L’Encyclopédie/1re édition/RENOUÉE

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RENOUÉE, s. f. polygonum, (Hist. nat. Botan.) genre de plante dont la fleur n’a point de pétales ; elle est composée de plusieurs étamines, soutenues par un calice en forme d’entonnoir & profondément découpée ; le pistil devient dans la suite une semence triangulaire, renfermée dans une capsule qui a servi de calice à la fleur. Ajoutez aux caracteres de ce genre que les fleurs naissent dans les aisselles des feuilles, & que les racines sont fibreuses. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante.

Renouée, (Mat. méd.) cette plante tient un rang distingué parmi les vulnéraires astringens. On emploie très-communément son suc & sa décoction pris à l’intérieur contre les hémorrhagies. Chomel dit, dans son traité des plantes usuelles, qu’il a vu de si bons effets dans les cours de ventre & les dyssenteries, des lavemens préparés avec la décoction des feuilles de renouée, soit seules, soit mêlées avec les herbes émollientes, que ce remede pouvoit être regardé comme un spécifique dans ces maladies. On emploie aussi quelquefois ce suc & cette décoction à l’extérieur, aussi-bien que la plante pilée & réduite en forme de cataplasme dans le pansement domestique des plaies, contre le flux immodéré des hémorroïdes, &c. Quelques auteurs graves ont même prétendu que le marc de la décoction de cette plante ou la plante pilée, étant appliquée sous les aisselles, arrêtoit les hémorrhagies.

L’eau distillée de renouée est une de celles que les Apoticaires tiennent communément dans leur boutique ; mais elle ne vaut pas mieux que celle de plantain. Voyez Plantain. Les feuilles de renouée entrent dans le sirop de consoude, & dans la décoction astringente de la pharmacopée de Paris. &c.