L’Encyclopédie/1re édition/MOERES

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MOERES, unies, satinées, brochées & à bandes, s. f. (Soierie.) la moëre n’est qu’un gros-de-tours auquel on donne le nom de moëre lorsqu’il a passé sous la calendre. On dit moërer une étoffe.

La moëre est sans contredit une des plus belles étoffes de la fabrique ; on la divise en moëre simple & moëre double.

La moëre simple est composée de 40 portées doubles, & la double de 80, ce qui vaut autant que 80 portées simples pour la premiere, 160 portées de même pour la seconde. Il s’en fait de 50, 60, & 70 portées doubles, suivant la fantaisie du fabriquant, ou la grosseur de l’organsin dont la chaîne est composée ; mais ordinairement les plus belles sont de 80 portées doubles d’un organsin fin de 48 deniers, pour que l’étoffe soit plus brillante ; on trouvera à l’artlcle Organsin la façon dont se fait l’essai des organsins depuis 18, 20 deniers jusqu’à 48.

La figure que la calendre imprime sur la moëre, n’est belle qu’autant que l’étoffe est garnie en chaîne, la trame n’y ayant aucune part, attendu que sa qualité étant naturellement plate, elle ne peut recevoir aucune impression par le poids de la calendre, & que l’organsin dont la chaîne est composée étant rond par le tord & le retord qui lui a été donné dans sa préparation, ainsi qu’il sera démontré dans le moulinage des soies, la figure paroît imprimée sur la moëre, n’étant autre chose que les fils de la chaîne qui sont applatis par le poids énorme de la calendre qui lui donne ce brillant, ce même poids ne pourroit faire aucune impression sur une soie naturellement plate ; d’ailleurs la trame étant enterrée (c’est le terme) dans la chaîne, elle ne sert qu’à faire le corps de l’étoffe, & devient très inutile pour la figure.

Les moëres simples sont montées sur quatre lisses seulement : les fils sont passés dans les mailles ou boucles des lisses à col tors. Pour avoir une idée de la maille de cette lisse, imaginez un brin de fil plié en deux, il formera une boucle à son pli. Imaginez un second brin de fil plié en deux, il formera à son pli une boucle. Imaginez que les boucles des deux brins de fil soient prises l’une sur l’autre, ensorte que les deux bouts du premier brin de fil soient en haut, & les deux bouts du second brin de fil soient en bas ; il est évident que ces deux brins étant passés l’un sur l’autre, & s’embrassant par leurs boucles, si l’on tire l’un en haut, il fera monter l’autre ; & si l’on tire celui-ci en bas, il fera descendre le premier, & que s’il y a un fil de soie passé entre les boucles, ce fil embrassé en dessus par la boucle du brin d’en bas ; & en dessous par la boucle du brin d’en haut, il obéira à tous les mouvemens de ces brins de fil ou de leurs boucles. Tous les fils de moëre ont été passés dessus & dessous la boucle de chaque maille de la lisse, afin que cette même lisse puisse faire lever & baisser alternativement le fil de la chaîne ; & pour éviter quatre lisses de rabat qu’il faudroit de plus si le fil étoit passé à l’ordinaire dans une maille seulement, attendu que dans cette étoffe, qui est la même que le gros-de-tours, lorsque l’ouvrier foule la marche pour faire l’ouverture de la chaîne quand il veut passer son coup de navette, il faut qu’il fasse baisser les deux lisses de rabat qui se rapportent aux deux lisses qui ne levent pas, afin que son ouverture soit nette & qu’il ne se trouve pas de fil en l’air, c’est-à-dire qui pourroient suivre ceux qui doivent lever, soit par une tenue ou union du fil qui leve avec celui qui ne leve pas, ce que le rabat empêche dans les gros-de-tours à l’ordinaire ; & dans l’étoffe de cette espece, le passage du fil à col tors qui se trouve dans la maille de la lisse qui baisse quand les deux autres levent. Aussi dans l’étoffe de cette espece il n’y a ni carrete, ni calquerons, ni alerons : les lisses étant suspendues de deux en deux sur une poulie de chaque côté, de façon que pour faire l’ouverture de la chaîne ; on fait simplement baisser une lisse, laquelle en baissant fait lever celle qui la joint avec laquelle elle est suspendue, au moyen de la poulie sur laquelle la corde qui tient les deux lisses est passée, & par ce moyen il n’est besoin que de deux étrivieres, au lieu de quatre qui seroient nécessaires s’il y avoit un rabat, afin de faire baisser les deux lisses qui forment le gros-de-tours & faire lever les deux autres, de façon que deux marches suffisent pour faire lever & baisser alternativement la moitié de la chaîne.

La façon de pendre les lisses pour la fabrication de la moëre unie, n’est pas seulement pour éviter les étrivieres, les alerons, calquerons, &c. elle concourt encore à la perfection de cette étoffe, qui est des plus délicates, sur-tout celle qui est unie, en ce que, lorsque l’ouvrier foule la marche, les deux lisses qui baissent faisant lever les deux autres lisses qui leur correspondent, il arrive que la moitié de la chaîne qui baisse, baissant autant que celle qui leve, l’extension de la chaîne se trouve égale dessous comme dessus, & fait que le grain du gros-de-tours se trouve plus parfait que dans toutes les autres étoffes de fabrique dans lesquelles les lisses que l’ouvrier fait lever pour faire l’ouverture de la chaîne, étant les seules qui sont fatiguées par l’effort de l’extension de la chaîne, il n’est pas possible que la soie qui leve ne souffre beaucoup par rapport à cette même extension, puisqu’elle en supporte tout le poids, & qu’au contraire, celle qui ne leve pas ne lâche un peu ou ne soit moins tendue dans cet intervalle, ce qui occasionne nécessairement une imperfection qu’on ne sauroit éviter qu’en procurant à la soie qui compose la chaîne une égalité parfaite pendant le cours de la fabrication.

Quoique les fils soient passés à col tors dans les moëres de cette espece, & qu’ils soient arrêtés dans la maille, néanmoins l’on en fabrique qui sont brochées, ce qui paroît d’autant plus surprenant que la façon en est des plus simples.

Comme le poids des deux marches tient les lisses tendues, on en ajoute une troisieme, laquelle au moyen d’une corde qui prend les quatre lisserons d’en bas des quatre lisses, les souleve, lorsque l’on tire les lacs pour brocher les fleurs, de la hauteur convenable pour que la soie tirée puisse lever, & au moyen d’une invention aussi simple, les mailles n’étant plus tendues on broche les fleurs, qui ne sont liées que par la corde, dans cette étoffe comme dans une autre.

Les moëres doubles unies sont montées comme les moëres simples, avec cette différence qu’elles ont plus de lisses afin que les fils soient plus dégagés ; par exemple, une moëre de 40 portées doubles, montée sur quatre lisses, fournit 10 portées doubles sur chacune, ce qui fait 800 fils, conséquemment 800 mailles. Or comme dans une moëre double qui n’auroit que quatre lisses, chacune de ces lisses contiendroit 1600 mailles, lesquelles dans la largeur de onze vingt-quatriemes, qui est celle des étoffes de la fabrique, cette quantité de mailles par son volume gêneroit les fils d’une façon qu’il seroit très difficile de les faire lever & baisser avec facilité, & avec autant d’aisance que l’exige cette étoffe, pour que les fils n’étant ni gênés ni contrariés elle soit parfaite, ce qui fait qu’au-lieu de quatre lisses on en met ordinairement huit, pour que ces mêmes fils soient plus dégagés (c’est le terme), & que l’étoffe acquiere toute la perfection dont elle est susceptible.

Les moëres satinées sont montées différemment, il faut que les chaînes soient ourdies à fils simples, elles sont ordinairement de 100 portées, les plus belles sont de 120 portées, ce qui fait 9600 fils. On les nomme satinées parce qu’elles ont des fleurs qui forment un satin parfait de la couleur de la chaîne & qu’elles se font à la tire ; ces étoffes & les fleurs ont l’endroit dessus, il ne pourroit pas se faire dessous. On les monte à 12 lisses, on ne pourroit pas en mettre moins, savoir 8 lisses de satin où les fils sont passés simples, & 4 lisses pour le gros-de-tours où ils sont passés doubles. Il faut que les 2 fils des 2 premieres lisses de satin soient passés dans la maille de la premiere lisse du gros-de-tours, les 2 de la troisieme & quatrieme lisse dans la maille de la seconde, ceux de la cinquieme & de la sixieme dans celle de la troisieme, & enfin ceux de la septieme & de la huitieme dans celle de la quatrieme.

Les huit lisses de satin forment un rabat, de façon que les fils qui y sont passés sont dessous la maille, pour que la lisse puisse les faire baisser. Les quatre lisses pour les gros-de-tours ont les fils passés dessus la maille pour qu’elles puissent les faire lever. Il faut huit marches pour fabriquer cette étoffe ; chaque marche fait lever deux lisses de gros-de-tours à l’ordinaire, & baisser une lisse de rabat. L’armure des quatre lisses de gros-de-tours est à l’ordinaire, une prise & une laissée alternativement, celle du rabat est une prise & deux laissées pour le premier coup, comme dans les satins ordinaires, c’est-à-dire au premier coup de navette la premiere, au second coup la quatrieme, au troisieme coup la septieme, au quatrieme coup la seconde, au cinquieme coup la cinquieme, au sixieme coup la huitieme, au septieme coup la troisieme, au huitieme coup la sixieme : on entend par la premiere lisse celle qui est du côté du corps, ainsi des autres.

Lorsqu’on veut travailler l’étoffe, on fait tirer le lac qui doit faire le façonné en satin, pour-lois on fait lever la 2e & la 4e lisse du gros-de-tours & baisser la premiere lisse du rabat pour le premier coup ; & comme il faut passer deux coups de navette sur chaque lac tiré, au second coup on fait lever la premiere & la troisieme lisse de gros-de-tours & baisser la quatrieme lisse du rabat, suivant l’armure qui a été décrite ci-devant, ce qui fait que la partie qui n’est pas tirée fait visiblement un gros-de-tours, puisque les deux lisses qui levent font lever la moitié de la chaîne, & que dans celle qui est tirée le rabat n’en faisant baisser que la huitieme partie, les sept restantes ne sauroient manquer de former un satin parfait dans la figure ou dans tout ce qui est tiré.

Une observation très-importante à faire, est que quoiqu’on puisse faire un beau satin par une prise & une laissée, même par les lisses suivies, néanmoins la moëre ne pourroit pas se faire satinée si l’armure n’étoit pas d’une lisse prise & de deux laissées, comme il a été expliqué ci-devant, en voici la raison. On a dit que les huit lisses sous la maille desquelles sont passés les fils simples de la chaîne se rapportoient parfaitement aux quatre lisses de gros-de-tours ; si l’armure de ces huit lisses étoit différente il arriveroit que ces mêmes lisses se trouveroient forcées une fois à chaque coup de navette, c’est-à-dire à l’un des deux coups pour le lac tiré, de faire baisser la moitié des fils qui se trouveroient levés par la lisse de gros-de-tours, & par cette contrariété arrêteroient le fil qui doit baisser au satin, de même que celui qui doit lever au gros-de-tours, & empêcheroient la fabrication de l’étoffe, au-lieu que suivant cette disposition il est clair que la premiere lisse qui rabat ne répondant qu’à la premiere lisse de gros-de-tours qui ne leve point au premier coup, les fils ne sauroient se contrarier, de même qu’au second où on fait baisser la quatrieme qui répond à la seconde du gros-de-tours, qui pour-lors demeure baissée, ainsi des autres pendant la course ; on appelle course le mouvement suivi de huit marches pendant la fabrication ; on donne aussi le nom de course au nombre des fils ensemble que contient une maille de corps.

Quoiqu’il n’y ait point de rabat, & qu’il ne puisse pas même en être mis dans la moëre satinée pour arrêter les fils qui ne levent pas & les empêcher de suivre, néanmoins comme ces mêmes fils sont passés séparément dans les huit lisses qui doivent être les premieres du côté du corps, cette séparation empêche qu’ils ne se lient ou se joignent par quelques petits ou légers bouchons de soie, comme il arrive très-fréquemment, & fait que l’étoffe se fabrique toujours bien & avec netteté.

Les moëres satinées & brochées ne pouvant être fabriquées que l’endroit dessus, dans ce cas on ne fait lire que la corde qui fait le contour des fleurs, des feuilles & des fruits, ainsi que les découpures ; pour-lors le lac étant tiré, on le broche à l’ordinaire.

Les moëres à bandes, dont les unes font un très beau satin & les autres un parfait gros-de-tour, sont montées différemment des premieres, & à-peu près comme les satinées, quant aux lisses, avec cette différence qu’encore que la quantité soit égale, les huit lisses qui forment le satin ne rabattent point, parce que les fils y sont passés pour être levés, ainsi que dans les autres satins, mais il faut douze lisses comme dans les précédentes, conséquemment huit marches.

Pour fabriquer les moëres à bandes, on fait ourdir la quantité de portées dont on veut que l’étoffe soit composée, partie d’une couleur à fils doubles pour faire le gros de-tour, & partie à fils simples pour faire le satin, en observant que le même nombre de fils soit égal dans chaque bande, c’est à-dire que si une bande est composée de dix portées doubles qui valent autant que vingt portées simples, il faut que la bande de satin, si elle est composée d’une même largeur, contienne vingt portées simples ; mais comme il faut que la bande de gros-de-tours soit dominante attendu le brillant du moërage, il faut que celle du satin qui ordinairement est plus étroite, lui soit proportionnée pour la quantité de fils.

La disposition de l’ourdissage de ces sortes de moëres doit être de façon que lorsque la moëre est fabriquée, & qu’on la double pour la passer sous la calandre, il faut que les bandes qui forment le gros-de-tours se trouvent précisément les unes contre les autres, lorsque la piece d’étoffe est doublée pour la moërer, sans quoi les bandes qui se trouveroient de gros-de-tours contre le satin, ne pourroient pas prendre le moërage ; le satin ne prenant pas la moëre, attendu qu’il ne forme aucun grain, étant uni & plat ; le gros-de-tours au contraire étant d’autant plus grené qu’il est garni en chaîne, les deux grains étant adossés & écrasés par le poids de la calandre, donnent le brillant que l’on apperçoit dans les belles moëres ; le satin au contraire se trouvant contre le satin, devient plus uni & plus brillant par la pression du poids de la même calandre.

Les Anglois sont les premiers inventeurs de ces sortes de moëres de cette espece, attendu le poids énorme des caisses de leurs calandres qui est de 140 à 150 milliers qui sont mues à l’aide d’un cheval seulement au moyen des poulies doubles qui en facilitent le mouvement ; ce qui n’est pas ignoré en France, comme on voit par celle que l’abbé Hubert a fait construire à Paris, ni à Lyon où la ville a fait construire de même une calandre, suivant le plan donné par un anglois qui la conduit, auquel on a donné un éleve qui est françois, & assuré une pension à son auteur outre le prix de moërage qu’il retire des fabriquans qui le font travailler. Tous les connoisseurs sont d’accord que la calandre de Lyon est la plus belle du royaume.

Les douzes lisses pour passer les fils de la chaine de cette étoffe doivent être à jour, c’est-à-dire que les quatre lisses qui sont destinées pour former le gros-de-tours ne doivent avoir des mailles qu’autant qu’il en faut pour y passer les fils de la bande qui doit être moerée, & ne doivent point avoir de mailles dans les parties où les bandes de satin passeront ; les lisses pour le satin doivent être de même, & n’avoir aucunes mailles dans les parties où les ban les des gros-de tours passeront. Les fils pour le gros-de-tours doivent être passés à col tors pour éviter quatre lisses de rabat ; les lisses doivent être suspendues comme dans les moëres brochées, unies, ou celles qui sont simplement unies. On arme les lisses de satin comme on juge à propos, soit une prise ou deux laissées, soit une prile & une laissée, &c. on pourroit brocher ces sortes de moëres à l’ordinaire, l’endroit dessous, mais nos Lyonnois ne l’ont pas encore entrepris, peut être n’ont-ils pas connoissance de la façon dont on fait lever les lisses pour brocher, ce qu’ils ne pourroient faire qu’en ajoutant quatre lisses de rabat ; la façon de soulever les lisses ayant été tirée d’Angleterre, ces insulaires étant aussi inventeurs que nous.

Pour que cette étoffe soit belle, il faut que la trame approche beaucoup plus de la couleur du satin que de celle de la bande du gros de-tours, parce que le beau satin doit être uni & d’une seule couleur, au lieu que le gros-de-tours, dont la trame est d’une couleur différente que les fabriquans nomment gros-de-tours changeant, paroît d’une couleur transparente, laquelle étant moërée, augmente considérablement la beauté de cette étoffe. Par exemple, une moëre dont les bandes principales seroient marron clair ou maurdoré, & les bandes de satin aurore ou autre couleur jaune comme souci, jonquille, &c. étant tramée d’une couleur aurore ou autre jaune, ne pourroit pas manquer d’être belle, attendu l’effet que produiroit la couleur jaune qui transpireroit (c’est le terme) au travers de la chaîne marron, c’est-à-dire qui perceroit ou paroîtroit imperceptiblement, ce qui, avec le moërage, ne pourroit s’empêcher de produire un bel effet. Dans le nombre des échantillons de moëre fabriquée en Angleterre, il s’en est vû un dont les bandes principales étoient blanches, & les bandes de satin d’un beau pourpre, la trame étoit d’une belle couleur cerise dont la rougeur ne pouvoit pas nuire au satin, attendu qu’elle étoit également rouge ; mais au contraire elle donnoit par son changement dans la bande blanche une couleur de feu si tendre, que les Anglois avoient donné le nom à cette moëre, couleur de cuisse de nymphe enflammée. L’usage étant de donner ordinairement aux moëres à bandes le nom de la couleur de celles qui sont moërées, parce qu’elles doivent être les plus larges.

Moëres satinées & brochées à l’ordinaire. On a trouvé depuis quinze jours environ la maniere de faire les moëres satinées & brochées l’endroit dessous, ce qui est infiniment plus aisé à travailler que celles qui le sont faites jusques à ce jour l’endroit dessus ; il est même étonnant que la multitude des fabriquans de Lyon ait ignoré jusqu’à ce jour cette nouvelle méthode, attendu sa simplicité, qui ne mérite pas que l’on fasse l’éloge de l’inventeur qui est l’auteur de nos mémoires.

Pour fabriquer cette étoffe, il n’est besoin que de passer la chaine sur les huit lisses qui, dans des lisses satinées, sont disposées pour le rabat, & dans celles ci doivent être passées comme dans un satin ou comme dans la lustrine à poil, ou celle qui est sans poil, ainsi qu’il est expliqué à l’article des lustrines, & faire lire le fond ou tout ce qui doit être moëré dans l’étoffe. En faisant tirer le fond dont la moitié est rabatue par les lisses de rabat, on fera un parfait gros-de-tours de tout ce qui sera tiré, conséquemment dans une moëre tout ce qui ne sera pas tiré, formera un satin qui pourra figurer dans l’étoffe, ou qui sera destiné pour être couvert du broché qui sera dessiné pour l’étoffe. Tout ce qu’on pourroit objecter est que, s’il y a beaucoup de moëre, la tire ou le lac qui la formera sera pesant, mais on a des machines pour cette opération.