L’Encyclopédie/1re édition/CARTISANNE

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 2p. 727).

* CARTISANNE, en terme de Boutonnier, de Passementier, de Rubanier, &c. c’est un ornement composé d’un fond de vélin ou de veau, recouvert de soie, de milanoise, d’or ou d’argent, &c. on coupe d’abord son vélin ou son veau, tantôt par bandes plus ou moins étroites, tantôt en pic, en sabot, en pompons, avec l’emporte-piece ; voyez Pic, Sabot & Pompon ; ensuite on couvre ces bandes ou découpures, les premieres au roüet, les secondes à la bobine, avec de la soie de trame pour les cartisannes unies, & de soie de grenade pour faire les frisées. Les cartisannes peuvent être couvertes de nouveau d’un trait d’or, quand les ouvrages qu’on veut en faire sont riches. La cartisanne s’employe au lieu de milanoise, de clinquant, de cordonnet, &c. on en fait les feuilles d’une cocarde, d’une aigrette ; on en recouvre en différens desseins des bandes de corniche dans les appartemens, pour imiter des morceaux de sculpture. Le vélin s’employe comme il vient de chez le Parcheminier ; le veau se prend chez le Corroyeur, & on lui donne un apprêt qui est un secret parmi les Boutonniers, pour le rendre dur & ferme. Voy. fig. 14. Planche du Boutonnier, une piece de corps ouvragée en cartisanne ; & dans la vignette de la même Planche, des ouvriers qui s’occupent à cette sorte d’ouvrage. La figure 15. représente leur établi.