L’Encyclopédie/1re édition/JAYET

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Briasson, David l’aîné, Le Breton, Durand (Tome 8p. 436).
JAIZI  ►

JAYET, (Chimie & Matiere médicinale.) l’analyse chimique prouve clairement que le jayet est un bitume fort analogue au charbon de terre, dont il ne différe presque que par un plus grand degré de pureté, & une moindre proportion de parties terrestres. Le jayet distilé sans intermede donne d’abord un phlegme blanchâtre un peu acide, & une huile empyreumatique qui devient de plus en plus noire & épaisse. Il laisse un residu abondant très-spongieux, qui n’a pas été examiné que je sache.

Le jayet s’enflame aisément & sans le secours des soufflets ; il brûle en repandant une fumée noire & épaisse, & il ne se fond point au feu. L’esprit-devin n’en tire qu’une teinture très-legere.

Quelques anciens, tels que Dioscoride & Ætius, ont celebré dans le jayet la vertu émolliente & résolutive ; le dernier de ces auteurs dit que le vin, dans lequel on a éteint des morceaux de jayet enflamés, guérit la cardialgie. On ne fait plus d’usage, parmi nous, que de son huile, soit noire, soit rectifiée. On la fait flairer aux femmes pendant les paroxysmes de passion hystérique, & l’odeur bien forte de cette huile les soulage en effet ; on donne aussi quelquefois intérieurement cette huile rectifiée, aussi bien que l’huile de succin, contre les vapeurs hystériques, & la supression des menstrues & des vuidanges. Il regne au sujet de ce remede une erreur populaire qui n’a pas le plus leger fondement. On pense communément que l’usage intérieur de l’huile de jayet cause infailliblement la stérilité, & que les lois défendent au médecin d’en donner à une femme sans l’aveu de son mari. (b)