L’Encyclopédie/1re édition/A LINÉA

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 1p. 270).
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A LINÉA (Gramm.) c’est-à-dire, incipe à lineâ, commencez par une nouvelle ligne. On n’écrit point ces deux mots à lineâ, mais, celui qui dicte un discours, où il y a divers sens détachés, après avoir dicté le premier sens, dit à celui qui écrit : punctum… à lineâ : c’est-à-dire, terminez par un point ce que vous venez d’écrire ; laissez en blanc ce qui reste à remplir de votre derniere ligne ; quittez-la, finie ou non finie, & commencez-en une nouvelle, observant que le premier mot de cette nouvelle ligne commence par une capitale, & qu’il soit un peu rentré en dedans pour mieux marquer la séparation, ou distinction de sens. On dit alors que ce nouveau sens est à lineâ, c’est-à-dire qu’il est détaché de ce qui précede, & qu’il commence une nouvelle ligne.

Les à lineâ bien placés contribuent à la netteté du discours. Ils avertissent le lecteur de la distinction du sens. On est plus disposé à entendre ce qu’on voit ainsi séparé.

Les Vers commencent toujours à lineâ, & par une lettre capitale.

Les ouvrages en Prose des anciens Auteurs, sont distingués par des alineâ, cotés à la marge par des chiffres : on dit alors numero 1, 2, 3, &c. On les divise aussi par chapitres, en mettant le numero en chiffre romain.

Les chapitres des Instituts de Justinien sont aussi divisés par des à lineâ, & le sens contenu d’un à lineâ à l’autre est appellé paragraphe, & se marque ainsi §. (F)