L’Encyclopédie/1re édition/BEHOURD ou BEHOURT ou BOHOURT

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 2p. 192).
◄  BEHIMA

BEHOURD ou BEHOURT ou BOHOURT, s. m. (Hist. mod.) mot dont l’origine & la racine sont assez obscures, mais qu’on rencontre fréquemment dans nos anciens romans, pour signifier un combat que l’on faisoit à cheval la lance au poing, ou une course de lances dans les réjoüissances publiques. Dans la basse Latinité on l’a appellé behordium, en vieux Gaulois behourt & tournoy, & l’on disoit behorder, behourder, & border, pour marquer les exercices où la jeune noblesse combattoit avec des lances & des boucliers. Les Espagnols en ont retenu quelque chose dans le jeu qu’ils nomment cannas. On appelloit aussi dies de behourdeis, ce que d’autres auteurs ont nommé en bonne Latinité dies hastiludii. Parmi les gens de la campagne & la bourgeoisie des petites villes, le behourd étoit un jour assigné pour joûter avec des cannes & de longs bâtons non ferrés, ce qui se pratique encore en Angleterre à certains jours de l’année ; & Monet assûre que le même usage avoit autrefois lieu en France le premier & le second Dimanche de carême ; & d’autres ajoûtent, que pour exprimer un exercice à peu près semblable, les Florentins se servent du terme bagordare. (G)