L’Encyclopédie/1re édition/SEING

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SEING, s. m. (Gram. & Jurisprud.) du latin signum, signifie en général marque.

Anciennement le terme de seing, signum, se prenoit pour le sceau ou cachet particulier, dont chacun usoit pour sceller & adopter les actes qu’il passoit ; ce seing ou sceau tenoit alors lieu de signature.

Depuis que l’usage de l’écriture est devenu plus commun, & que les signatures manuelles ont été substituées à l’opposition des sceaux ou cachets ; on a souvent entendu par seing la souscription que quelqu’un fait d’un acte, & pour distinguer ce seing de l’apposition du sceau, on l’a appellé seing manuel.

Les seings ou signatures n’ont pas toujours été formés du nom entier de la personne & en toutes lettres suivies ; au lieu de signature, l’on usoit de monogrammes, espece de hiéroglyphes, qui rassembloient toutes les lettres du nom. Voyez le gloss. de Ducange, au mot monogramma.

Les personnes qui ne savent pas écrire, au lieu de seing, font encore une croix ou autre marque, ce qui ne forme qu’une preuve fort imparfaite.

J’ai vu un acte souscrit par l’impression d’une signature gravée en bois ; cette marque étoit plus facile à reconnoître qu’une croix ou autre marque aussi simple.

On distingue deux sortes de seing, le seing public & le seing privé ; le premier est authentique, l’autre ne l’est point, & n’a point de date certaine. Voyez Authentique, Signature, Souscription. (A)

Seing dans quelques anciennes ordonnances, signifie marque, poinçon ou cachet. Par exemple, dans l’ordonnance de Philippe le Bel du mois de Janvier 1313, article 10 ; il est dit que dans chaque ville où il y aura orfevre, il y doit avoir un seing propre pour seigner les ouvrages qui y seront faits, qui sera gardé par deux prud’hommes établis à cet effet, & qu’un seing ne doit point ressembler à l’autre. (A)

Seing, (Comm.) c’étoit proprement parmi les anciens un signe, une marque, que l’on faisoit au-bas d’un acte, tels qu’étoient les monogrammes qui servoient tout ensemble de signature & de sceau, & que l’on mettoit aux chartres & autres actes publics ou particulier, pour les confirmer & les autoriser.

Seing s’entend présentement de deux manieres, 1°. de la signature que les contractans ou l’un d’eux font de leur propre main au-bas de quelqu’écrit.

2°. Du paraphe ou entrelacement de plusieurs lignes ou traits que chacun imagine pour son usage, & qu’on met immédiatement après sa signature.

Acte sous seing privé, est celui qui n’est ni attesté ni passé par des personnes publiques.

Blanc-seing, c’est une feuille de papier blanc, au bas de laquelle on met son nom, pour être remplie à la volonté de celui à qui on le confie. Dictionn. de Commerce & de Trév.