L’Encyclopédie/1re édition/BEDEAU

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 2p. 188-189).
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BEDEAU, s. m. (Hist. mod.) bas officier, sergent, qui somme les personnes de paroître ou de repondre.

Bedeau, se dit encore d’un officier subalterne dans les universités, dont la fonction est de marcher devant le recteur & les autres principaux, avec une masse, dans toutes les cérémonies publiques.

Les uns disent que bedelli vient par corruption de pedelli, parce que les bedeaux servent & courent à pié ; les autres font dériver ce nom de pedo seu baculo, parce qu’ils portent une baguette ; ils forment pedellus de pedum, espèce de baguette, qui est leur symbole ; & de pedellus, ils font le nom bedellus. Il en est qui s’imaginent en avoir trouvé l’étymologie dans l’Hébreu bedal, ordonner, ranger, disposer. Spelman, Vossius, & Somner, dérivent bedeau du Saxon bidel, crieur public ; c’est dans le même sens que certains anciens manuscrits Saxons, nomment les évêques bedeaux de Dieu, Dei bedalli.

Le traducteur du nouveau Testament Saxon rend exactor, par bydele ; & ce mot est employé dans les lois d’Ecosse, pour signifier la même chose.

Dans les églises & paroisses, on nomme bedeaux de bas officiers laïcs, vêtus de longue robes de drap rouge ou bleu, portans sur la manche gauche une plaque d’argent ou un chifre en broderie, qui représente l’image où le nom du patron de cette église ; ils ont à la main droite une verge ou baleine garnie de viroles & de plaques d’argent, précedent le clergé dans les cérémonies, & servent à maintenir le bon ordre pendant l’office, en chassant les mendians, les chiens, &c. (G)