L’Encyclopédie/1re édition/CASE ou CASSE

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 2p. 740-741).
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CASE ou CASSE d’Imprimerie, est une espece de table en deux parties, formant ensemble un quarré de deux piés neuf à dix pouces de long sur deux piés cinq à six pouces de large. Chaque partie est entourée & traversée dans sa largeur de tringles de bois de dix à douze lignes de large, sur un pouce & demi de hauteur, qui sont entaillées à certaines distances pour recevoir les extrémités de petites reglettes de bois environ de deux lignes d’épaisseur, & un peu moins hautes que les tringles ; lesquelles en se traversant, forment sur le fond de la table nombre de cassetins ou compartimens, qui servent à placer les différentes lettres dont une fonte doit être assortie. La partie inférieure appellée bas de casse, est partagée en cinquante-quatre cassetins de différente grandeur, destinés pour les voyelles & consonnes minuscules, les espaces, les quadrats, les quadratins, &c. La partie supérieure, qu’on appelle haut de casse, est divisée en 98 cassetins tous égaux, 49 de chaque côté, destinés pour les capitales ou majuscules, les petites capitales, les lettres accentuées, quelques lettres doubles, &c. Quand on dresse une casse pour y travailler, on la pose sur deux treteaux, beaucoup plus élevés sur leurs piés de derriere que sur ceux de devant ; ce qui fait que la partie la plus basse, qui contient les lettres les plus courantes, est la plus proche du compositeur ; & la partie la plus éloignée est la plus haute, & est celle qui renferme les lettres les moins fréquentes dans le discours, comme les capitales, les lettres accentuées, & lettres doubles. Voy. la fig. 1. Pl. III. de l’Imprimerie, qui représente une case Françoise, dans laquelle les lettres sont placées, comme il est d’usage à Paris de les disposer. La fig. 2. de la même Planche représente les casseaux de romaines A B D E, & d’italiques BCFE, qui sont toûjours placés à côté l’un de l’autre sur la table inclinée DEFd, portée par les quatre piliers K, K, K, K, assemblés les uns avec les autres par le moyen de plusieurs traverses, sur lesquelles pose la planche GH, qui sert au compositeur à mettre la galée & les pages déja composées, & autres choses qui peuvent l’embarrasser sur la casse.

La casse italique ne differe point de la romaine par la disposition des lettres.

Case ou Casse, en termes d’Orfevre, n’est autre chose qu’une plaque de fer quarrée de fonte, de dix à douze pouces de diametre. Elle est concave dans le milieu, afin que l’or ou l’argent venant à se fondre quand on les fait recuire, puisse se rassembler dans cette fossette. En ajoûtant le serre-feu à la case, on en fait un fourneau commode pour fondre les petites parties du métal.

L’usage principal de la case est de recuire les pieces d’Orfévrerie.

Case, au Trictrac, se dit de deux dames posées sur la même ligne ou fleche, où l’on joue. Voy. Trictrac. S’il n’y a qu’une dame sur la fléche, elle fait la demi-case.

On appelle case du diable, celle de la seconde fleche du grand-jan : on ne lui donne guere ce nom que quand c’est la seule qui soit à faire ; parce qu’il ne reste alors dans le petit-jan que cinq dames, & que tous les coups que l’on joue sans remplir, avancent ces dames, les font même passer. & mettent dans le cas ou de ne point faire son plein, ou de ne pas tenir long-tems.