L’Encyclopédie/1re édition/BOISSON

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 2p. 311).
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* BOISSON, s. f. on peut donner ce nom à tout aliment fluide destiné à réparer nos forces ; définition qui n’exclut pas les remedes mêmes fluides. On a vû en Angleterre un homme qui ne vivoit que de fomentations qu’on lui appliquoit à l’extérieur. Le but de la boisson est de remédier à la soif, au desséchement, à l’épaisseur ou à l’acrimonie des humeurs. L’eau froide, très-légere, sans odeur ni sans goût, puisée dans le courant d’une riviere, seroit la boisson la plus saine pour un homme robuste. L’eau froide est adoucissante ; elle fortifie les visceres ; elle nettoye tout : si les jeunes gens pouvoient s’en contenter, ils auroient rarement des maladies aiguës. Hérodote paroît attribuer la longue vie des Ethiopiens à l’usage d’une eau pure & légere. Il sembleroit qu’il faudroit réserver la bierre, le vin, & les autres liqueurs fortes, pour les occasions où il s’agit d’échauffer, de donner du mouvement, d’irriter, d’atténuer, &c. Boire de l’eau, & vivre d’alimens qui ne soient point du tout gras, voilà, dit Boerhaave, le moyen de rendre le corps ferme, & les membres vigoureux.