L’Encyclopédie/1re édition/DANTA

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DANTA, s. m. (Hist. nat. des quadrup.) nom que donnent les Espagnols du Pérou au plus grand des quadrupedes de l’Amérique méridionale. Les Portugais du Para l’appellent auté. Il est plus petit & moins gros qu’un bœuf, plus épais & moins élancé que le cerf & l’élan ; il n’a point de cornes, & a la queue fort courte ; il est extrèmement fort & leger à la course, & se fait jour au milieu des bois les plus fourrés. Il ne se rencontre au Pérou que dans quelques cantons boisés de la Cordeliere orientale ; mais il n’est pas rare dans les bois de l’Amazone, ni dans ceux de la Guiane. On le nomme vagra dans la langue du Pérou ; tapiira, dans celle du Bresil ; maypouri, dans la langue Galibi sur les côtes de la Guiane. Comme la terre-ferme, voisine de l’île de Cayenne, fait partie du continent que traverse l’Amazone, & est contiguë aux terres arrosées par ce fleuve, on trouve dans l’un & dans l’autre pays la plûpart des mêmes animaux. Voilà tout ce que M. de la Condamine dit du danta dans son voyage de l’Amérique méridionale (Mém. de l’acad. des Sc. 1745. p. 468.), & je m’en tiens à sa simple description, parce que celles des autres voyageurs ne s’accordent point ensemble : Marmol, par exemple, assûre que le danta d’Afrique a une corne au milieu de la tête courbée en rond en maniere d’anneau ; ce n’est point-là notre animal qui est sans cornes. Léry donne au danta d’Amérique pour défenses deux dents tournées en rond comme la corne de Marmol. M. de la Condamine ne parle ni de ces deux défenses, ni d’aucune autre singularité du danta. Il en eût été sans doute instruit, mais il n’écrivoit pas ses voyages pour transmettre des faits imaginaires. Article de M. le Chevalier de Jaucourt.