L’Encyclopédie/1re édition/PAILLONS

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PAILLONS, s. m. pl. (Joaillerie.) nom que l’on donne à de petites feuilles quarrées de cuivre battu, très-minces, & colorées d’un côté, que l’on met par petits morceaux au fond des chatons des pierres précieuses, & des crystaux.

Paillon de soudure, (Orfévrerie.) petit morceau de soudure, ou métal mince & allié, qui sert à souder les ouvrages d’orfévrerie. Lorsqu’on veut souder quelque chose, on coupe la soudure par paillons.

Paillon & Paillonner, la vaisselle d’étain, c’est une façon qu’on donne à la vaisselle d’étain fin, après qu’elle est apprêtée avant de la tourner ; pour cela on prépare d’abord le paillon avec un lingot d’étain commun dont on fait tomber avec le fer chaud à souder, une quantité suffisante de gouttes sur une platine de cuivre ; ce qui forme des feuilles d’étain minces, rondes, grandes environ comme des pieces de vingt-quatre sols, plus ou moins. Voilà comme se fait le paillon : il faut dire en passant qu’on emploie de ce paillon dans la teinture de l’écarlate. Autrefois on se servoit d’étain en ratures, c’est-à-dire, ce que les crochets ôtent sur l’étain en le tournant.

On fait ensuite un tampon de filasse qu’on roule en long d’environ un demi-pié & gros comme le poignet pour de grands plats, & moins gros pour de plus petites pieces ; on a soin de le tenir chaud par le bout qui sert, en le mettant sur une petite plaque de fer sous laquelle il y a un petit feu ; cela se fait après avoir allumé du feu de braise de charbon dans une bassine, qui est comme le fond d’une chaudiere dont la hausse est environ de trois ou quatre pouces de haut & applatie sur le bord, & il faut disposer son feu si également, qu’il ne chauffe pas plus d’un côté que de l’autre, & qu’il chauffe plus la circonférence de la piece que son milieu. Ensuite on prend sa piece avec une tenaille à paillonner de la main gauche, & on la met chauffer sur le feu ; on a un morceau de poix-résine dont on enduit sa piece dessus & dessous en frottant par-tout, parce que la résine fond dessus à mesure que la piece s’échauffe ; on prend plusieurs feuilles de paillon qu’on met sur sa piece, & ensuite avec le tampon on promene partout cet étain fondu qui se dilate & s’étend comme un étamage ; on retourne sa piece, & on en fait autant dedans comme dessous ; après quoi on retire doucement sa piece de dessus le feu, & on remet son tampon en place, & on prend une autre piece pour faire de même jusqu’à la fin, observant de maintenir toujours son feu égal ; puis on reprend, s’il est nécessaire, ses pieces l’une après l’autre pour paillonner l’endroit des tenailles qu’on nomme le contrejet. Ce paillon sert à boucher les gromelures, & empêche les cassures ; c’est un étamage plus subtil & plus difficile à faire que celui des Chauderonniers.