L’Encyclopédie/1re édition/CIRCONVALLATION

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CIRCONVALLATION, s. f. en terme de la guerre des siéges, est une ligne formée d’un fossé & d’un parapet, que les assiégeans font autour de leur camp, pour le défendre contre les secours qui peuvent venir aux assiégés. Voyez Ligne.

Ce mot est formé du latin circum, autour, & vallum, vallée ou élevation de terre.

On doit observer dans la disposition de la circonvallation :

1°. D’occuper le terrein le plus avantageux des environs de la place, soit qu’il se trouve un peu plus près ou un peu plus loin : cela ne doit faire aucun scrupule.

2°. De se poster de maniere que la queue des camps ne soit pas sous la portée du canon de la place.

3°. De ne point trop se jetter à la campagne, mais d’occuper précisément le terrein nécessaire à la sûreté du camp.

4°. D’éviter de se mettre sous les commandemens qui pourroient incommoder le dedans des camps & de la ligne par leur supériorité ou par leurs revers. Lorsque ces défauts se rencontrent, il vaut mieux occuper ces commandemens, soit en étendant les lignes jusque-là, soit en y faisant de bonnes redoutes ou de petits forts, que de s’y exposer. On doit aussi faire servir à la circonvallation, les hauteurs, ruisseaux, ravines, escarpemens, abbatis de bois, buissons, & généralement tout ce qui approche de son circuit, & qui le peut avantager.

La portée ordinaire du canon, tiré à-peu-près horisontalement, ou sur un angle d’environ 10 ou 12 degrés, peut s’estimer à-peu-près de 1200 toises. Cette portée, suivant les épreuves de M. Dumetz, rapportées dans les mémoires de Saint-Remi, est beaucoup plus grande ; mais dans ces épreuves le canon à été tiré à toute volée, c’est-à-dire sous l’angle de 45 degrés. Sous ces angles, ses coups sont trop incertains ; ainsi on doit établir pour regle générale, que la queue des camps des troupes qui campent dans la circonvallation, doit être éloignée de la place au moins de 1200 toises. La profondeur de ces camps est d’environ 30 toises, & la distance du front de bandiere à la ligne, de 120 ; d’où il suit que la circonvallation doit être dirigée à-peu-près parallélement à la place, à la distance au moins de 1350 ou 1400 toises. Elle est flanquée de distance en distance par des angles saillans qu’on appelle redans. Voy. Redans.

La mesure commune des lignes de circonvallation, quant au plan, doit être de 120 toises d’une pointe de redan à l’autre. On doit observer de placer les redans dans les lieux les plus éminens, & jamais dans les fonds ; comme aussi que les angles des redans soient toujours moins ouverts que le droit, afin que ses faces se présentent moins à l’ennemi. Voyez le tracé des lignes, Pl. 13. de Fortification.

L’ouverture du fossé de la circonvallation doit être de 15, 16, ou 18 piés, sur 6 à 7 & demi de profondeur, taluant du tiers de la largeur.

De cette façon le fossé aura 18 piés de large à son ouverture ; sa largeur au fond sera de 6 piés, ce qui donne 12 piés de largeur, réduite sur 7 piés & demi de profondeur, revenant par toise courante à deux toises cubes & demie ; c’est l’ouvrage qu’un paysan peut faire en sept jours sans beaucoup se fatiguer.

Sur ce pié-la, on peut proposer les mesures des six profils suivans pour toutes sortes de circonvallation. On ne doit en employer ni de plus forts, ni de plus foibles.

Premier profil.
Piés. Pouces.
Largeur du fossé à l’ouverture, 18 0
Largeur du même sur le fond, 6 0
Sa profondeur, 7 6
Contenu du solide de son excavation 15 0
Le tems nécessaire à sa façon, 18 jours.
Second profil.
Largeur du fossé à l’ouverture, 16 0
Largeur du fond du même, 5 4
Sa profondeur, 7 0
Contenu du solide de son excavation par toise courante 12 5
Le tems nécessaire à sa façon, 6 jours.
Troisieme profil.
Largeur du fossé à l’ouverture, 14 0
Largeur du même sur le fond, 4 8
Sa profondeur, 6 6
Contenu du solide de son excavation par toise courante 10 0
Le tems nécessaire à sa façon, 5 jours.
Quatrieme profil.
Largeur du fossé à l’ouverture, 12 0
Largeur du même sur le fond, 4 0
Sa profondeur, 6 0
Contenu solide de l’excavation par toise courante 8 2
Le tems nécessaire pour achever, 4 jours.
Cinquieme profil.
Largeur du fossé à l’ouverture, 10 0
Largeur du même sur le fond, 3 4
Sa profondeur, 6 6
Contenu solide de l’excavation par toise courante 5 7
Le tems nécessaire à sa façon, 2 jours. et demi
Sixieme profil.
Largeur du fossé à l’ouverture, 8 0
Largeur du même sur le fond, 2 0
Sa profondeur, 5 0
Contenu solide de l’excavation par toise courante 4 6
Le tems nécessaire à sa façon, 2 jours.

L’épaisseur du parapet du premier profil est de 8 piés, du second de 7 piés, & ainsi de suite en diminuant d’un pié. Pour la hauteur totale, elle est de 7 piés & demi. La banquette a 4 piés & demi de largeur & 3 de hauteur. Le bord de la contrescarpe du fossé est un peu plus élevé que le niveau de la campagne, & il forme une espece de glacis qui cache à l’ennemi le pié du parapet, ensorte qu’il ne peut le battre ou le ruiner, lorsqu’il en est éloigné. Voyez ces différens profils, Pl. 14. de Fortification.

Pendant la construction des lignes, les ingénieurs se partagent entre eux leur étendue pour avoir soin que les mesures soient aussi exactement observées qu’il est possible. La diligence du travail ne permet pas, au moins en France, qu’on y apporte grande attention : mais il faut cependant faire observer les taluds des fossés, & les profondeurs portées aux profils ; autrement cet ouvrage sera très-imparfait.

On faisoit autrefois des épaulemens dans l’intervalle des lignes & de la tête des camps, environ à vingt toises de cette tête, & de trente-cinq ou quarante toises de longueur, principalement dans les parties exposées à quelque commandement des dehors. Ils étoient disposés par allignement, & paralleles à la tête des camps : ils avoient neuf piés de haut sur dix ou douze d’épaisseur mesurés au sommet. La cavalerie des assiégeans se mettoit derriere, quand on attaquoit les lignes. Cette méthode ne se pratique plus à présent. On fortifioit aussi alors les lignes de circonvallation par des forts & par de grandes redoutes palissadées ; ce qui ne se pratique plus guere, la briéveté de nos siéges n’exigeant point tant de précautions. V. M. le maréchal de Vauban, attaque des places.

On peut fraiser les lignes ; & on le fait quand on présume qu’elles dureront quelque tems, & que les environs de l’espace qu’elles occupent, fournissent du bois propre à cet ouvrage.

On fait encore quelquefois un avant-fossé devant les lignes, de douze ou quinze piés de largeur par le haut, & de six ou sept de profondeur. Il se fait environ à douze ou quinze toises du fossé de la ligne. Son objet est d’arrêter l’ennemi lorsqu’il vient attaquer les lignes, & de lui faire perdre bien du tems & du monde en le passant. M. le maréchal de Vauban en desapprouvoit l’usage, sur ce que l’ennemi étant arrivé à ce fossé se trouve, en se jettant dedans, à couvert du feu de la circonvallation. Mais quelque déférence que l’on doive à ce grand homme, il semble néanmoins qu’on peut dans plusieurs cas se servir avantageusement de cet avant-fossé. Il arrête nécessairement la marche de l’ennemi, & il l’expose plus long-tems au feu de la ligne : aussi a-ton fait en différentes occasions, des avant-fossés aux lignes, depuis M. de Vauban, & notamment à la circonvallation de Philisbourg en 1734.

Cette circonvallation étoit encore fortifiée par des puits d’environ neuf piés de diametre à leur ouverture, & de six à sept de profondeur. Ils étoient rangés en échiquier & assez près les uns des autres, pour empêcher de passer dans leurs intervalles. Les Espagnols avoient pratiqué quelque chose de pareil au siége d’Arras en 1654 ; leur circonvallation étoit défendue par des especes de petits puits de deux piés de diametre sur un pié & demi de profondeur, dans le milieu desquels étoient plantés de petits pieux qui pouvoient nuire beaucoup au passage de la cavalerie. Voyez le plan & le profil d’une partie de la circonvallation de Philisbourg, Planche XV. de Fortification, figure premiere.

Cette circonvallation des Espagnols paroît avoir été copiée de celle de César à Alexia. Voici en quoi consistoit cette derniere.

« Comme les soldats étoient occupés en même tems à aller querir du bois & des vivres assez loin, & à travailler aux fortifications, César trouva à propos d’ajoûter quelque chose au travail des lignes, afin qu’il fallût moins de gens pour les garder. Il prit donc des arbres de médiocre hauteur, ou des branches fortes qu’il fit aiguiser ; & tirant un fossé de cinq piés de profondeur devant les lignes, il les y fit enfoncer & attacher ensemble par le pié, afin qu’on ne pût les arracher. On recouvroit le fossé de terre, ensorte qu’il ne paroissoit que la tête du tronc, dont les pointes entroient dans les jambes de ceux qui pensoient les traverser : c’est pourquoi les soldats les appelloient des ceps ; & comme il y en avoit cinq rangs de suite qui étoient entrelacés, on ne les pouvoit éviter. Au-devant il fit des fosses de trois piés de profondeur, un peu étroites par le haut, & disposées de travers en quinconce : là-dedans on fichoit des pieux ronds de la grosseur de la cuisse, brûlés & aiguisés par le bout, qui sortoient quatre doigts seulement hors de terre ; le reste étoit enfoncé trois piés plus bas que la profondeur de la fosse, pour tenir plus ferme, & la fosse couverte de brossailles pour servir comme de piége. Il y en avoit huit rangs de suite, chacun à trois piés de distance l’un de l’autre, & les soldats les nommoient des lys, à cause de leur ressemblance. Devant tout cela, il fit jetter une espece de chausse-trapes, qui étoient des pointes de fer attachées à des bâtons de la longueur du pié, qui se fichoient en terre ; tellement qu’il ne sortoit que ces pointes, que les soldats appelloient des aiguillons, & toute la terre en étoit couverte ». Comment. de César, par d’Ablancourt.

Les lignes de circonvallation ayant peu d’élévation, elles n’ont pas besoin de bastions pour être flanquées dans toutes leurs parties comme l’enceinte d’une place ; les redans qui sont d’une construction plus simple & d’une plus prompte expédition, sont suffisans : on fait seulement quelques bastions dans les endroits où la ligne fait des angles, qu’un redant ne défendroit pas aussi avantageusement. Il arrive cependant qu’on se sert aussi quelquefois des bastions pour flanquer la ligne, principalement lorsqu’elle a peu d’étendue : car les bastions augmentent considérablement sa circonférence. La plus grande partie de la circonvallation de Philisbourg en 1734, en étoit fortifiée.

On éleve des batteries à la pointe des redans, pour tirer le canon à barbette par-dessus le parapet. On le tire de cette maniere par-tout où on le place le long de la circonvallation.

Les lignes de circonvallation exigent de très-fortes armées pour les défendre. Si l’on suppose une circonvallation dont le rayon soit de 1700 toises, ce qui est la moindre distance du centre de la place à la circonvallation, on aura au moins 12000 toises pour sa circonférence, en y comprenant les redans & les détours ; ce qui fait à-peu-près cinq lieues communes de France.

Si, pour border une ligne de cette étendue, on donne seulement trois piés à chaque soldat, il faudra 24000 hommes pour un seul rang ; & pour trois de hauteur 72000, sans rien compter pour la seconde ligne, pour les tranchées, & les autres gardes, qui demanderoient bien encore autant de monde pour que tout fût suffisamment garni. Où trouver des armées de cette force ? & quand on dégarniroit la moitié des lignes les moins exposées, pour renforcer celles qui le seroient le plus, on ne parviendroit pas à les garnir suffisamment à beaucoup près ; d’autant plus, que si les places assiégées sont un peu considérables, la circonvallation deviendra bien plus grande que celle qui est ici supposée : ce qui éloigne encore plus la possibilité de les bien garnir. Cette considération a partagé les sentimens des plus célebres généraux, sur l’utilité de ces sortes de lignes. Tous conviennent qu’il y a des cas où l’on en peut tirer quelque utilité, surtout lorsqu’elles sont serrées & qu’elles n’ont qu’une médiocre étendue ; mais lorsqu’elles embrassent beaucoup de terrein, il est bien difficile de les défendre contre les attaques d’un ennemi intelligent.

Lorsque l’ennemi se dispose pour attaquer les lignes, il y a deux partis à prendre : le premier de lui en disputer l’entrée, & le second de laisser une partie de l’armée pour la garde des travaux du siége, & d’aller avec le reste au-devant de l’ennemi pour le combattre. Ces deux partis ont chacun leurs partisans parmi les généraux : mais il semble que le dernier est le plus généralement approuvé.

L’inconvénient qu’on trouve d’attendre l’ennemi dans les lignes, c’est que comme on ignore le côté qu’il choisira pour son attaque, on est obligé d’être également fort dans toutes les parties de la ligne ; & que lorsqu’elle est fort étendue, les troupes se trouvent trop éloignées les unes des autres pour opposer une grande résistance à l’ennemi du côté de son attaque. La plûpart des lignes de circonvallation qui ont été attaquées, ont été forcées : ainsi le raisonnement & l’expérience semblent concourir également à établir qu’il faut aller au-devant de l’ennemi pour le combattre, & pour ne point le laisser arriver à portée de la circonvallation.

Cependant sans vouloir rien décider dans une question de cette importance, il semble que lorsqu’une ligne peut être raisonnablement garnie, on peut la défendre avantageusement.

Il est incontestable que si le soldat qui défend la ligne veut profiter de tous ses avantages, il en a de très-grands & de très-réels sur l’assaillant. Celui-ci est obligé d’essuyer le feu de la ligne pendant un espace de tems assez considérable, avant de parvenir au bord du fossé. Il faut qu’il comble ce fossé sous ce même feu ; ce qui lui fait perdre bien du monde, & qui doit déranger nécessairement l’ordre de ses troupes. Est-il parvenu à pénetrer dans la ligne, ce ne peut être que sur un front fort étroit ; il peut être chargé de front & de flanc par les troupes qui sont dedans, lesquelles en faisant bien leur devoir, doivent le culbuter dans le fossé.

Supposons qu’il parvienne à faire plier la premiere ligne d’infanterie qui borde la ligne, la cavalerie qui est derriere peut (& elle le doit) tomber sur l’infanterie ennemie qui a pénetré dans la ligne ; & comme elle ne peut y entrer qu’en desordre, il est aisé à cette cavalerie de tomber dessus & de la culbuter.

Malgré des avantages si évidens, l’expérience, dit M. le chevalier de Folard, démontre que le soldat est moins brave & moins résolu derriere un retranchement, qu’en rase campagne. Il met toute sa confiance dans ce retranchement ; & lorsque l’ennemi, pour éviter d’être trop long-tems exposé au feu de la ligne, se jette brusquement dans le fossé, & qu’il tâche de monter de-là sur le retranchement, le soldat commence à perdre confiance ; & il la perd totalement, lorsqu’il le voit pénétrer dans la ligne. « On croit, dit cet auteur, le mal sans remede, lorsqu’il n’y a rien de plus aisé que d’y en apporter, de repousser ceux qui sont entrés, & de les culbuter dans le fossé : car outre qu’ils ne peuvent pénétrer en bon ordre, ils sont dégarnis de tout leur feu ; cependant l’on ne fait rien de ce que l’on est en état de faire : l’ennemi entre en foule, se forme, & l’autre se retire ; & la terreur courant alors dans le long de la ligne, tout s’en va, tout se débande, sans savoir souvent même où l’on a percé ».

On peut conclure de-là, que lorsque le soldat connoîtra bien tous les avantages que lui procure une bonne ligne, qu’il sera disposé à s’y bien défendre, que toutes les parties pourront également en être soûtenues, & enfin qu’on prendra toutes les précautions nécessaires pour n’y être point surpris, il sera bien difficile à l’ennemi de la forcer.

On en a vû un exemple au siége de Philisbourg en 1734. Les bonnes dispositions de la circonvallation empêcherent le prince Eugene, après qu’il l’eut bien reconnue, d’en faire l’attaque. Il fut simple spectateur de la continuation du siége, & il ne jugea pas à-propos, dit l’historien de sa vie, d’essayer de forcer nos lignes, tant elles lui parurent redoutables & à l’abri de toute insulte. En effet, leur peu d’étendue les mettoit en état d’être également défendues.

Lorsqu’on se trouve dans des situations semblables, on peut donc attendre l’ennemi tranquillement : mais lorsque la grandeur de la circonvallation ne permet pas de la garnir également, le parti le plus sûr est d’aller au-devant de l’ennemi ; comme le fit M. le maréchal de Tallard à Landau en 1703, & M. le duc de Vendôme à Barcelone en 1704.

Tout le monde sait qu’au siége de Turin en 1706, feu M. le duc d’Orléans proposa de prendre le même parti ; & que pour ne l’avoir pas pris, l’armée Françoise fut obligée de lever le siége, parce que les lignes n’étoient pas également bonnes par tout : l’ennemi pénetra d’un côté qui avoit été négligé ; il força les troupes, & secourut la ville.

M. le chevalier de Folard prétend que, sans aller au-devant de l’ennemi, il étoit aisé de l’empêcher de forcer les lignes, en ne se négligeant point sur les attentions nécessaires pour les soûtenir : que pour cela, il falloit envoyer assez de monde pour les défendre du côté que le prince Eugene les attaqua ; qu’elles ne valoient absolument rien de ce côté, qui n’avoit pour défense que la seule brigade de la Marine, qui fut obligée pour le garnir, de se ranger sur deux de hauteur, & qui dans cet état repoussa pourtant l’ennemi : mais que pendant l’attaque, le prince Eugene ayant remarqué une partie de la ligne sur la droite, où il n’y avoit qu’une compagnie de grenadiers, & où on pouvoit aller à couvert d’un rideau ou élévation de terre, il y fit aller cinquante hommes, lesquels entrerent par cet endroit. On s’imagina d’abord qu’il y étoit entré un corps beaucoup plus considérable : ainsi ce poste qui n’étoit pas assez garni de monde pour résister, ayant été emporté, l’épouvante se communiqua par-tout, & fit abandonner la ligne. M. de Folard ajoûte, que si M. d’Albergotti, qui étoit à portée d’envoyer un secours considérable au poste dont on vient de parler, l’avoit fait, l’entreprise du prince Eugene sur les lignes échouoit infailliblement.

L’exemple de l’attaque des lignes de Turin entendu & expliqué de cette maniere, ne prouve point que des lignes bien défendues soient toûjours forcées indubitablement ; il montre seulement que, lorsqu’il y a eû quelque négligence dans la circonvallation, qu’elle n’est pas également bonne de toute part, & que l’ennemi peut avoir le tems d’y forcer quelques quartiers avant qu’ils puissent être secourus des autres, il ne faut pas s’y renfermer ; mais qu’on le peut lorsqu’elle renferme assez de troupes pour l’aborder de toute part. Attaque des places, par M. Leblond. (Q)