L’Encyclopédie/1re édition/MORALE

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MORALE, s. f. (Science des mœurs) c’est la science qui nous prescrit une sage conduite, & les moyens d’y conformer nos actions.

S’il sied bien à des créatures raisonnables d’appliquer leurs facultés aux choses auxquelles elles sont destinées, la Morale est la propre science des hommes ; parce que c’est une connoissance généralement proportionnée à leur capacité naturelle, & d’où dépend leur plus grand intérêt. Elle porte donc avec elle les preuves de son prix ; & si quelqu’un a besoin qu’on raisonne beaucoup pour l’en convaincre, c’est un esprit trop gâté pour être ramené par le raisonnement.

J’avoue qu’on ne peut pas traiter la Morale par des argumens démonstratifs, & j’en sais deux ou trois raisons principales. 1°. le défaut de signes. Nous n’avons pas de marques sensibles, qui représentent aux yeux les idées morales ; nous n’avons que des mots pour les exprimer : or quoique ces mots restent les mêmes quand ils sont écrits, cependant les idées qu’ils signifient, peuvent varier dans le même homme ; & il est fort rare qu’elles ne soient pas différentes, en différentes personnes. 2°. les idées morales sont communément plus composées que celles des figures employées dans les mathématiques. Il arrive de-là que les noms des idées morales, ont une signification plus incertaine ; & de plus, que l’esprit ne peut retenir aisément des combinaisons précises, pour examiner les rapports & les disconvenances des choses. 3°. l’intérêt humain, cette passion si trompeuse, s’oppose à la démonstration des vérités morales ; car il est vraissemblable que si les hommes vouloient s’appliquer à la recherche de ces vérités, selon la même méthode & avec la même indifférence qu’ils cherchent les vérités mathématiques, ils les trouveroient avec la même facilité.

La science des mœurs peut être acquise jusqu’à un certain degré d’évidence, par tous ceux qui veulent faire usage de leur raison, dans quelque état qu’ils se trouvent. L’expérience la plus commune de la vie, & un peu de réflexion sur soi-même & sur les objets qui nous environnent de toutes parts, suffisent pour fournir aux personnes les plus simples, les idées générales de certains devoirs, sans lesquels la société ne sauroit se maintenir. En effet, les gens les moins éclairés, montrent par leurs discours & par leur conduite, qu’ils ont des idées assez droites en matiere de morale, quoiqu’ils ne puissent pas toûjours les bien développer, ni exprimer nettement tout ce qu’ils sentent ; mais ceux qui ont plus de pénétration, doivent être capables d’acquérir d’une maniere distincte, toutes les lumieres dont ils ont besoin pour se conduire.

Il n’est pas question dans la Morale de connoître l’essence réelle des substances, il ne faut que comparer avec soin certaines relations que l’on conçoit entre les actions humaines & une certaine regle. La vérité & la certitude des discours de morale, est considerée indépendamment de la vie des hommes, & de l’existence que les vertus dont ils traitent, ont actuellement dans le monde. Les Offices de Cicéron ne sont pas moins conformes à la vérité, quoiqu’il n’y ait presque personne qui en pratique exactement les maximes, & qui regle la vie sur le modele d’un homme de bien, tel que Cicéron nous l’a dépeint dans cet ouvrage. S’il est vrai dans la spéculation, que le meurtre mérite la mort, il le sera pareillement à l’égard de toute action réelle, conforme à cette idée de meurtre.

Les difficultés qui embarrassent quelquefois en matiere de morale, ne viennent pas tant de l’obscurité qu’on trouve dans les preceptes ; que dans certaines circonstances particulieres, qui en rendent l’application difficile ; mais ces circonstances particulieres ne prouvent pas plus l’incertitude du precepte, que la peine qu’on a d’appliquer une démonstration de mathématique, n’en diminue l’infaillibilité. D’ailleurs, ces difficultés ne regardent pas les principes généraux, ni les maximes qui en découlent immédiatement ou médiatement, mais seulement quelques conséquences éloignées. Pour peu qu’on fasse usage de son bon sens, on ne doutera pas le moins du monde de la certitude des regles suivantes : qu’il faut obéir aux lois de la Divinité, autant qu’elles nous sont connues : qu’il n’est pas permis de faire du mal à autrui : que si l’on a causé du dommage, on doit le réparer : qu’il est juste d’obéir aux lois d’un souverain légitime, tant qu’il ne prescrit rien de contraire aux maximes invariables du Droit naturel, ou à quelque loi divine clairement révelée, &c. Ces vérités, & plusieurs autres semblables, sont d’une telle évidence, qu’on ne sauroit y rien opposer de plausible.

Si la science des mœurs s’est trouvée de tout tems extrèmement négligée, il n’est pas difficile d’en découvrir les causes. Il est certain que les divers besoins de la vie, vrais ou imaginaires, les faux intérêts, les impressions de l’exemple & des coutumes, le torrent de la mode & des opinions reçues, les préjugés de l’enfance, les passions surtout, détournent ordinairement les esprits d’une étude sérieuse de la Morale. La Philosophie, dit agréablement l’auteur moderne des Dialogues des morts, ne regarde que les hommes, & nullement le reste de l’univers. L’astronome pense aux astres, le physicien à la nature, & les Philosophes à eux ; mais parce que cette philosophie les incommoderoit, si elle se mêloit de leurs affaires, & si elle prétendoit regler leurs passions, ils l’envoient dans le ciel arranger les planetes, & en mesurer les mouvemens ; ou bien ils la promenent sur la terre, pour lui faire examiner tout ce qu’ils y voient : enfin ils l’occupent toûjours le plus loin d’eux qu’il leur est possible.

Il est pourtant certain, malgré cette plaisanterie de M. de Fontenelle, que dans tous les tems, ce sont les laïques philosophes qui ont fait le meilleur accueil à la Morale ; & c’est une vérité qu’on peut établir par tous les écrits des Sages de la Grece & de Rome. Socrate, le plus honnête homme de l’antiquité, fit une étude particuliere de la Morale, & la traita avec autant de grandeur, que d’exactitude ; tout ce qu’il dit de la Providence en particulier, est digne des lumieres de l’Evangile. La Morale est aussi partout répandue dans les ouvrages de Platon. Aristote en fit un système méthodique, d’après les mêmes principes & la même économie de son maître. La morale d’Epicure n’est pas moins belle, que droite dans ses fondemens. Je conviens que sa doctrine sur le bonheur, pouvoit être mal interpretée, & qu’il en résulta de fâcheux effets, qui décrierent la secte : mais au fond cette doctrine étoit assez raisonnable ; & l’on ne sauroit nier, qu’en prenant le mot de bonheur dans le sens que lui donnoit Epicure, la félicité de l’homme ne consiste dans le sentiment du plaisir, ou en général dans le contentement de l’esprit.

Cependant Zénon contemporain d’Epicure, se frayoit une route encore plus glorieuse, en fondant la secte des Stoïciens. En effet il n’y a point en de Philosophes qui aient parlé plus fortement de la fatale nécessité des choses, ni plus magnifiquement de la liberté de l’homme, que l’ont fait les Stoïciens. Rien n’est plus beau que leur morale, considerée en elle-même ; & à quelques-unes de leurs maximes près, rien n’est plus conforme aux lumieres de la droite raison. Leur grand principe, c’est qu’il faut vivre conformément à la constitution de la nature humaine, & que le souverain bien de l’homme consiste dans la vertu ; c’est-à-dire dans les lumieres de la droite raison, qui nous font considérer ce qui convient véritablement à notre état. Ils regardoient le monde comme un royaume dont Dieu est le prince, & comme un tout, à l’utilité duquel chaque personne qui en fait partie, doit concourir & rapporter toutes ses actions, sans préférer jamais son avantage particulier à l’intérêt commun. Ils croyoient qu’ils étoient nés, non chacun pour soi, mais pour la société humaine ; c’étoit là le caractere distinctif de leur secte, & l’idée qu’ils donnoient de la nature du juste & de l’honnête. Il n’y a point de Philosophes qui aient si bien reconnu, & si fort recommandé les devoirs indispensables où sont tous les hommes les uns envers les autres, précisément en-tant qu’Hommes. Selon eux, on est né pour procurer du bien à tous les humains ; exercer la bénéficence envers tous ; se contenter d’avoir fait une bonne action, & l’oublier même en quelque maniere, au-lieu de s’en proposer quelque récompense ; passer d’une bonne action à une bonne action ; se croire suffisamment payé, en ce que l’on a eu occasion de rendre service aux autres, & ne chercher par conséquent hors de soi, ni le profit ni la louange. A l’égard de nous-mêmes, il faut, disent les Stoïciens, n’avoir rien tant à cœur que la vertu ; ne se laisser jamais détourner de son devoir, ni par le desir de la vie, ni par la crainte des tourmens, ni par celle de la mort ; moins encore de quelque dommage, ou de quelque perte que ce soit. Je ne dois pas entrer ici dans de plus grands détails ; mais un savant anglois, Thomas Gataker, dans la préface de son vaste & instructif Commentaire sur Marc Antonin, nous a donné un abrégé des plus beau preceptes de la morale des Stoïciens, tiré du livre même de cet empereur, & de ceux d’Epictete & de Séneque, trois philosophes de cette secte estimable, & qui sont les seuls avec Plutarque, dont il nous reste quelques écrits.

Depuis Epicure & Zénon, on ne vit plus de beaux génies tenter de nouvelles routes dans la science de la Morale : chacun suivit la secte qu’il trouva la plus à son goût. Les Romains, qui reçurent des Grecs les arts & les sciences, s’en tinrent aux systèmes de leurs maîtres. Du tems d’Auguste, un philosophe d’Alexandrie nommé Potamon, introduisit une maniere de philosopher que l’on appella éclectique, parce qu’elle consistoit à choisir de tous les dogmes des Philosophes, ceux qui paroissoient les plus raisonnables. Cicéron suit à-peu-près cette méthode dans son livre des Offices, où il est tantôt stoïcien, tantôt péripatéticien. Cet excellent livre que tout le monde connoît, est sans contredit le meilleur traité de Morale, le plus régulier, le plus méthodique & le plus exact que nous ayons. Il n’y a guere de moins bonnes choses dans celui des Lois, tout imparfait qu’il est ; mais c’est grand dommage qu’on ait perdu son Traité de la république, dont le peu de fragmens qui nous restent donnent la plus haute idée.

Pour ce qui regarde la Morale de Séneque & de Plutarque, je serois assez du sentiment de Montagne, dans le jugement qu’il en porte. Ces deux auteurs, dit-il, se rencontrent dans la plûpart des opinions utiles & vraies ; comme aussi leur fortune les fit naître a-peu près dans le même siecle ; tous deux venus de pays étranger ; tous deux riches & puissans. Leur instruction est de la créme philosophique : Plutarque est plus uniforme & constant : Séneque plus ondoyant & divers : celui-ci se roidit & se tend pour armer la vertu contre la foiblesse, la crainte & les vicieux appétits : l’autre semble n’estimer pas tant leur effort, & dédaigner d’en hâter son pas, & de se mettre sur sa garde : il paroît dans Séneque qu’il prête un peu à la tyrannie des empereurs de son tems : Plutarque est libre par-tout : Séneque est plein de pointes & de saillies : Plutarque de choses : celui-là vous échauffe plus & vous émeut : celui-ci vous contente davantage & vous paye mieux, il nous guide ; l’autre nous pousse : tantôt dans Plutarque, les discours sont étendus ; & tantôt il ne les touche que simplement, montrant seulement du doigt par où nous irons s’il nous plaît, & se contentant de ne donner qu’une atteinte dans le plus vif d’un repos. Il les faut arracher de-là, & les mettre en place marchande.

J’ajoute que les sujets des morales de Plutarque, sont en général traités superficiellement ; & que les ouvrages de Séneque, le meilleur même, celui des Bienfaits, n’a point d’ordre. Epictete est plus simple & plus pur ; mais il manque de vûes & d’élévation. Marc Antonin montre un esprit plus vaste & plus grand que son empire. Il ne s’est pas contenté d’expliquer solidement les preceptes de ses maîtres, il les a souvent corrigés, & leur a donné une nouvelle force, par la maniere ingénieuse & naturelle dont il les a proposés, ou par les nouvelles découvertes qu’il y a jointes.

Les Platonicient qui se rendirent célebres dans le iij. & iv. siécle, un Plotin, un Amélius, un Porphyre, un Jamblique, un Proclus, &c. s’attacherent beaucoup plus à expliquer les spéculations, ou plutôt les réveries du fondateur de leur secte, qu’à cultiver sa morale. Un très petit nombre de docteurs de l’Eglise chrétienne ne furent guere plus heureux, en s’entêtant d’idées chimériques, d’allégories, de disputes frivoles, & en s’abandonnant-aux fougues de leur imagination échauffée. Il seroit superflu de parcourir les siecles suivans, où l’ignorance & la corruption ne laisserent presque plus qu’une étincelle de bon sens & de morale.

Cependant Aristote abandonné, reparut dans le vj. siecle. Boëce en traduisant quelques ouvrages du philosophe de Stagyre, jetta les fondemens de cette autorité despotique, que la philosophie péripatéticienne vint à acquérir dans la suite des tems. Les Arabes s’en entêterent dans le xj. siecle, & l’introduisirent en Espagne, où elle subsiste toûjours : delà naquit la philosophie scholastique, qui se répandit dans toute l’Europe ; & dont la barbarie porta encore plus de préjudice à la religion & à la Morale, qu’aux sciences spéculatives.

La morale des scholatiques est un ouvrage de pieces rapportées, un corps confus, sans regle & sans principe, un mélange des pensées d’Aristote, du droit civil, du droit canon, des maximes de l’Ecriture-sainte & des Peres. Le bon & le mauvais se trouvent mêlés ensemble ; mais de maniere qu’il y a beaucoup plus de mauvais que de bon. Les casuistes des derniers siecles n’ont fait qu’enchérir en vaines subtilités, & qui pis est en erreurs monstrueuses. Passons tous ces malheureux tems, & venons enfin à celui où la science des mœurs est, pour ainsi dire, ressuscitée.

Le fameux chancelier Bacon, qui finit sa carriere au commencement du xvij. siecle, est un de ces grands génies à qui la postérité sera éternellement redevable des belles vues qu’il a fournies pour le rétablissement des sciences. Ce fut la lecture des ouvrages de ce grand homme, qui inspira à Hugues Grotius la pensée d’oser le premier former un système de morale, & de droit naturel. Personne n’étoit plus propre que Grotius à tenter cette entreprise. Un amour sincere de la vérité, une netteté d’esprit admirable, un discernement exquis, une profonde méditation, une érudition universelle, une lecture prodigieuse, une application continuelle à l’étude, au milieu d’un grand nombre de traverses, & des fonctions pénibles de plusieurs emplois considérables, sont les qualités qu’on ne sauroit sans ignorance & sans injustice refuser à ce grand homme. Si la philosophie de son siecle étoit encore pleine de ténebres, il a presque suppléé à ce défaut par la force de son bon sens & de son jugement. Son ouvrage, aujourd’hui si connu, parut à Paris pour la premiere fois en 1625.

Quoique Selden ait prodigué la plus vaste érudition dans son système des lois des Hébreux sur la morale & le droit naturel, il s’en faut bien qu’il ait effacé, ni même égalé Grotius. Outre le désordre & l’obscurité qui regnent dans la maniere d’écrire de ce savant anglois, ses principes ne sont point tirés des lumieres de la raison, mais des sept préceptes donnés à Noé, qui ne sont fondés que sur une tradition douteuse, ou sur les décisions des rabbins.

Peu de tems avant la mort de Grotius, parut sur la scène le fameux Thomas Hobbes. Si ce beau génie eût philosophé sans prévention, il auroit rendu des services considérables à la recherche de la vérité ; mais il pose pour principe des sociétés, la conservation de soi-même & l’utilité particuliere : mais il établit sur cette supposition, que l’état de nature est un état de guerre de chacun contre tous ; mais il donne aux rois une autorité sans bornes, prétendant que la volonté des souverains fait & la religion, & tout ce qui est juste ou injuste.

Il étoit reservé à Samuel Puffendorf de profiter heureusement des lumieres de tous ceux qui l’avoient précédé, & d’y joindre ses propres découvertes. Il dévéloppe distinctement les maximes fondamentales de la Morale, que Grotius n’avoit fait qu’indiquer, & il en déduit par des conséquences suivies, les principaux devoirs de l’homme & du citoyen en quelque état qu’il se trouve. Il n’emprunte guere les pensées des auteurs, sans les dévélopper, sans les étendre, & sans en tirer un plus grand parti. Mais c’est à M. Barbeyrac que le lecteur doit les principaux avantages qu’il peut aujourd’hui tirer de la lecture du droit de la guerre & de la paix, & du droit de la nature & des gens. Il leur faut joindre l’étude de Shafstbury, de Hutcheson, de Cumberland, de Wolaston, de la Placette & de l’Esprit des lois, qui respire la pure morale de l’homme dans quelque état qu’il se trouve.

Il nous manque peut-être un ouvrage philosophique sur la conformité de la morale de l’Evangile avec les lumieres de la droite raison ; car l’une & l’autre marchent d’un pas égal, & ne peuvent être séparées. La révélation suppose dans les hommes des connoissances qu’ils ont déja, ou qu’ils peuvent acquérir en faisant usage de leurs lumieres naturelles. L’existence d’une divinité infinie en puissance, en sagesse & en bonté, étant un principe évident par lui-même, les écrivains sacrés ne s’attachent point à l’établir : c’est par la même raison qu’ils n’ont point fait un système methodique de la morale, & qu’ils se sont contentés de préceptes généraux, dont ils nous laissent tirer les conséquences pour les appliquer à l’état de chacun, & aux divers cas particuliers.

Enfin ce seroit mal connoître la religion, que de relever le mérite de la foi aux dépens de la Morale ; car quoique la foi soit nécessaire à tous les Chrétiens, on peut avancer avec vérité, que la Morale l’emporte sur la foi à divers égards. 1°. Parce qu’on peut être en état de faire du bien, & de se rendre plus utile au monde par la Morale sans la foi, que par la foi sans la Morale. 2°. Parce que la Morale donne une plus grande perfection à la nature humaine, en ce qu’elle tranquillise l’esprit, qu’elle calme les passions, & qu’elle avance le bonheur de chacun en particulier. 3°. Parce que la regle pour la Morale est encore plus certaine que celle de la foi, puisque les nations civilisées du monde s’accordent sur les points essentiels de la Morale, autant qu’elles different sur ceux de la foi. 4°. Parce que l’incrédulité n’est pas d’une nature si maligne que le vice ; ou, pour envisager la même chose sous une autre vue, parce qu’on convient en général qu’un incrédule vertueux peut être sauvé, sur-tout dans le cas d’une ignorance invincible, & qu’il n’y a point de salut pour un croyant vicieux. 5°. Parce que la foi semble tirer sa principale, si ce n’est pas même toute sa vertu, de l’influence qu’elle a sur la morale. (D. J.)