L’Encyclopédie/1re édition/SATURATION

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SATURATION, s. f. (Chimie.) Ce mot ne se dit guere que de l’état de parfaite neutralité de sels moyens ou neutres ; c’est-à-dire, de celui où chacun de leurs principes a été employé dans une juste proportion. Lorsqu’on forme un sel neutre dans une liqueur, en y versant successivement les deux principes qui doivent former ce sel par leur union, par exemple, de l’acide & de l’alkali ; on est parvenu au point de saturation, lorsqu’il n’y a dans cette liqueur aucune partie sensible de l’un des deux principes qui soit libre, nue, sur-abondante.

Les moyens ordinaires de s’assurer de ce point de saturation qui importe très-fort à la perfection du sel neutre, sont, 1°. d’observer la nullité ou privation, l’effervescence, la non-effervescence dans le cas très-ordinaire où les deux principes s’unissent avec effervescence, lorsqu’on verse successivement & en tâtonnant la plus plus petite quantité possible de chacun de ces principes. 2°. D’essayer une petite quantité de la liqueur sur le sirop ou la teinture de violette. Ce moyen est surtout très-commode, lorsque la base du sel neutre est une matiere alkaline, soluble par l’eau : car la plus petite portion d’acide nud ou surabondant rougit assez constamment cette couleur végétale qui est naurellement bleue, & les substances alkalines la verdissent. Ce signe est pourtant équivoque quelquefois. Voyez Violette. 3°. Enfin, on éprouve la liqueur par le mélange de la teinture du tourne-sol, ou en y plongeant du papier bleu ordinaire. La plus légere portion d’acide rougit cette teinture & ce papier. L’excès de l’un des principes, découvert par ce moyen, se compense par une addition ménagée d’une quantité proportionnée du principe qui manque.

On dit encore d’une liqueur quelconque, considérée comme menstrue, qu’elle est saoule ou saturée d’un certain corps, lorsqu’elle en a dissous autant qu’elle en peut dissoudre : car il y a ici un terme qui peut s’appeller aussi point de saturation ; par exemple, une partie d’eau n’est saturée de sucre que lorsqu’elle en a dissous deux parties : une partie de tartre vitriolé saoule huit parties & demie d’eau ; vingt-huit parties d’eau sont saturées par moins d’une partie de crême de tartre, &c. (b)