L’Encyclopédie/1re édition/QUINTILLE

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QUINTILLE, s. m. (Jeu.) le quintille nouveau ; ce jeu differe des anciens par quelque régles prises du quadrille, & contraires à la vieille maniere de le jouer. Les prises seront les mêmes qu’au quadrille, & l’on observera la même maniere de marquer & de payer le jeu. Après donc qu’on aura réglé la valeur de la fiche, tiré les places, & vu à qui à méler, celui qui doit donner mettra une fiche au-devant, après quoi ayant fait couper à sa gauche, donnera à chacun huit cartes, par deux fois quatre ne pouvant les donner d’une autre maniere. Les cartes données, chacun parlera à son tour, en commençant par le premier en carte. Si quelque joueur a jeu à jouer, en appellant, il demande si l’on joue ; après qu’on lui a répondu que non, il nomme sa couleur & appelle un roi, qui doit avec lui faire cinq mains pour gagner, la perdant remise s’ils n’en font que quatre, & codille s’ils en font moins.

S’ils gagnent, on leur paye la consolation & les matadors, s’ils en ont, & s’ils perdent ils payent ce qu’ils auroient gagné. Il n’est point mention du jeu, parce que chacun doit le mettre, par conséquent ceux qui gagnent le tirent du devant, de même que ceux qui gagnent par codille. La bête & tout ce qui se paye est payé moitié par l’hombre & moitié par le roi appellé ; & s’il se trouve un jetton impair, c’est à l’hombre à le payer, de même que c’est à lui à qui il appartient, quant ils ont gagné.

Ce jeu n’est pas si rigoureux que le quadrille envers celui qui fait jouer, puisqu’il ne fait jamais la bête seul, lorsqu’il joue en appellant un roi, quand il ne feroit qu’une main ; mais toujours de moitié avec celui avec lequel il joue.

Lorsque tous les cinq joueurs ont passé, celui qui a spadille est obligé de jouer en appellant un roi. Il suit en tout les lois de celui qui joue volontairement, l’on ne s’écarte en rien à l’égard de celui qui joue le sans prendre. Les quatre joueurs sont réunis contre celui qui joue le sans prendre, qui doit faire seul cinq mains pour gagner, perdant par remise s’il ne fait que quatre mains, & codille s’il en fait moins. Lorsque celui qui joue sans prendre ou qui s’est appellé lui-même perd codille, les quatre joueurs partagent ce qui est au jeu ; mais s’il se trouve des jettons impairs, comme il arrive ordinairement, celui des quatre qui a la plus forte triomphe en gagne un ; le second est gagné par celui des trois restans qui a encore la plus forte ; & le troisieme, s’il y en a un, doit être pour celui des deux joueurs qui n’en a point eu, & qui aura la meilleure triomphe, & s’ils n’en avoient ni l’un, ni l’autre, il resteroit pour le coup suivant. La premiere bête est toujours de quinze ; la seconde, de quarante-cinq, à moins que le jeu sur lequel la premiere bête a été faite, n’ait été tiré par codille ; auquel cas, la seconde seroit de trente seulement. Vous pouvez augmenter de quinze en l’un & l’autre cas, à mesure que le nombre en augmentera.

Les matadors sont payés de la même maniere qu’au quadrille, n’importe qu’ils soient dans un seul jeu des joueurs, ou qu’ils soient séparés partie dans le jeu de l’hombre, & partie dans le jeu de celui qui a le roi appellé.

La vole se paye aussi ce qu’on est convenu à ceux qui la font, qui la gagnent par part égale. On ne court aucun risque pour ceux qui ne la font point l’ayant entreprise ; il n’en est pas de même pour ceux qui, ayant fait jouer, font la dévole, ce qui arrive quelquefois. Ils sont obligés de payer en commun la vole à ceux qui l’ont faite, en observant toujours que le jetton impair, qui est au profit de l’hombre quand il gagne, doit être payé par lui lorsqu’il perd. Celui qui appelle un roi fait la bête seul, s’il ne fait point de mains, en supposant que son roi appellé en fasse ; car s’il n’en faisoit pas, ils seroient de moitié de perte.

La vole ne tire que ce qui va sur le jeu. Les cartes sont payées au moyen d’un certain nombre de jettons que chaque joueur fournit, c’est l’avantage de celui qui fait jouer de faire atout ; ainsi le roi appellé, après avoir paru, ou même avant que de paroître, doit faire atout, pour accommoder le jeu de son ami, & donner passage à ses rois, qui, sans cela, pourroient être coupés.

Le quintille ancien. On ne donne point de fiches à ce jeu ; on prend seulement vingt ou trente jettons qu’on apprécie ce qu’on veut. On tire les places, puis après avoir vû à qui fera, chacun met un jetton devant soi, & n’a que huit cartes ; c’est la donne ordinaire à ce jeu ; & ce qui fait qu’il ne reste rien à ce talon ; mais aussi on n’est point obligé de rien écarter ; la maniere de parler & de commencer sont de même qu’à l’hombre à quatre, & pour gagner, il faut lever cinq mains. Qui fait jouer sans prendre, doit nommer sa couleur, faire aussi cinq mains pour gagner, & s’il gagne il a deux jettons de chacun pour le sans-prendre, & autant pour trois matadors ; mais en eût-il aussi depuis trois jusqu’à neuf, il ne peut en espérer davantage. Quand il y auroit plusieurs bêtes au jeu, & que celui qui feroit jouer sans prendre feroit la vole, il ne tireroit que ce qui seroit au jeu, & deux jettons de chacun des joueurs. S’il gagne simplement, & qu’il fasse jouer d’abord sans prendre, de cinq jettons qu’il y a au jeu, outre le droit de sans prendre, il n’en tire que deux, reste par conséquent trois au jeu ; qui des joueurs, excepté le dernier, fait jouer après avoir demandé si l’on joue, & qu’on lui a répondu que non, il doit nommer sa couleur, puis il appelle un roi à son aide ; il ne faut pas que ce soit celui de triomphe. Cela fait, celui qui a ce roi, secourt celui qui l’a appellé, & s’ils levent cinq mains ensemble, ils ont gagné conjointement : pour lors le principal joueur tire deux jettons des trois qui restent, & l’autre un ; s’il arrive que les jettons soient pairs à un autre coup, ils partagent également. On remet la bête quand celui qui joue & le roi appellé ne font que quatre mains ; le premier met deux jettons & l’autre un ; ils perdent codille s’ils n’en font que trois ; & en ce cas les trois autres joueurs ont droit de tirer chacun un jetton. Les lois du jeu de l’hombre veulent que lorsque les quatre premiers en carte ont passé, le dernier fasse jouer, quelque mauvais jeu qu’il puisse avoir, appellant néanmoins un roi à son aide : supposé qu’on ait gagné codille, & que le nombre des jettons soit de quatre ou cinq, chacun des trois qui ont défendu la poule en tire un, reste par conséquent un ou deux au jeu ; dans le premier cas l’unique est pour celui qui a la plus forte triomphe ; & dans le second, celui qui a la plus haute triomphe des deux autres l’emporte. Qui perd la bête codille le premier coup ; les trois qui défendent la poule, & qui gagnent par conséquent, tirent chacun un jetton, & cette bête alors n’est plus que de deux qui vont ensemble pour le coup suivant. S’il arrive que celui qui fait jouer avec le roi appellé fasse la vole, il tire deux jettons de chacun des joueurs, & le roi appellé profite d’un, si le nombre est impair. Il se peut quelquefois qu’il y en ait davantage à partager, à cause des bêtes qui ont été faites, alors celui qui joue & le roi appellé partagent également ces jettons ; & si le nombre est impair, hors le cas de la vole, le restant appartient de droit à celui qui a joué ; tel qui au jeu de l’hombre à cinq entreprend de faire la vole, & ne la fait pas, ne paye pour cela rien aux autres. On fait la bête d’autant de jettons qu’on en auroit tiré si l’on avoit gagné. Il faut pour que les matadors soient payés, qu’ils se trouvent tous trois dans une même main ; & le roi appellé n’y partage point quand ils sont dans la main de l’hombre auquel on doit les payer. Si au contraire c’est le roi appellé qui les a, on les lui paye. Mais si l’hombre & le roi appellé faisoient la bête, celui des deux qui a ses matadors en main les paye aux autres, excepté à celui qui a perdu avec lui. Cette loi se doit entendre de même lorsqu’ils gagnent ensemble. Le plaisir de ce jeu est de taire le roi appellé ; d’autant que celui qui fait jouer est en peine de celui que ce sera, & donne de l’avantage aux autres joueurs, croyant en procurer à son roi. Il n’y a pas de peine pour celui qui donne mal, que de refaire & de recommencer la donne comme auparavant.