L’Encyclopédie/1re édition/CHRYSALIDE

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CHRYSALIDE, s. f. chrysalis aurelia, (Hist. nat. Zoolog.) on donne ce nom aux insectes pendant le tems de leur métamorphose : ainsi on désigne par le mot de chrysalide un insecte qui est, pour ainsi dire, dans le travail de sa métamorphose, & dans l’état mitoyen, par exemple, entre l’état de chenille & celui de papillon. L’insecte n’a alors que très-peu de mouvement, il ne prend aucune nourriture, & il est recouvert d’une enveloppe dure & crustacée, qui tient toutes ses parties rapprochées les unes des autres comme en une masse informe. Les enveloppes des chrysalides commencent par être molles, & alors elles renferment beaucoup de liquide : dans la suite elles prennent plus de consistance. Il y a des chrysalides dont la figure approche de celle d’une datte ; c’est pourquoi on leur donne le nom de feve ; par exemple, les chrysalides des vers à soie. Il y a d’autres chrysalides de figure fort irréguliere & quelquefois si bisarre, qu’on s’imagine voir quelque chose de ressemblant a un enfant emmaillotté & couché dans le berceau, ou un visage d’homme, une tête de chien, de chat, ou d’oiseau, &c. mais on voit réellement dans certaines chrysalides de chenilles, les parties du papillon qui sont sous l’enveloppe ; on distingue la tête, les yeux, les antennes, la trompe, le corcelet, les jambes, & le corps. Il y a de ces enveloppes qui sont si transparentes, que l’on voit à-travers l’animal qu’elles renferment. Il y a des chrysalides de plusieurs couleurs ; on en trouve de brunes, de jaunes, de vertes, de rouges, de blanches, de violettes, de noires, &c. & de toutes les nuances de la plûpart de ces couleurs, on en voit même sur lesquelles le mêlange de ces couleurs fait un très-bel effet, mais on n’en peut rien conclure pour la beauté de l’insecte qui en doit sortir. On trouve ordinairement certaines chrysalides cachées dans des endroits abrités, & la plûpart sont encore défendues par des toiles ou des coques de soie, ou d’autres matieres. Voyez Chenille. Le tems où chaque insecte se change en chrysalide, varie suivant les différentes especes, & de même la durée des chrysalides est plus ou moins longue. Il y a tel insecte qui ne reste dans cet état que douze jours, d’autres n’en sortent qu’après un plus long-tems, & même on connoit des chrysalides qui durent pendant une année entiere ; mais en général leur durée dépend beaucoup de la température de l’air : la chaleur l’abrege, & le froid la prolonge. Theol. de ins. par M. Lesser. Voy. Nymphe, Métamorphose, Insecte. (I)