L’Encyclopédie/1re édition/CORAIL

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

CORAIL, s. m. corallum, (Hist. nat. Insectolog.) c’est la plus belle & la plus précieuse de toutes les substances que l’on appelle improprement plantes marines. Voyez la Pl. XXII. d’Hist. nat. fig. 3. On ne peut traiter d’aucune de ces productions, sans se rappeller le nom & la découverte de M. Peyssonel correspondant de l’Académie royale des Sciences, qui a trouvé le premier que ces prétendues plantes appartiennent au regne animal, parce qu’elles sont produites par des insectes de mer. M. Peyssonel étant en 1725 sur les côtes de Barbarie par ordre du Roi, découvrit que les prétendues fleurs du corail observées par M. le comte de Marsigli, étoient de véritables insectes, qu’il appelle orties corallines. Notre observateur a étendu la même découverte à plusieurs autres especes du même genre, telles que les madrépores, les lithophites, les éponges, &c. Il a continué ses recherches jusqu’à présent, & il y travaille encore actuellement à la Guadeloupe, ou il réside en qualité de Médecin botaniste du Roi. Il nous a envoyé au mois d’Août 1753, à M. de Buffon & à moi, la copie d’un ouvrage qu’il a fait sur cette matiere, & qui comprend l’histoire des prétendues plantes marines, & ses propres observations à ce sujet. Je m’empresserois d’en rendre compte ici au public, si j’avois l’aveu de M. Peyssonel, pour disposer ainsi du dépôt qu’il nous a confié.

Je ne puis mieux remplir cet article que par les observations que M. Donati a faites sur le corail, & qu’il a données au public dans son livre qui a pour titre della storia naturale marina dell’adriatico saggio, &c. in Venetia 1750, in-4°. Les descriptions y sont faites de façon, qu’il convient mieux d’en donner une traduction exacte, que de les rapporter par extrait.

Le corail, selon quelques-uns, tire son nom des mots grecs κόρειν, orner, & ἁλός, mer, comme s’il n’y avoit aucune autre production marine dont la beauté pût être comparée au corail : aussi n’en est-il point sur laquelle les anciens ni les modernes ayent tant écrit.

Les sentimens des écrivains ont été partagés sur la nature du corail ; quelques-uns l’ont mis au nombre des pierres ; d’autres ont crû que c’étoit le produit d’un précipité de sels de terre, & d’autres principes mêlés ensemble, & contraires entr’eux ; le grand nombre l’a rapporté au regne végetal ; enfin il s’est trouvé des naturalistes qui ont démontré que c’étoit un véritable zoophite.

Le corail est une végétation marine qui ressemble beaucoup à une branche d’arbrisseau dépouillée de ses feuilles ; il n’a point de racines, mais il a pour base un pié, dont la forme, sans être constante, approche le plus souvent de la ronde. Ce pié s’applique à tous les points de la surface des corps sur lesquels il se trouve, ainsi que feroit de la cire fortement comprimée ; & il s’y attache tellement, qu’il est impossible de l’en séparer. Il sert de base & d’appui au corail, mais il ne contribue en aucune façon à sa nourriture, puisqu’on en a trouvé des branches qui ayant été séparées depuis long-tems de leur pié, avoient continué de vivre, de croître & de se reproduire au fond de la mer. De ce pié s’éleve une tige pour l’ordinaire unique, & dont la grosseur extrème, à ce que m’ont asiûré d’anciens corailliers, c’est-à-dire pêcheurs de corail, ne passe guere un pouce de Paris. Cette tige ne pousse ordinairement qu’un petit nombre de branches qui se ramifient elles-mêmes. Tous ses rameaux sont presque toûjours séparés ; cependant on en observe quelquefois deux & même plus qui naissent & s’élevent parallelement, qui sont comme jettés ensemble, & tellement unis, qu’il est impossible d’appercevoir comment ils le sont. Il est plus commun d’en voir qui en se rencontrant s’unissent de la même maniere ; & j’ai observé plus d’une fois une seule branche qui s’élevoit de deux autres branches ainsi unies.

Il est bon de faire remarquer que si un coquillage s’attache à la tige ou aux branches du corail, il ne manque pas d’être recouvert en tout ou en partie par la substance même du corail.

J’ai observé que sa plus grande hauteur, à laquelle même il s’éleve très-rarement dans la mer Adriatique, est d’un pié de Paris, ou un peu plus. La tige & les branches sont communément rondes : néanmoins on en trouve assez souvent, & j’en conserve dans ma collection, qui sont plates & larges.

Le pié, la tige & les branches sont d’une substance uniforme ; & cette substance consiste en une écorce & une matiere propre, qui sont les mêmes dans toutes ces parties.

Cette matiere propre est la substance intérieure du corail, qui approche beaucoup de la dureté du marbre, lors même qu’elle est au fond de la mer. Aux extrémités des branches elle est moins dure que l’écorce ; elle en conserve la consistance aux environs de ces extrémités, & la plus grande dureté est dans la tige & les branches les plus considérables.

Cette substance vûe au microscope dans les coraux d’une seule couleur, comme le rouge, & dans ceux qui ne sont point altérés par les insectes, paroît homogene, pure, sans taches, sans cavités, d’un grain égal, d’une dureté uniforme, & susceptible du plus beau poli. Mais il n’en est pas ainsi dans les coraux de plusieurs couleurs, ni même quelquefois dans ceux d’une couleur de rose jaunâtre, ou même d’une vraie couleur de rose. J’ai quelques branches de cette espece de corail, dont la coupe transversale présente différentes couches concentriques couleur de rose jaunâtre, blanches, & plus ou moins chargées de couleur. On observe les mêmes couches concentriques dans le corail rouge qui a été un peu exposé à l’action du feu ; elles sont toutes d’un brun clair, mais séparées par d’autres couches beaucoup plus foncées.

Quelque dure que soit cette substance, lorsque par le tems ou par accident elle a perdu son écorce, elle est sujette à être rongée par un petit insecte qui s’y insinue par de très-petites ouvertures, & qui détruit son organisation intérieure. Cette organisation consiste en de petites cellules à peu-près rondes qui communiquent entr’elles, & qui sont séparées par des parois très-déliés. Le corail ainsi rongé, est foible, fragile, & ne peut être employé à rien. Il est un autre insecte du même genre qui traverse le corail en ligne droite, & dont la route est marquée par des trous cylindriques. Au reste je dois avertir que les marbres les plus durs qui se trouvent au fond de la mer, ne sont pas exempts des atteintes de ces insectes, ou d’autres insectes qui leur ressemblent parfaitement.

La matiere propre du corail est cannelée, selon sa longueur ; ses cannelures, qui prennent du pié, suivent constamment le parallelisme entr’elles & avec les branches qu’elles parcourent ; elles sont plus marquées dans la tige principale & dans les grosses branches, quelquefois même elles disparoissent dans les petites : leur surface est inégale & raboteuse, comme si elle étoit formée d’un grand nombre de très-petits globules. La matiere dont il est question exposée à am feu violent, se réduit en une poussiere très-fine, de la même couleur que la cendre ordinaire : & comme dans la cendre vierge, c’est-à-dire dans celle qui est prise sur des charbons ardents, on découvre au microscope une sorte de squelette formée de fibres & des vaisseaux de la substance ligneuse ; ainsi dans la cendre de la substance intérieure du corail, on apperçoit aussi, à l’aide du microscope, ces parties constituantes qui paroissent être de la même figure & de la même couleur que celle de la cendre de l’écorce : ce sont de petits corpuscules blancs à peu-près sphériques, & unis comme en forme de grape. J’ai vû plusieurs fois sur la coupe transversale de branches de corail qui avoient été rompues, des cannelures qui partoient du centre, & qui aboutissoient par une correspondance exacte aux cannelures de la surface.

Toute cette surface est immédiatement environnée d’un corps cellulaire d’un blanc pâle, d’une consistance médiocrement molle, formée par les entrelacemens de petites membranes vasculeuses, lesquelles reçoivent par des vaisseaux capillaires un suc blanchâtre qui donne sa couleur au corps réticulaire. A ces membrances sont attachés des globules rouges, unis ensemble par d’autres petites membranes. Ces globules ressemblent tout-à-fait, par le volume & par la forme, à ceux de la cendre de la substance intérieure & de l’écorce du corail ; d’où il résulte que ces corps sont inaltérables au point que la calcination ne fait que changer leur couleur.

Le corps réticulaire qui enveloppe immédiatement la matiere propre du corail, y dépose régulierement ses petits globules rouges, ce qui forme les inégalités sphériques dont la surface des cannelures est formée. De-là on doit tenir pour certain que la matiere du corail est composée de ces globules. Si l’on me demande d’où ils tirent leur origine, je répondrai sans hésiter qu’ils la tirent des polypes du corail : car s’il est vrai, comme on le verra plus bas, que leurs œufs soient couverts de pareils corps, on doit conclure que des corps précisément de la même nature, quelque part qu’ils se trouvent, sont l’ouvrage des mêmes polypes.

Sur le corps réticulaire s’étend une écorce molle, & d’une couleur un peu plus claire que celle de la substance intérieure ; elle est formée de filets très déliés, auxquels sont attachés un grand nombre de globules rouges qui tiennent ensemble, & qui communiquent leur couleur à l’écorce. On y découvre au microscope des vaisseaux cylindriques & paralleles entr’eux, qui jettent de tous côtés des ramifications dans les petites membranes dont on a parlé plus haut, & qui y portent le suc laiteux qui nourrit le corail.

La superficie de cette écorce est inégale, glissante dans le corail nouvellement pêché ; plus relevée en certains endroits, en d’autres plus applanie : en plusieurs on apperçoit à l’œil des especes de nœuds qui s’élevent sur la surface ; ils sont ronds, assez larges à leur base, plus étroits vers leur surface supérieure, qui se divise en huit portions plus ou moins égales, & lesquelles se réunissent au centre de chaque nœud, ou plûtôt de chaque cellule composée intérieurement d’une portion du corps réticulaire, & revêtu au dehors de l’écorce du corail.

Dans certains endroits le corps réticulaire forme une duplicature, ou une espece de petit sac qui revêt tout l’intérieur de la cellule jusqu’au bord supérieur ; ensorte que la cellule ne se termine point immédiatement à la matiere propre du corail, mais au corps réticulaire. La forme de ces cellules est celle d’un cone qui a un renflement dont le diametre est plus grand que celui de sa base, & dont le sommet émoussé forme dans la matiere dure du corail de petites cavités plus marquées dans les branches jeunes & déliées, mais moins sensibles dans les branches plus grosses & plus vieilles.

Le fond de chaque cellule regarde le pié de la tige, & l’orifice est tourné du côté opposé ; telle est l’habitation du polype, que l’on peut voir à l’œil nud, mais dont on ne peut distinguer la figure précise qu’à l’aide du microscope. C’est ainsi que je l’ai observé pour le décrire & pour le dessiner.

De chaque cellule sort & se déploye au-dehors un insecte blanc, mou, un peu transparent, sous la forme d’une étoile à huit rayons égaux, à-peu-près coniques, & garnis de part & d’autre d’appendices aussi coniques, qui ont tous une même direction avec le rayon d’où ils naissent. Ces rayons sont un peu applatis, & de leur centre commun s’éleve une coquille qui s’élargit vers sa base, qui a une ouverture assez grande à son sommet, & qui est sillonnée dans sa longueur de huit cannelures profondes, dont les intervalles forment huit lignes saillantes : c’est dans ces intervalles que chaque rayon a son insertion. La coquille a pour appui une espece de pédicule, que j’appellerois plutôt le ventre de l’animal, lequel reste toûjours dans la cellule, tant que le polype est en vie & qu’il ne souffre pas, quoiqu’il n’y tienne en aucune façon, ainsi qu’on peut l’observer lorsque l’insecte est dans certaines positions. Tout cela se voit dans le corail récemment pêché & tenu dans l’eau de mer ; car lorsqu’on le tire de l’eau ou que même on le touche dans l’eau, aussi-tôt le polype rentre dans sa cellule, la coquille se referme ; & les rayons ainsi que leurs appendices se retirent d’eux-mêmes par un jeu semblable à celui des cornes de limas, se replient vers leur origine, & s’arrangent sur les bords de la coquille. Le polype se présente sous cette forme lorsqu’il vient d’être tiré de son élément : dans cet état, vû sans microscope, il ressemble à une goutte de lait ; & les anciens pêcheurs le prennent communément pour le lait du corail, d’autant plus qu’en pressant l’écorce on en fait sortir le polype sous l’apparence d’un suc laiteux ; c’est ce qui me fait croire que le lait qu’André Cesalpin observa le premier dans les coraux, n’étoit autre chose que les polypes dont il est question. Le ventre de ces insectes, comme nous l’avons dit, ne tient point du tout à la cellule, néanmoins il leur sert à s’y maintenir en se raccourcissant & en se dilatant assez pour que son diametre surpasse celui de l’orifice de la cellule. Ce jeu se voit très-clairement lorsqu’on sépare la cellule & le polype de la matiere dure du corail : non-seulement on apperçoit le ventre dans son état d’accourcissement, mais encore la situation que prend le polype dans sa cellule.

J’ai remarqué dans la partie inférieure du ventre de quelques polypes, de très-petites idatides rondes, extrèmement molles, transparentes, pâles ou jaunâtres, que j’ai prises, à leur figure & à la place où elles se trouvoient, pour de vrais œufs de polype.

Quoique le diametre de ces œufs ne soit peut-être que de la 40e partie d’une ligne, j’ai cru cependant y découvrir quelques traces de ces petits globules qui entrent dans la composition de l’écorce & de la substance totale du corail ; ces œufs se détachent de l’animal, & par la mollesse de leur consistance se prennent aux corps sur lesquels ils tombent, ensuite ils se dilatent vers leur base, ils se gonflent un peu, & alors on distingue nettement leur cavité, dont le bord supérieur se sillonne de huit cannelures, mais ne s’ouvre pas encore. L’embrion du polype informe y séjourne un certain tems, puis s’étant développé & étant, pour ainsi dire, devenu adulte, il sort par l’ouverture qui se fait à la surface supérieure de sa cellule & s’épanouit au dehors, & de-là l’accroissement du corail. Tant que cette premiere cellule où cet œuf du polype est encore fermé, tout y est dans l’état de mollesse ; mais lorsqu’il s’est ouvert, on commence à y remarquer quelques petites lames dures ; enfin lorsqu’il a acquis une ligne & demie de diametre, il grossit au sommet & à la base, & se resserre vers le milieu de sa hauteur ; c’est alors qu’il prend la vraie consistance du corail. A mesure qu’il croît, les polypes se multiplient & il se forme de nouvelles ramifications. Donati, pag. 43. & suiv. Voyez Polypiers. (I)

Corail, (Matiere médic. & Pharmacie.) Le corail est un absorbant ou alkali terreux, analogue ou plutôt parfaitement semblable aux yeux d’écrevisses, à la coquille d’huître, à la nacre de perle, à la craie, &c. aussi donne-t-on presqu’indifféremment dans le cas des acides des premieres voies, & dans les différentes maladies qui en dépendent, l’un ou l’autre de ces absorbans terreux.

La préparation du corail proprement dite, celle dont le produit est connu dans l’art sous le nom de corail préparé, consiste à le réduire en poudre dans un mortier de fer, à le tamiser, à le porphyriser, & à le former ensuite en petits trochisques.

Le sel de corail est un sel neutre, formé par l’union de l’acide du vinaigre, & du corail.

La dissolution de ce sel évaporée à feu lent, très rapprochée, présente en refroidissant une crystallisation en petits filets soyeux, élevés à-peu-près perpendiculairement sur le fond du vaisseau où ils se sont formés, & presque parallelement entr’eux.

Mais on ne se donne pas communément la peine de faire crystalliser le sel de corail qu’on prépare pour les usages médicinaux ; on se contente de le faire dessecher à un feu doux. Ce sel est assez analogue à la terre foliée du tartre ; il ne tombe pourtant pas en deliquium comme ce dernier sel, quoiqu’il soit assez soluble, sur-tout lorsqu’on ne l’a pas dépouillé par une trop forte dessiccation d’une portion d’acide surabondante qu’il retient dans ses crystaux.

Le magistere de corail n’est autre chose que la base du sel dont nous venons de parler, précipitée par un alkali fixe, & édulcorée par plusieurs lotions.

Lemery croyoit que le sel & le magistere de corail avoient la même vertu ; il leur attribuoit à l’un & à l’autre celle de fortifier & de réjoüir le cœur ; c’est apparemment sur son autorité, que quelques apoticaires donnent encore aujourd’hui assez indifféremment ces deux préparations l’une pour l’autre. Elles différent pourtant essentiellement, le magistere de corail n’étant absolument que le corail pur divisé dans ses parties les plus subtiles par la dissolution & la précipitation, l’édulcoration en ayant enlevé la petite portion du dissolvant & du précipitant qui accompagne ordinairement les précipités.

Ce magistere de corail n’est donc qu’un pur absorbant, dont les prétendues vertus cordiales, alexiteres, diaphorétiques, &c. sont aussi imaginaires que celles du corail préparé, auquel quelques auteurs les ont aussi attribuées.

Le sel de corail au contraire est un sel neutre, savoneux, dont on peut esperer de bons effets à titre d’apéritif, de diurétique, de tonique.

Les différentes teintures de corail par les alkalis, les esprits ardens, & les huiles, qui ne sont autre chose que des extractions de sa couleur, qui est soluble dans ces différens menstrues ; ces teintures où ces extractions, dis-je, sont des préparations absolument inutiles, & qui n’ont d’autres vertus que celles du dissolvant qu’on y employe.

On trouve encore chez plusieurs chymistes, sous le nom de teinture de corail, certaines dissolutions de ce corps opérées par le moyen des différens acides, comme celui du citron, celui du miel, celui de la cire, &c. Ces préparations ne different pas essentiellement de celle du sel de corail, du-moins nous ne sommes pas encore instruits de leur différence par des observations.

C’est avec une teinture de cette derniere espece, savoir une dissolution de corail par le suc d’épine-vinette, ou par celui de citron, ou même par l’acide distillé de genievre ou de gayac, que Quercetan faisoit son syrop de corail, qu’il célebre comme un remede unique dans tous les flux hépatiques, dissentériques, & lientériques.

Le corail entre dans les confections hiacynthe & alkerme, dans les poudres antispasmodiques, de guttele, de pattes d’écrevisses ; dans les poudres absorbantes, astringentes, contre l’avortement ; dans les trochisques de Karabé, dans les pilules hypnotiques, astringentes ; il entre dans l’opiate dentrifique & dans les tablettes absorbantes & roborantes.

Ce n’est que du corail rouge dont nous avons parlé jusqu’à présent, parce que ce n’est presque que celui-là qui est en usage dans les boutiques ; cependant on pourroit lui substituer dans tous les cas le corail blanc, qui n’en differe réellement que par la couleur. (b)

* Corail, (Mythol.) la Mythologie fait naître cette plante du sang de la tête de Méduse, Ce fut la derniere pétrification de ce monstre.

Corail de Jardin, (Bot.) est encore appellé piment, poivre d’Inde ou de Guinée : cette plante croît à la hauteur d’un pié, portant des feuilles pointues comme celles de la persicaire, de couleur verte-brune ; sa fleur forme une rosette blanche à plusieurs pointes. Le fruit qui lui succede est une capsule longue & assez grosse, qui étant mûre devient rouge ou purpurine, & renferme des semences plates tirant sur le rouge ; ce sont ces parties qui l’ont fait nommer corail de jardin.

Cette plante aime les pays chauds, & il en croît beaucoup en Espagne, en Portugal, en Languedoc, & en Provence.

On peut la mettre dans des pots, pour la serrer l’hyver. (K)