L’Encyclopédie/1re édition/LICHEN

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LICHEN, s. m. (Hist. nat. Botan.) genre de plante qui n’a point de fleur ; son fruit a la forme d’un bassin. Il contient une poussiere ou semence qui paroît être arrondie, lorsqu’on la voit au microscope. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante.

Lichen de Grece, (Botan. exot.) espece de lichen qui sert à teindre en rouge. M. de Tournefort qui en a donné le premier la description, le nomme lichen græcus, polypoïdes, tinctorius, Coroll. 40.

Il croît par bouquets grisâtres, longs d’environ deux ou trois pouces, divisés en petits brins, presque aussi menus que du crin, & partagés en deux ou trois cornichons, déliés à leur naissance, arrondis, & roides, mais épais de près d’une ligne dans la suite, courbés en faucille, & terminés quelquefois par deux pointes : ces cornichons sont garnis dans leurs longueurs d’un rang de bassins plus blancs que le reste, de demi-ligne de diamètre, relevés de petites verrues, semblables aux bassins du polype de mer ; toute la plante est solide, blanche, & d’un goût salé.

Elle n’est pas rare dans les îles de l’Archipel, mais son usage pour la teinture n’est connu qu’à Amorgos.

Elle vient sur les rochers de cette île, & sur ceux de Nicomia. Il y a beaucoup d’apparence qu’elle servoit autrefois à mettre en rouge les tuniques d’Amorgos, qui étoient si recherchées. Cette plante se vendoit encore dans l’Archipel sur la fin du dernier siecle, dix écus le quintal, ce qui feroit vingt écus de nos jours ; on la transportoit à Aléxandrie & en Angleterre, pour l’employer à teindre en rouge, comme on se servoit en France de la parelle d’Auvergne ; mais l’usage de la cochenille a fait tomber toutes les teintures que les plantes peuvent fournir. (D. J.)