L’Encyclopédie/1re édition/FEINDRE

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* FEINDRE, c’est en général se servir, pour tromper les hommes, & leur en imposer, de toutes les démonstrations extérieures qui designent ce qui se passe dans l’ame. On feint des passions, des desseins, &c. Feindre a une acception propre à la Poésie. Voyez l’article Fiction.

Feindre, Boiter, (Manége, Maréchallerie.) ces deux mots ne sont pas exactement synonymes ; le premier n’est d’usage que dans le cas d’une claudication legere, & en quelque sorte imperceptible. Si nombre de personnes ont une peine extrème à discerner la partie qui dans l’animal qui boîte est affectée, quelle difficulté n’auront-elles pas à la reconnoître dans l’animal qui feint ? Un cheval voisin de sa chûte, à chaque pas qu’il fait boite tout bas. Feindre se dit encore lorsqu’en frappant sur le pié de l’animal, ou en comprimant quelque partie de son corps, il nous donne par le mouvement auquel cette compression ou ce heurt l’engage, des signes de douleur. On doit d’abord sonder le pié de tout cheval qui feint ou qui boite, en frappant avec le brochoir sur la tête des clous qui maintiennent le fer. Voyez Ecart. Lorsque le clou frappé occasionne la douleur, & par conséquent l’action de feindre ou de boiter, on observe un mouvement très-sensible dans l’avant-bras, & nous exprimons ce mouvement par le terme de feindre pris dans le dernier sens. (e)