L’Encyclopédie/1re édition/HASTAIRE

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Briasson, David l’aîné, Le Breton, Durand (Tome 8p. 62).
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HASTAIRE, s. m. (Art militaire.) les hastaires étoient des soldats de légions qui furent substitués aux Vélites, quand on eut accordé le droit de bourgeoisie romaine à toute l’Italie. Les hastaires formoient une infanterie formidable, composée de frondeurs & de gens de traits, qui lançoient le dard & le javelot avec la main ; c’est de-là qu’ils furent nommés hastaires.

Ils étoient si pesamment armés, que nous avons bien de la peine à le comprendre. Outre un casque d’airain ou d’acier poli qu’ils portoient, ils avoient le corps revétu d’une cotte de maille, ou d’une cuirasse, soit de cuivre, soit de fer, faite par écailles, comme celles d’un poisson, & si artistement travaillée, qu’elle obéissoit à tous les mouvemens du corps ; les cuisses étoient couvertes de même, & les bras jusqu’au coude ; le devant des jambes étoit pareillement défendu par une espece de botine d’un cuir très-fort.

Polybe nous apprend que ceux qui ne possédoient que quinze cens livres de biens, portoient d’abord sur l’estomac un plastron d’airain, de douze doigts de grandeur en quarré, qui leur tenoit lieu de cuirasse ; mais dans la suite, ils furent armés comme les autres.

Indépendamment de cette armure, ils avoient un bouclier de quatre piés de haut, sur deux & demi de large, dont ce même auteur fait une description bien détaillée. Il dit que ce bouclier étoit composé de deux ais d’un bois de peuplier fort leger ; que ces deux ais étoient collés ensemble avec de la colle de taureau, & qu’ils étoient couverts d’une grosse toile collée de même avec un cuir de veau par dessus ; les bords étoient revêtus de fer, de même que le milieu qui s’élevoit en bosse, pour soûtenir les plus grands coups de pierres ou de traits.

Leurs armes offensives étoient l’épée espagnole ; ce sont les termes de Polybe, tranchante des deux côtés, également propre pour frapper d’estoc & de taille ; la lame de la pointe en étoit forte & roide ; ils portoient cette épée pendue à un baudrier au côté droit, & un poignard au côté gauche, avec deux traits longs de trois coudées, dont l’un étoit un javelot, & l’autre un dard, qu’on appelloit hasta, d’où ils avoient été nommés hastati, ou hastaires ; car ce mot de hasta ne peut être expliqué, que par celui de cette sorte d’arme qui étoit un dard qu’on lançoit, & non pas une pique.

Le bois de cette espece de dard qu’on lançoit étoit quarré aussi-bien que le fer qui étoit de la même longueur que le bois ; il ne coupoit que par la pointe ; c’est la différence qu’Appien met entre le dard & le javelot qu’il nous représente comme plus leger & plus foible ; mais tous les deux se lançoient également avec la main. (D. J.)