L’Encyclopédie/1re édition/SANGUIN

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SANGUIN, (Botan.) arbrisseau qui est du même genre que les cornouiller, à l’article duquel on a fait la description détaillée de plusieurs especes de sanguins. Voyez Cornouiller.

Sanguin, adj. se dit en pratique de Médecine, d’un homme qui a beaucoup de sang, où le sang & la chaleur prédomine, & qui a enfin tous les signes du tempérament sanguin. En général dans ce tempérament le sang est bien conditionné & en grande quantité, les vaisseaux sont fort remplis ; les humeurs sont âcres, la couleur est vermeille, les maladies inflammatoires sont ordinaires ; les personnes sanguines doivent se faire saigner souvent, autrement les vaisseaux surchargés attireroient différentes maladies aiguës & chroniques : cependant il faut avoir soin d’être ménagé & discret dans l’administration des saignées ; l’habitude de la saignée est pernicieuse, & fait naître la nécessité de la rendre plus fréquente, ce qui détermine plus promptement la pléthore à se former.

La meilleure façon de prévenir le trop de sang dans les gens qui sont nés sanguins, c’est de leur ordonner un grand régime, un exercice modéré, & enfin des alimens peu nourrissans qui ne fournissent qu’un suc nourricier léger & peu solide.

Les gens sanguins se reconnoissent plus à la maigreur qu’à l’embonpoint, à la grandeur des vaisseaux, à la couleur du visage, qui est d’un rouge tantôt fleuri, tantôt brun, tantôt livide. Le rouge livide marque le trop de sang & son épaississement ; il présage une évacuation & demande la saignée, si l’évacuation indiquée n’arrive pas au tems marqué & indiqué.