L’Encyclopédie/1re édition/NUMMULAIRE

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NUMMULAIRE, s. f. (Botan.) c’est l’espece de lysimachie, nommée par Tournefort, lysimachia humifusa, folio rotundiore, flore luteo. J. R. H. Sa racine est traçante ; même fibreuse ; elle pousse plusieurs tiges longues, grêles, anguleuses, & rampantes à terre ; ses feuilles sont opposées deux-à-deux, arrondies, un peu crêpées, vertes-jaunâtres, d’une saveur acidule & astringente. Des aisselles des feuilles sortent des grandes fleurs jaunes, formées en rosette, d’une seule piece, pointues, attachées à des pédicules courts ; dans quelques rameaux on observe trois feuilles, & autant de fleurs à chaque nœud. Quand les fleurs sont tombées, il leur succede de petits fruits sphériques, qui renferment des semences fort menues, & à peine visibles.

Cette plante aime les lieux humides, le long des fossés, le courant des eaux. Elle fleurit depuis le mois de Mai jusques bien avant dans l’été. On remarque qu’elle s’éleve plus ou moins, suivant les terres qui lui sont favorables, & que celle qui se trouve dans les jardins croît plus grande que celle des champs.

Les feuilles de nummulaire sont aigrelettes, styptiques, & rougissent beaucoup le papier bleu. L’acide dont elles abondent, y produit avec la terre un sel alumineux enveloppé d’un peu d’huile, ce qui rend cette plante astringente & vulnéraire ; on s’en sert intérieurement & extérieurement. (D. J.)

Nummulaire, herbe aux écus, (Mat. méd.) cette plante que les Botanistes ont aussi appellée centimorbia, herbe à cent maux, à cause des grandes propriétés qu’ils lui ont attribuées, est pourtant fort peu usitée en Médecine ; c’est une de celles sur l’éloge desquelles un auteur très-moderne de matiere médicale, le continuateur de Geoffroi, a été le plus sobre, quoiqu’il ait bien noté ce nom de centimorbia, & l’origine de ce nom. Voici en substance ce qu’il en dit : « l’herbe aux écus est très-astringente & très-vulnéraire, très propre pour arrêter toute sorte de flux de sang & les fleurs-blanches, & pour consolider les playes intérieures, les ulceres du poumon, les playes & ulceres de l’extérieur ». Camerarius assure qu’elle est bonne contre le scorbut, bouillie avec le lait. Tragus la conseille bouillie avec du vin & du miel dans les ulceres du poumon ; & dans du lait, contre la dyssenterie & les fleurs-blanches. Mathiole, Schroder, Ettmuller & Rai assurent qu’elle guérit les descentes des petits enfans, étant appliquée extérieurement, & prise en poudre intérieurement à la dose d’un scrupule dans une cueillerée de lait ou de bouillie, une fois le jour, en continuant pendant quelque tems : le suc de cette plante entre dans l’emplâtre oppodeltoch. (b)