L’Encyclopédie/1re édition/BATARDEAU

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 2p. 139-140).

BATARDEAU, s. m. terme de riviere & de mer, c’est une espece de digue faite d’un double rang de pieux joints par des planches, & dont l’intervalle est rempli de terre ; on s’en sert pour detourner l’eau d’une riviere.

On donne aussi le nom de batardeau à une espece d’échafaut fait de quelques planches qu’on éleve sur le bord d’un vaisseau, pour empêcher l’eau d’entrer sur le pont, lorsqu’on couche le vaisseau sur le côté pour le radouber. (Z)

Batardeau (le) est, dans la Fortification, un massif de maçonnerie qui traverse toute la largeur du fossé : on le place ordinairement vis-à-vis les angles saillans des bastions & des demi-lunes, & sur le prolongement des capitales de ces ouvrages.

On fait des bâtardeaux dans les fossés d’une place, pour en retemir l’eau & empêcher qu’elle ne s’écoule par les endroits du fossé qui se trouvent plus bas que les autres.

Pour qu’un bâtardeau soit bon & solide, il doit avoir depuis 15 piés jusqu’à 18 piés d’épaisseur. On le construit vis-à-vis les angles saillans des ouvrages de la fortification ; parce que dans tout autre endroit il pourroit servir de couvert à l’ennemi dans le passage du fossé contre le feu de la place. Sa partie supérieure forme une espece de toît en dos d’âne, & elle se nomme la cape du bâtardeau. On construit sur le milieu de la cape une petite tour d’environ 6 ou 7 piés de hauteur, & d’autant de diametre ; elle sert à empêcher qu’on marche sur la cape, & elle s’oppose ainsi à la desertion des soldats. Voyez un bâtardeau en D, Pl. IV. de Fortific. fig. 3. (Q)