L’Encyclopédie/1re édition/CABARET

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 2p. 486-487).
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CABARET, s. m. (Hist. nat. bot.) asarum. Genre de plante à fleurs sans pétales, composée de cinq ou six étamines qui sortent d’un calice découpé en trois parties. La partie postérieure de ce calice devient dans la suite un fruit qui est pour l’ordinaire anguleux, divisé en six loges, & rempli de quelques semences oblongues. Tournefort Inst. rei herb. Voyez Plante.

L’asarum offic. germ. a la racine purgative & émétique ; elle desobstrue le foie, provoque les regles, expulse l’arrierefaix, & même le fœtus. On la recommande dans la jaunisse, l’hydropisie, les douleurs des reins, & la goutte : on l’appelle la panacée des fievres quartes. Les paysans en font leur fébrifuge. Une emplâtre de ses feuilles appliquée sur la région lombaire, pousse les urines ; extérieurement elle est résolutive, détersive, & vulnéraire. Les femmes enceintes doivent en éviter l’usage, quoi qu’en dise Fernel.

Potion émétique avec le cabaret. Prenez suc d’asarum une once ; oxymel de squille demi-once ; eau de chardon deux onces : c’est un très-puissant émétique, excellent dans la manie, où il réussit mieux que tous les remedes ordinaires.

Le cabaret pris en décoction purge doucement, & ne fait point vomir. Fernel en faisoit une composition émétique qui convient, selon lui, à tout le monde. Elle se prépare dans les boutiques.

Le cabaret est ainsi nommé, parce que les ivrognes s’en servent pour s’exciter au vomissement. (N)

Cabaret, Taverne, (Commerce.) ces deux lieux ont eu cela de commun, que l’on y vendoit du vin : mais dans les tavernes on n’y vendoit que du vin, sans y donner à manger ; au lieu qu’on donnoit à manger dans les cabarets. Cette distinction est ancienne. Les Grecs nommoient ταβερναὶ les lieux où l’on vendoit du vin, & καπὴ, ceux où l’on donnoit à manger. Les Romains avoient aussi leurs tabernæ & popinæ, dont la distinction étoit la même. Les professions d’Hôteliers, de Cabaretiers, & de Taverniers, sont maintenant confondues : la police leur a prescrit quelques regles relatives à la religion, aux mœurs, à la santé, & à la sûreté publique, qui sont fort belles, mais de peu d’usage.