L’Encyclopédie/1re édition/GAURES

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
◄  GAVOTTE
GAUTE  ►

GAURES, (les) Littérat. sectateurs de Zoroastre en Perse & aux Indes ; ils ont pour cet ancien philosophe de l’antiquité la plus profonde vénération, le regardant comme le grand prophete que Dieu leur a envoyé pour leur communiquer sa loi, & les instruire de sa volonté. Disons un mot de leur état & de leur caractere.

Ceux de cette secte sont qualifiés en Perse du nom odieux de gaure, qui en arabe signifie infidele ; on le leur donne comme si c’étoit leur nom de nation, & c’est sous ce nom seul qu’ils sont connus dans ce pays-là. Quand on y parle d’un gaure, on entend toûjours un adorateur du feu, un ignicole, un idolatre par excellence.

Ils ont un fauxbourg à Ispahan capitale de Perse, qui est appellé Gaurabad ou la ville des Gaures, & où ils sont employés aux plus basses & aux plus viles occupations. Quelques-uns sont dispersés en d’autres endroits de Perse, où l’on s’en sert aux mêmes offices ; mais le pays où il s’en trouve davantage, c’est le Kerman : comme cette province est la plus stérile & la plus mauvaise de toute la Perse, & que personne n’y veut demeurer, les mahométans leur ont permis d’y vivre librement, & d’y joüir des exercices de leur religion. Par-tout ailleurs les Perses les traitent avec le dernier mépris, & les regardent, par rapport à leur croyance, comme les pires de tous ceux qui different d’eux ; c’est une chose admirable de voir avec quelle douceur, avec quelle patience, ces honnêtes-gens-là supportent leur oppression.

Il y a quelques siecles que plusieurs gaures se refugierent aux Indes, & s’y fixerent aux environs de Surate, où leur postérité subsiste encore. Il y en a une colonie établie à Bombain, île de ces quartiers-là, qui appartient aux Anglois, & où plus que par-tout ailleurs, ils joüissent d’une entiere liberté, sans être troublés le moins du monde dans l’exercice de leur religion.

Les Gaures sont ignorans, pauvres, simples, patiens, superstitieux à divers égards, d’une morale rigide, d’un procédé franc & sincere, & du reste très-zélés pour leurs rites. Ils font profession de croire la résurrection, le jugement dernier, & de n’adorer que Dieu seul. Quoiqu’ils pratiquent leur culte en présence du feu, & en se retournant vers le soleil levant, ils déclarent hautement qu’ils n’adorent ni l’un ni l’autre ; mais que ces deux êtres étant les symboles les plus exprès de la divinité, ils l’adorent en se tournant vers eux, & s’y tournent toûjours par cette seule raison. Si vous desirez de plus grands détails, voyez les voyages de Thévenot, de Tavernier, & sur-tout Thomas Hyde, rel. vet. Pers. c. xxjv. Il n’est point de persan qui ait mieux connu que ce savant anglois la religion de Zoroastre. (D. J.)

Gaure, (Pays de-) Gaurensis ou Verodunensis comitatus, (Géog.) contrée de la Gascogne dans l’Armagnac, renfermant le petit pays de Lomagne, dont Verdun est la capitale : ce pays est séparé du haut Languedoc par la Garonne. Selon quelques géographes, c’est le pays des Garites de César ; d’autres prétendent que les Garites étoient dans le territoire de Lectoure. M. de Valois n’a osé prendre parti entre ces deux opinions : des savans plus téméraires ou plus éclairés, pourront décider. (D. J.)