L’Encyclopédie/1re édition/GALANGA

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GALANGA, s. m. poisson, voyez Baudroie.

Galanga, (Botan. exot.) racine des Indes orientales, qui est d’usage en Medecine.

On trouve deux especes de galanga dans les boutiques, le petit & le grand, tous deux décrits avec soin par M. Geoffroy. Le petit galanga, galanga minor, ou galanga sinensis off. est une racine tubéreuse, noüeuse, genouillée, tortue, repliée & recourbée comme par articulations de distance en distance, divisée en branches, & entourée de bandes circulaires : cette racine est inégale, dure, solide, de la grosseur du petit doigt, de couleur brune en-dehors & rougeâtre en-dedans, d’une odeur vive, aromatique : sa saveur un peu amere, pique & brûle le gosier, comme font le poivre & le gingembre. On nous apporte cette racine séchée, coupée par tranches ou en petits morceaux ; on la tire de la Chine & des Indes orientales, où elle croît d’elle-même, & où les habitans la cultivent : il faut la choisir saine, nourrie, compacte, odorante, d’un goût piquant.

La plante qui s’éleve de cette racine est appellée lagundi par les Indiens. On assûre qu’elle est composée de feuilles graminées, comme le gingembre ; que les fleurs, extrèmement odorantes, sont blanches & faites en maniere de casque ; & que son fruit a trois loges pleines de petites graines arrondies.

Le grand galanga, galanga major, galanga javanensis off. est une racine tubéreuse, noüeuse, inégale, genouillée, semblable à celle du petit galanga, mais plus grande, de la grosseur d’un ou de deux pouces, d’une odeur & d’un goût bien plus foibles & moins agréables, d’un brun rougeâtre en dehors & pâle en-dedans. La plante qui produit cette racine s’appelle aux Indes bangula ; & c’est tout ce que nous en savons.

Le grand & le petit galanga ont été également inconnus aux Grecs anciens & modernes, ainsi qu’aux Arabes : ces deux racines contiennent un sel volatil, huileux, aromatique, mais en plus grande abondance dans le petit galanga que dans le grand.

Le petit galanga passe sur-tout pour être propre à fortifier l’estomac relâché par l’atonie des fibres : on peut alors l’employer comme stomachique, jusqu’au poids d’une dragme en poudre, & jusqu’à trois dragmes en infusion dans un véhicule convenable. Les Indiens se servent des deux racines pour assaisonner leur nourriture, & nos Vinaigriers pour donner de la force à leurs vinaigres : les Droguistes vendent quelquefois l’un & l’autre galanga pour la racine d’acorus : cependant cette derniere n’a pas une adstriction si considérable.

L’huile pure des fleurs de galanga, qu’on tire aux Indes orientales, est aussi rare que précieuse : M. Tronchin en reçut en 1749 du gouverneur de Batavia, une très-petite quantité, mais d’une qualité si parfaite, que je parfumai, j’embaumai deux livres de thé avec une seule goutte de cette huile admirable. (D. J.)