L’Encyclopédie/1re édition/HYDROCÉPHALE

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Briasson, David l’aîné, Le Breton, Durand (Tome 8p. 370-371).
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HYDROCÉPHALE, terme de Chirurgie, tumeur aqueuse, ou hydropisie de la tête. Ætius a parlé de cette maladie dans un grand détail. On en fait de plusieurs especes, eu égard à la situation des eaux. On en admet d’abord une externe sous les tégumens ; c’est à proprement parler l’œdeme du cuir chevelu, & cette maladie ne peut être comprise sous le nom d’hydrocéphale. Il y en a trois especes différentes suivant les auteurs. Dans la premiere, les eaux sont épanchées entre le crâne & la dure-mere ; dans la seconde, la collection est entre la dure-mere & la pie-mere, & la troisieme, qui est probablement la seule qui existe dans la nature, & qui soit prouvée par des observations positives, est l’augmentation contre nature des eaux qui sont naturellement dans les ventricules du cerveau. Les enfans sont sujets à l’hydrocéphale dès le sein de leur mere ; & le volume excessif de la tête par cette cause, a souvent rendu les accouchemens laborieux, au point d’exiger que l’accoucheur force la fontanelle avec le doigt, pour procurer l’affaissement des parois du crane par l’écoulement de l’humeur épanchée. L’hydrocéphale peut venir à la suite des coups ou chûtes qui occasionnent une commotion dans le cerveau, par laquelle la structure en est dérangée, de façon que les humidités exhalantes ne sont pas résorbées. L’hydrocéphale se manifeste quelquefois après les douleurs de dents, les affections convulsives & vermineuses des enfans. Cette maladie arrive aussi à ceux qui ont quelque vice de la lymphe, & des obstructions aux glandes conglobées : en général ; cette maladie est particuliere aux enfans. Dans les adultes, les sutures serrées ne permettent pas la distension des os du crane.

Il y a des signes qui accompagnent cette maladie depuis son commencement jusqu’à son plus funeste degré. Ceux qui commencent d’en être attaqués, ont la tête lourde, l’assoupissement se manifeste par degrés, & devient plus fort à mesure que l’épanchement augmente ; les enfans sont foibles, languissans, tristes & pâles. Ils ont l’œil morne ; la prunelle dilatée, les sutures écartées, les os s’émincent deviennent mous, la tête grossit, devient monstrueuse & d’un poids insupportable ; les convulsions tourmentent les malades, & si la tête vient à crever, le malade meurt peu de tems après.

On peut voir par cette terminaison quel jugement on doit porter sur l’opération que quelques uns proposent pour évacuer les eaux qui forment l’hydrocéphale. Les desordres primitifs du cerveau, dont le skirrhe est souvent une cause de l’épanchement, ou la destruction consécutive des organes contenus dans le crane, ne laissent aucune ressource. On pourroit par des remedes hydradogues, détourner l’humeur dans sa formation, si on la pouvoit connoitre à tems, l’hydrocéphale dans son principe ; mais lorsqu’elle est confirmée & connue par les signes sensibles, le de ordre est porté trop loin pour oser risquer une opération, qui abrégeroit infailliblement les jours du malade.