qui est très-grande sur les hautes montagnes, rend celle-ci inhabitable en quelques endroits : il y en a d’autres plus tempérées, où l’on conduit les troupeaux. La neige couvre le haut de cette montagne pendant toute l’année, ce qui n’est pas extraordinaire. Revenons à nos atlas géographiques.

Outre les atlas généraux de toutes les parties connues de la terre, il y a des atlas des parties prises séparément. Tel est l’atlas de la mer, &c.

Le grand atlas de Blaew est le premier ouvrage qui ait paru sous ce titre. Depuis ce tems nous en avons plusieurs de MM. Sanson, Delisle, &c. V. Carte (O)